Élodie Gervaise, le pouvoir des mots !

Elle est exactement là où elle devrait être. Élodie Gervaise respire la positivité et la cool attitude. Native du Down Under, Elodie vient conquérir le cœur des Français avec un EP sur le rythme de la connexion, du lien entre les hommes et la planète, de nos relations amoureuses avec quatre titres parfaitement connectés. L'excellent avant-goût d'un album qu'on attend avec beaucoup de gourmandises. Rencontre avec Elodie Gervaise, le pouvoir des mots !


© Guillaume Plas

« Ton EP Syzygy est disponible sur toutes les plateformes en ligne ! Quel est son univers sonore ?

C’est expérimental et électronique. Free Babe et I’M Your Guy ont un tempo plus haut, alors que les autres sont plus planants. C’est la première fois que j’essaie ce style.


Syzygy a une signification bien particulière… Laquelle ?

C’est le moment de connexion entre la lune, le soleil et la terre. Je trouve ce mot magnifique. Cet EP parle de nos relations avec quatre thèmes différents.


Tu l’as écrit une semaine avant le premier confinement en France…

Je ne voulais pas faire une scène guitare/voix toute seule pour Le Pop Up du Label. Ma productrice Maria Korkeila habitait juste à côté de chez moi, on s’est rencontrées à une soirée et elle cherchait une personne pour chanter sur ses chansons. J’ai aimé l’idée d’essayer l’électronique. En Australie, je faisais plutôt du rock, du punk. Elle m’a envoyé tous ses sons, j’allais dans un studio avec un pote et j’ai joué.


J’étais confiné avec deux de mes meilleures amies. Elles sont très créatives, l’une est fashion designer et elle bossait sur une collection au même moment que moi je bossais sur l’EP. On était comme dans une résidence. On a travaillé tous les jours sur notre projet créatif et c’était la meilleure façon de créer pour moi. On n’était pas pressées, on avait le temps de regarder la réalité. C’était formidable. J’aimerais retourner dans ce deal de création.


© Milari Barker

Dans ton EP, on retrouve quatre morceaux, commençons par Urgence avec un message fort et important...

Juste avant le confinement, on a vu les gens un peu fous face à l’arrivée d’un virus. On a presque tous eu la même pensée sur ce sujet. On ne fait pas assez, ni les politiciens d’ailleurs, pour faire mieux pour la planète, et donc mieux pour nous. Urgence est un cri du cœur. Les paroles peuvent changer le monde. Vivre dans une grande ville comme Paris, par rapport à Byron Bay où on est en petit comité, c’est mille fois plus difficile…


Avec I'm Your Guy tu évoques l’histoire de deux âmes qui se sont déjà rencontrées dans une vie passée...

Quand tu rencontres quelqu’un, que tu la regardes dans les yeux et que tu lui dis « Je te connais déjà », c’est juste formidable. J’ai eu le temps de réfléchir sur ce moment magique que j’ai vécu juste avant le confinement. Un an après, on s’est vus et on était d’accord. J’aime la simplicité de cette idée. Je crois en les âmes et je voulais exprimer ce côté un peu tabou.


Tu ouvres l'EP avec Bienvenue, ta façon de nous recevoir à bras ouverts dans ta maison artistique...

C’est ça ! Je voulais jouer cette chanson en premier. Pour moi, la scène n’est pas un moment où moi je joue et toi tu regardes. On partage une expérience tous ensemble. Je suis là pour aider à emmener des émotions.



Elodie, je t’invite à jeter un œil dans le rétroviseur de ton parcours artistique. Je le rappelle pour les lecteurs, tu es née sur la Côte Est de l’Australie dans une maison où on écoutait de la south folk et des grands classiques français. Et c’est en 2016, à Byron Bay, que tu formes le groupe Galaxy Girls. Quelle est ta connexion avec la musique ?

La musique est ma seule façon de m’exprimer. J’ai grandi avec le sport, le volley, et dès que j’ai fini mes études, j’ai été architecte mais j’ai senti que je n’avais pas trouvé mon moyen d’expression. Ma mère me demandait si j’étais heureuse ou triste, je n’avais rien sur mon visage. J’étais d’accord avec elle. À ce moment-là, je cachais toutes mes émotions. Grâce à Galaxy Girls et les autres artistes avec qui j’ai joué, ça m’a donné la permission d’écrire des chansons sur mes émotions intérieures. C’est comme une thérapie.


Je suis tellement heureuse d’avoir trouvé la musique, je pense que ça m’a sauvé. L’architecture est un magnifique travail mais ce n’était pas pour moi, je ne me sentais pas bien du tout, j’étais complètement malheureuse. Ma mère est sculptrice et vit de son art. Ça m’a donné la force de me dire, à 25 ans, que c’est maintenant ou jamais. J’ai fait le meilleur choix de ma vie.


© Guillaume Plas

En arrivant à Paris, tu étudies la musique de quelle façon ? En autodidacte ou bien dans une école ?

Je suis venue à Paris pour faire une école de musique et je suis entrée à l’école ATLA, à Pigalle. Pendant un an, j’ai vu autour de moi les compétences des autres par rapport aux miennes. Sur scène, je me sentais très à l’aise. Après ça, j’ai été plus autodidacte. Le pouvoir des mots est important. La poésie me touche énormément. Je me sens plus écrivaine que musicienne.


On ressent dans chacun de tes textes l’accent français et australien. Donne-nous envie de prendre un billet d'avion !

C’est un paradis avec une qualité de vie très haute. C’est aussi une immense terre. L’Europe peut entrer dans l’Australie (Rires). À la fin de l’année je vais y retourner pour trois mois. C’est 21 degrés presque tous les jours et puis faire du surf c’est quand même pas mal (Rires).


Quels sont tes prochains projets ?

J’ai fini un album à la fin de l’été. Quand je reviendrai à Paris, j’aimerais bien l’enregistrer et bosser dessus avec de bonnes personnes.


Une citation fétiche à me délivrer ?

You are exactly where you should be (Tu es exactement où tu devrais être). J’aime cette idée que tout va bien. Il faut rester positif. »