Laurent Febvay, un artiste qui ose tout !

Mis à jour : 21 janv. 2019

Il a aimé l'humour avec la TV des Inconnus et les sketches d'Elie Kakou. Laurent Febvay débute sa carrière très jeune. Issus des quartiers nords de Marseille, il remporte en 2007 un premier prix lors d'un festival d'humour dans sa ville natale. Passé par IDF1 dans l'émission « Vous avez du talent » où il teste ses blagues au grand public, il connaît un très grand succès sur les réseaux sociaux avec des vidéos qui traite l'actualité avec un ton bien évidemment humoristique. Actuellement en pleine tournée de son deuxième spectacle « Je comprends pas », cet humoriste marseillais est connu pour ne pas avoir sa langue dans sa poche. Rencontre avec Laurent Febvay, un artiste qui ose tout !

© Yann Etasse Photographies

« Quels humoristes vous ont donnés l'envie de faire de la scène et de partager des blagues avec le public ?

Ce sont « Les Inconnus ». Je les ai connues avec la TV des Inconnus et ce sont vraiment eux, avant que je sache que c'était un métier, qui me cassait le ventre. Je voyais une insolence et un fond dans cet humour-là. Il y a aussi Elie Kakou et Gad Elmaleh même si ce n'était pas le même style d'humour. Mais la base pour moi, ce sont « Les Inconnus ».


Dans vos spectacles, vous dîtes qu'il y a un début à tout. Comment étaient vos débuts ?

C'était très compliqué. J'ai grandi dans les quartiers nords et quand mes parents ont divorcés, ça été difficile financièrement. Avant de faire de l'humour, je faisais du rap et j'avais déjà l'envie de faire de la scène. J'ai eu mon bac de Français qui ne m'a servi à rien. J'ai donc un peu traîné sur les bancs de la fac et le soir, je fumais des pétards sur le stade de foot de mon quartier. J'étais vraiment déprimé. J'ai donc fait mes premiers pas au Quai du Rire. Je leur ai expliqué que je faisais des sketchs et ils m'ont directement proposé de jouer le lendemain.

© Yann Etesse Photographies


En 2007, vous remportez un premier prix du festival d'humour à Marseille. Ça vous a beaucoup apporté ?

Ça m'a apporté une estime personnel et une légitimité. J'ai très vite compris que dans ce métier, ce ne sont certainement pas les gens qui font des festivals ou ceux qui sont les mètres-étalons de la qualité ou pas, tu vas souvent avoir des purs-produits. C'est-à-dire des personnes complètement fabriquées avec des vannes piquées à droite et à gauche. Après, en terme de retomber personnel, sur le plan financier, ça ne m'a strictement servi à rien. J'étais juste content d'avoir ce petit trophée.


En 2011, vous participez à l'émission « Vous avez du talent » sur IDF1. Comment s'est passé cette expérience TV ? Une envie d'en faire ainsi que de la radio ?

Ça s'est passé très simplement. L'émission, en elle-même est assez kitch, il faut le reconnaître. Ce n'est pas ce qui va te pousser en avant. Faire de la TV, oui et non. Non, pour moi, la TV est un média qui ne me plaît pas du tout. Je trouve ça ultra-formaté et très lisse. Mon humour n'a aucune place dans ce paysage. En revanche, la radio, oui. C'est très intéressant au niveau des personnages et surtout pour les canulars téléphoniques. Pour la TV, à part si on me propose un programme où je suis totalement libre, je peux y réfléchir.

Laurent Febvay dans l'émission "Vous avez du talent" sur IDF1


Plus de 2 millions de vues sur Youtube. Avez-vous conscience de votre impact avec les vidéos ?

Je m'en suis rendu compte à travers le public. Je voyais bien que les chiffres de mes vidéos augmentaient. Quand je sors dans la rue, on m'arrête souvent pour une photo ou un autographe. Mais toi, tu restes toujours toi-même et c'est là que tu te rends compte de cet impact avec les vidéos. Les messages que je reçois aussi me font du bien. Quand on me dit que j'apporte du bonheur à une personne en dépression ou à l'hôpital, ça me touche beaucoup.

© Yann Etasse Photographies


Les gens vous réclament-ils des thèmes particuliers à aborder en vidéo ?

Oui, ça arrive très souvent. D'une certaine manière, en exagérant un peu le trait, il y a un petit travail de journalisme. Les gens demandent des sujets et ça me donne un petit plus personnel.


Avec la notoriété que vous avez sur les réseaux sociaux, vous donnez-vous une limite dans les sujets ? Y a-t-il des thèmes que vous ne souhaitez pas aborder par peur de diviser ?

Aujourd'hui, le problème de la division est constamment présent. Par exemple, il y a deux jours, sur une vidéo, je parlais des mecs qui portent des t-shirts Pablo Escobar. J'expliquais que je trouve ça complètement con de porter le pull d'un mec sanguinaire et égocentrique avec toutes les absurdités qu'il a faite. Il faut qu'ils arrêtent de croire que c'est un robin des bois. Ce que je dis, ça à l'air évident, tu penses que le public va être d'accord, mais tu te retrouves avec des critiques et des personnes choqués. Actuellement, le moindre sujet peut diviser.

Les rappeurs les plus populaires sont votre cible alors que vous allez sortir très bientôt un album de rap. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce projet ?

J'adore faire de la musique. Après avoir réalisé un clip parodique « Pardon Maman » qui a été très bien accueilli, je prépare un autre morceau. J'ai envie d'utiliser tous mes talents, à savoir le chant et le rap avec des punchlines. Et l'album que j'ai envie de faire, il y aura de la parodie mais aussi une partie sérieuse sans humour. Le dernier morceau a tellement plus, j'en suis d'ailleurs très reconnaissant, que l'on m'a conseillé de faire un album. Il faut savoir que je travaille toujours à l'artisanal. On m'a prêté des studios et j'ai une production qui me prête du matériel.

Le clip parodique "Pardon Maman" de Laurent Febvay


Avez-vous reçus des retours négatifs de personnalité que vous avez pointé du doigt dans une de vos vidéos ?

J'ai une règle d'or. Si le mec fait de la merde, mais qu'il est sympa, je ne tirerais jamais sur l'ambulance. Pour la simple et bonne raison que moi non plus je ne suis pas parfait et qu'il m'est arrivé de faire des mauvais sketchs. Par contre, ceux qui font l'apologie du matérialisme et qui pensent être les plus beaux et les meilleurs, tu peux être certains que je ne vais pas les rater. Ce n'est jamais gratuit et pourtant, j'en ai reçu des menaces de mort.


Les vidéos, mais aussi la scène, vous avez multiplié les tournées en France. Quelle date et quelle scène a été la plus marquante pour vous ?

Il n'y a pas de date précise, mais en salle, je dirais celle de l'espace Julien qui a été ma première grosse. C'est à chaque fois un kiff d'être sur scène partout en France face aux publics.

Laurent Febvay sur les planches face au public français


Après « Round One Show », vous jouez « Je ne comprends pas » qui connaît un fort succès. Justement, que ne comprenez-vous pas ?

Il y a tellement de choses que je ne comprends pas. Je n'arriverai jamais à comprendre que l'on puisse demander un autographe à une fille de télé-réalité parce qu'elle est connue pour rien du tout. Que tu demandes un autographe à Stevie Wonder, je comprends. Mais là, non. Je ne comprends pas non plus qu'un pays qui brasse des millions dit que si on est dans la merde c'est à cause des chômeurs. C'est de la stupéfaction au quotidien. On est dans une époque très oppressive et au niveau culturel, c'est le gouffre total. Je pense à la chanteuse Aya Nakamura, musicalement, c'est fait avec des doigts de pied. Et le problème, c'est que ça fait des millions de vues.

Êtes-vous en préparation d'un autre projet ?

Il y a l'album qui est en cours de préparation. J'aimerais faire une TV des Inconnus avec des sketchs de très grande qualité. Je vais continuer ma tournée un peu partout en France.

Laurent Febvay en mode « Studio Time »

Que peut-on vous souhaiter pour le futur ?

Que ça cartonne pour moi et surtout que ça apporte du bonheur aux gens. Tous le monde en a bien besoin en ce moment. Le rire, c'est une arme monumentale pour faire du bien. »

Un grand merci à Laurent Febvay pour son amitié et ses franches réponses

© 2018 par Samuel Massilia.