Florent Parisi, un jeune réalisateur doué !

Impatient, ambitieux, talentueux ou encore cinéphile, Florent Parisi est un Marseillais amoureux de sa ville et de son métier. Tombé dans la marmite du cinéma depuis tout jeune, il a suivi pendant trois ans des cours dans une école de cinéma avant de donner naissance à sa propre société de production en compagnie de deux amis. Rencontre avec Florent Parisi, un jeune réalisateur doué !


« Tu as ta propre agence de production « Les Impatients » basée sur Marseille et Paris. Peux-tu nous en parler plus en détail ?

Ça a commencé fin 2016. Je me suis associé dans un premier temps avec Thomas Falgueras. Nous sommes tous les deux passionnés par le cinéma. Je suis de Marseille et lui est de Saint-Raphaël. On est parti sur Marseille, on a fait un an d’auto-entrepreneur pour voir ce que ça allait donner. Au bout d’un an, on a vu que l’on travaillait pas mal et on a créé la boîte. Et en la créant, on s’est associé avec Hugo Sportich qui est un ami d’enfance et qui s’occupe de tout ce qui est logistique et commercial. Moi je m’occupe de la mise en scène et Thomas de la technique et du montage.


Pourquoi ce nom « Les Impatients » ?

Thomas et moi sommes très impatients de nature. On est très speed, on a envie de faire beaucoup de choses. C’est pareil pour Hugo qui est un garçon ultra speed et ambitieux. Mais surtout un jour, avant de crée la boîte, j’ai lu un article dans un célèbre journal de cinéma où un journaliste qualifiait notre génération d’impatiente, parce que l’on voulait à tout prix faire des films sans forcément avoir les moyens de les faire. J’ai trouvé ça super.


Quels sont vos objectifs ?

On essaie de mêler nos projets professionnels avec notre passion qui est d’essayer de faire du cinéma. Les trois premières années, je n’ai pas pu trop m’en occuper, car on était en pleine création de la société et ça prend beaucoup de temps. Il fallait la développer, trouver des bons clients et le créneau dans lequel on voulait aller.



Avec quels types de clients travaillez-vous ?

On bosse avec de grands noms, on fait des publicités principalement pour les réseaux sociaux et pas mal d’événementiel aussi. On fait beaucoup de shooting photo également pour des bijoux par exemple. Pour faire du cinéma, on est d’abord formé à la photographie car il faut rappeler que c’est 24 images par seconde. Il nous arrive même de faire des visuels immobiliers. On touche à tout.


Vous avez récemment produit le court-métrage « Un sac de billes » que tu as écrit et réalisé avec au casting les comédiens Cyril Lecomte et Brahim Zaibat.

Je connais très bien Cyril qui est l’acteur principal et qui m’a présenté Brahim. On a essayé de créer un duo intéressant et de sortir Brahim de son rôle de danseur. C’est justement pour ça qu’il m’a dit oui. Cyril s’est beaucoup investi parce qu’il voulait vraiment faire fonctionner ce duo avec Brahim qui est un ami à lui depuis des années. Ce que j'aime chez Brahim c’est qu’il est motivé pour devenir acteur et qu’il a énormément travaillé son rôle. Ils m’ont fait confiance. On a tourné sur deux jours et ça a bien marché.


Cyril Lecomte et Brahim Zaibat en pleine répétition

Comment est née cette idée de crée un duo insolite entre un journaliste et un gangster ?

J’aime faire du second degré et j’aime bien créer une situation qui est complètement improbable. Cyril joue un gangster un peu caricaturé et Brahim fait le jeune journaliste qui débute dans le métier. Il se retrouve embarqué dans une situation qu’il n’a pas prévu. Il pensait être un simple spectateur mais du coup il devient complice. J’avais également envie de me conforter à un film qui contient beaucoup de dialogues, c’était un exercice personnel.


Combien de temps s’est écoulé entre la phase d’écriture du scénario et le tournage ?

Entre le moment où je l’ai écrit et le moment où je l’ai tourné, il s’est facilement passé trois mois. Brahim était déjà en tournage donc il fallait s’adapter à lui. C’est au moment de le sortir que l’on a pris le plus de temps car il y avait énormément de boulot derrière. Mon étalonneur a fait un super boulot avec des couleurs vives, un peu saturé mais aussi très pop, j’adore ça. On a essayé de donner une identité à chaque scène. La première est toute rouge, le dialogue est dans des tons vifs violet/bleu chaud et la dernière est très chaude, jaune, pour la fin de journée.


Le court-métrage est actuellement présent dans plusieurs festivals.

On a fait une première projection en avant-première au cinéma du Prado. On l’a ensuite envoyé dans plusieurs festivals. On ne devrait plus trop tarder à avoir les premières réponses.


Comment as-tu appris ce métier de réalisateur ?

Ça fait très longtemps que je veux faire ça. C'est venu par mon oncle, mon père, qui sont passionnés de cinéma. Après mon BTS, j’ai fait l’ESRA (École Supérieure de Réalisation Audiovisuelle) de Nice. C’est là où j’ai fait la rencontre de Thomas. On a fait trois ans et sorti de l’école, diplôme en main, on s’est lancé.


Quelles sont tes influences à la réalisation ?

J’adore Quentin Tarantino depuis que mon oncle m’a montré un de ses films quand j’avais onze ans. Il n'en a pas fallu plus, 30 secondes avant que ma mère ne saute sur la télécommande pour couper le film et engueule mon oncle. C’est après ça que je me suis plongé dans ce monde. J’aime beaucoup Martin Scorsese et Steven Spielberg pour les États-Unis. En France, j’aime les Godard, Truffaut, mais j’adore aussi Gaspard Noé. Tout ce qui a un univers visuel marqué et propre à son auteur.


Quel genre de cinéphile es-tu ?

Je regarde de tout. Je pense qu’il faut voir le moins bon comme le meilleur. Je suis au cinéma deux fois par semaine et j’analyse en permanence ce que je regarde. Je me dis, comment ont-ils créer un truc aussi extraordinaire ?


Tu as toujours été attiré par la réalisation mais est-ce que le jeu d’acteur pourrait te tenter ?

Non, devant la caméra je ne suis pas à l’aise du tout. Il y en a qui aime faire les deux mais je préfère être caméra à la main. Les rares fois où je me suis retrouvé devant l’objectif j’étais tétanisé. C’est très compliqué.