Jeff Domenech, la bande à Bebel !

Mis à jour : 8 mars 2019


Il a grandi avec les films de Jean-Paul Belmondo et a rencontré son idole de jeunesse en juin 2007 après une rencontre avec le réalisateur Georges Lautner à Monaco. Son audace, sa passion et sa persévérance l'ont amené à réalisé un documentaire sur Bebel primé à Cannes d'une palme d'or. Il deviendra plus tard l'auteur des livres « Belmondo : du rêve à la réalité », « Merci ! », « Tweets Post Mortem » et a récemment participé à l'ouvrage « Plus Bebel la Vie ». Aujourd'hui, il a terminé l'écriture de son premier long-métrage et s'apprête à diffuser son premier clip en tant que producteur. Rencontre avec Jeff Domenech, la bande à Bebel !

« Ce n'est plus un secret, vous êtes un proche de Jean-Paul Belmondo. Comment votre histoire avec cette légende du cinéma français s'est-elle créée ?

En 2006, j'ai rencontré Georges Lautner à l'occasion d'un festival à Monaco. On a discuté ensemble et j'ai gardé le contact. Quelques mois plus tard, il m'envoie au Martinez à Cannes chercher un ami à lui. Et le pote en question, c'était Jean-Paul Belmondo. C'est donc en juin 2007 que j'ai rencontré mon idole dans ma voiture.

Vous deviez avoir une certaine pression à l'idée d'aller chercher votre idole de jeunesse ?

Aucun de mes potes ne me croyait. J'ai lavé à fond ma voiture, je suis arrivé à 11h30 alors que le rendez-vous était à midi. Et là, je vois Jean-Paul assis en train de lire son journal. Je me présente à lui comme un ami de Georges Lautner et que je suis son chauffeur pour la journée. Il me répond alors que si je suis un ami à Georges, je suis également son ami et il m'invite à m'asseoir à côté de lui.


Cette rencontre avec Jean-Paul Belmondo vous a donné l'envie de faire un documentaire sur sa carrière ?

Exactement. J'ai voulu faire un documentaire sur toute sa carrière, mais je savais que je n'étais pas en habilité de le réaliser, car je bossais chez McDo. J'en ai parlé à Jean-Paul qui se demandait à qui cela pouvait intéresser.


Vous allez tout de même réalisé ce documentaire récompensé à Cannes. Comment avez-vous réussis à joindre des acteurs comme Alain Delon, Vanessa Paradis ?

Je suis allé sur le site d'Uni France et j'ai directement contacté les agents des acteurs que je voulais pour le documentaire. Évidemment, je ne me présentais pas comme un directeur de McDo. On a réussi à faire ce film avec Vincent Perrot et le lendemain de la palme d'or à Cannes, Jean-Paul m'a dit merci. Je me rappelle avoir dormi avec la palme d'or, et d'ailleurs, la nuit, la palme dort (rires). Ce merci m'a réconforté pour tous les sacrifices que j'ai pu faire durant trois ans.

Quels sacrifices, justement, avez-vous fait ?

C'est compliqué de faire un documentaire quand on n'est pas de ce milieu. Il existe des personnes pas forcément bien attentionnées et jalouses. C'est un milieu très compliqué.

Vous avez écrit un livre sur la famille Brasseur, comment avez-vous convaincu Claude Brasseur de faire un livre autobiographique sur sa vie alors que personne n'avait réussi à le convaincre ?

Avec Claude, on a plus de vingt heures d'entretien. On avait les images pour en faire un documentaire mais il n'était pas très chaud. Cet entretien, j'en ai fait un bouquin sous format d'interview. Il a vu ce que j'avais fait avec Jean-Paul et a accepté. J'ai réussi à le convaincre et pourtant, il avait refusé quatre, cinq maisons d'édition pendant plus de vingt ans. Le livre a bien marché, j'en ai eu des excellents retours.

Vous venez de produire un clip en collaboration avec ALDAM Production. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Avec la maison d'édition, on va sûrement mettre le clip en ligne à la fin du mois de novembre. On a produit la composition musicale et j'ai fait ça avec mon frère donc on débute. Pour l'instant, on a de bons retours. Le clip s'appellera « So Lucky ».


Récemment, le livre « Plus Bebel la Vie » est sortie en librairie, quel a été votre rôle dans cet ouvrage ?

C'est un journaliste de So Film que je connais bien qui m'a fait part de son souhait de faire un bouquin spécial Belmondo. Jean-Paul m'a donné son accord et on l'a interviewé une heure chez lui. On a transformé ça en préface et ils se sont servis de mon documentaire pour récupérer certains entretiens. Moi-même, j'ai interviewé Albert Dupontel, Adil Rami et Pamela Anderson par exemple. Je connaissais les thématiques du livre et je le trouve bien fait et il est très varié surtout. On a des personnes de plusieurs univers différents qui nous parlent de Jean-Paul. On a d'excellents retours et c'est un cadeau idéal pour Noel.

Jeff Domenech & Albert Dupontel

On a parlé de votre carrière dans le cinéma, mais vous êtes un cinéphile, combien de fois par semaines vous rendez-vous dans un cinéma ?

En moyenne, cinq fois. Je vais souvent à Aix-en-Provence pour des films d'art et essai au Mazarin et au Renoir qui sont des cinémas très sympas. En général, les cinémas Pathé diffusent des blockbusters ou des gros films français. Ils ne vont pas tellement chercher des petits films indépendants qui sont généralement assez sympa à voir.


Avec quel film avez-vous grandi hormis ceux avec Jean-Paul Belmondo ?

Comme tout le monde dans ma génération, j'ai grandi avec Louis De Funès. C'était la fête à la maison quand il y avait Louis De Funès et Jean-Paul Belmondo à la télé. Je me suis rapidement intéressé à toutes sortes de cinéma vers douze, treize ans. J'ai vu de super films et d'autres moins bien, mais quand on est gamin, on rêve devant Belmondo. Après, on se forge sa culture cinématographique avec des films comme « Le Parrain » et « Apocalypse Now ». À tout âge, on a des films qui nous correspondent.

Jeff Domenech à Cannes devant l'affiche "Hold Up"

Aujourd'hui, vous sentez-vous dans la famille du cinéma ?

Dans le cercle intime de Jean-Paul, oui. Il faut savoir que le milieu du cinéma est très égoïste. J'ai eu la chance de me faire des potes comme Jean Dujardin, Gilles Lellouche et Antoine Duléry. Ce sont des potes, on se contacte par téléphone et on se voit aux avants-premières ou pour boire des coups. Le monde du cinéma est très fermé. Je suis resté vivre dans le sud de la France pour ne pas être à Paris. Je ne monte qu'un jour ou quelques semaines là-bas pour les promos et tournages. Sinon, la plupart du temps, je bosse sur Cannes.