Emmanuel Buriez, un homme d'action !

Il est un véritable exemple pour la jeune génération de cinéaste. Emmanuel Buriez a persévéré en passant par des moments de doute. Mais il n'a jamais abandonné son rêve : faire du cinéma. Approchant les 20 ans de carrière dans un métier où il y a très peu d'élus, Emmanuel a creusé son sillon dans le septième art par sa persévérance, son abnégation mais aussi et surtout par son travail acharné sur chacun de ses projets. Il vibre pour son art, a le don du partage et ne cesse d'accroître ses ambitions. Rencontre avec Emmanuel Buriez, un homme d'action !


« À l’âge de treize ans, tu réalises ton premier court-métrage et aujourd’hui cela va presque faire vingt ans que tu fais du cinéma. Qu’est-ce qui t’a donné l’envie de creuser ton sillon dans le septième art ?

L'année prochaine, ça fera vingt ans que je fais ce métier. J’ai eu envie de faire du cinéma quand je suis arrivé en France à l‘âge de six ans en provenance d’Haïti. En découvrant la télévision, je voyais beaucoup de films. J'ai très vite eu envie de faire la même chose que ce que je voyais à l'écran.


Tu n’as suivi aucune école de cinéma. Par quel moyen as-tu essayer de comprendre le fonctionnement de ce métier ?

Ça a commencé dès mon premier court-métrage qui n’a pas été un succès. J’en ai fait un deuxième et à partir de celui-là j’ai eu un prix au festival de Valenciennes. Jusqu’à mes dix-sept ans, j’ai fait plein de courts-métrages. Je me suis formé majoritairement seul et c’est un peu plus tard, lorsque j’ai commencé à faire des longs-métrages, que je me suis formé un peu plus fortement.


Tu es très sportif notamment avec le karaté et l’athlétisme. As-tu hésité à pencher du côté du sport plutôt que du cinéma ?

Bien sûr. J’ai toujours voulu faire du cinéma, c’était un rêve. Je commence le sport à six ans avec le judo. C’était une catastrophe car je n'étais pas très grand et extrêmement maigre. Le judo n’est pas un sport que j’ai apprécié. J’ai recommencé le sport à dix ans avec l’athlétisme et le karaté où ça s’est beaucoup mieux passé. Un an après, je faisais des compétitions dans ces deux disciplines donc je me suis vite acquis l’idée de devenir sportif professionnel. J’ai eu à peu près tous les titres que je voulais. Le sport passait en premier et le cinéma en second. Mais c’est vers mes quatorze, quinze ans où je me dis que ce que je veux vraiment faire c’est le cinéma.


© Jean-Claude Aubry

En quoi le sport peut t’aider dans ton métier de cinéaste ?

Dans le sport, il y a une forme de philosophie qui est très positive. Au cinéma, j’estime que c’est quelque chose de très bénéfique. C’est important de se rappeler qu’au sport il y a une vision optimiste, ce qui n’est pas forcément évident dans le domaine du cinéma. J’ai l’impression qu’il y a une concurrence extrême et qui n’est pas aussi positive que dans le sport où le respect est de mise. Il y a cette volonté du sportif que j’essaye d’apporter au cinéma. Après c’est aussi sur l’aspect physique, le cinéma l’est beaucoup. Quand on commence un tournage à neuf heures du matin jusqu’au soir dix-neuf heures, il faut tenir comme ça pendant tout un mois. Souvent, il faut faire un bilan de santé pour avoir l’aval d’un médecin pour nous annoncer que l’on est capable de tourner car c’est très difficile que ce soit en tension morale ou physique. Je remercie le sport de m’avoir donné cette volonté de respect et de persévérance car il en faut beaucoup dans ce métier.


Ton abnégation commence à être récompensé quand une chaîne de télévision belge achète ta série « Magic World, une utopie en dérive ». Raconte-moi ce moment-là de ta carrière.

Pendant l’été et deux semaines de canicules, j’ai tourné cette série quand j’avais quinze ans et demi dans la région de Dunkerque. Je tourne avec un caméscope hi8 avec lequel j’avais déjà fait des courts-métrages auparavant. Toute la série est tournée avec ça et le premier défi était de rester stable tout le temps car je n’avais pas de trépied. J’avais une trame pour chaque épisode mais je n’avais pas spécialement un dialogue précis pour tous les épisodes. L’univers est assez proche de Dragon Ball et de la série Charmed. C’est assez drôle de mélanger la vision américaine avec une vision plus traditionnelle. Au niveau des acteurs, ce ne sont pas des professionnels à l’époque. J’ai eu quelques milliers d’euros en budget avec quelques aides notamment de la ville où j’étais. Une fois le tournage terminé, je boucle le montage qui était très long avec des épisodes de quarante minutes. Concernant les effets spéciaux, je n’avais pas les logiciels d’aujourd’hui. Lorsque la série a été achetée, le montage des effets spéciaux a été fait. Deux ans après, j’étais à Paris et j’ai reçu un appel de la part de cette chaine de télévision belge qui m’a donné rendez-vous pour acter tout ça.



Quels sont tes projets pour les prochains mois ?

Avant 2017 je tournais un film par an. Maintenant je suis entre trois et quatre films à l’année. J’ai eu des budgets qui m’ont permis de pouvoir faire des films régulièrement. J’ai deux films à très gros budget qui sont prévus cette année. Il y en a un de science-fiction où j’utilise pour la première fois la motion capture et « L’appel de l’océan » sur la course du Vendée Globe. J’ai aussi le tournage d’un film d’action qui a été repoussé par rapport au virus. Comme c’est un film à très gros budget, ça demande beaucoup de figurants, beaucoup de personnes et je ne peux pas le tourner car dans l’ensemble des régions dans lequel il est prévu de tourner, il y a un arrêté municipal qui interdit de se réunir pour suite de pandémies. J’attends de savoir l’évolution de la situation pour pouvoir indiquer une date de tournage précise.


Que peut-on te souhaiter pour le futur ?

Beaucoup de gens dans les salles pour mes films (rires). »

© 2018 par Samuel Massilia.