Leslie Medina, le goût du chant et de la comédie !

Remplie de belles valeurs et dotée d'une grande simplicité, Leslie Medina se passionne pour les marionnettes et la comédie très tôt. Entre comédie et chanson, Leslie est une artiste épanouie avec beaucoup d'ambitions. Rencontre avec Leslie Medina, le goût du chant et de la comédie !

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« Tu as suivi les leçons de Christian Bujeau au Cours Périmony ainsi que le coaching de Tiffany Stern à l’Actors Factory. Qu’est-ce qui t'a motivé à apprendre le métier d’acteur ? J’ai grandi à Lyon et dans cette ville il y a le théâtre Guignol. Mes parents m’emmenaient tout le temps là-bas et j’ai commencé très tôt à avoir une petite obsession pour les marionnettes. Ma mère m’a inscrite à un cours de théâtre quand j’avais cinq ans et j'ai continué jusqu'au lycée. J’ai repris ces cours après le bac, quand il a fallu choisir un avenir professionnel. Je ne me voyais pas faire grand-chose d’autre que ce métier. J’étais aussi passionné d’astronomie mais il fallait des sacrées compétences en mathématiques, ce qui n’était pas mon cas (rires).

Quelle est la première formation que tu as suivie ? 

Ma toute première formation était à l’ATRE, une école basée sur le travail de la corporalité dans l’espace. J’ai vraiment appris les bases du théâtre. Je reste un an dans cette école et décide d’aller au Cours Myriade, une filiale du Cours Florent plus préparatoire pour les grandes écoles de théâtre. Pendant deux ans, j’ai travaillé au Cours Myriade où j’ai beaucoup travaillé des scènes de théâtre classique mais aussi contemporain.


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Assez rapidement, tu te fais remarquer par une directrice de casting.

Chaque année, on présentait deux ou trois pièces au public. Un jour, une directrice de casting qui s’occupe des figurations était dans la salle, et à la fin de la représentation, elle est venue me voir et me propose de passer le casting pour un petit rôle dans un téléfilm. Je passe les essais, le réalisateur aime bien mon profil et me donne un rôle beaucoup plus important.


C’est comme ça que j’ai eu mon premier rôle dans un téléfilm pour France 2 en 2012. C’était une super première expérience où j’ai eu vingt jours de tournage. Pour la première fois, je pouvais gagner de l’argent avec mon métier. Ça a été un vrai déclic pour moi. 

Par la suite, tu fais la rencontre de ton agent. 

Quelques mois après ce tournage, je pars vivre à Paris. J’ai passé des auditions pour le Cours Périmony pour entrer directement en deuxième année. J’ai eu des cours avec Christian Bujeau. Pendant un an, on a beaucoup travaillé sur la mise en scène. Je me souviens avoir fait du Molière, du Racine, les grands classiques français. Pendant mon année dans cette école, le téléfilm est diffusé à la télé. Le jour de la diffusion, un agent de cinéma me repère et demande mon numéro à l’une des comédiennes du film qu’elle représentait. On est entré en contact, je l’ai rencontré et on a commencé à travailler ensemble. 

Tout en continuant à te professionnaliser en tant qu’actrice. 

Après le Cours Périmony, j’ai été reçu au Conservatoire du VIIIème arrondissement de Paris. Je ne l’ai pas fait car à quelques mois de la rentrée, j’ai découvert une maison d’artistes qui s’appelle l’Actors Factory. J’ai rencontré Tiffany Stern, celle qui a fondé ce studio avec une méthode inspirée de Meisner sur l’improvisation et la capacité d’écoute et de réaction spontanée. Un soir, j’ai assisté à l’un de ses cours qu’elle donnait en public et j’ai eu un coup de foudre pour sa formation. Ça a été une vraie révélation. Ensuite, j’ai continué à m'entraîner dans le groupe Studio avec des anciens élèves. On travaille tous ensemble à faire des scènes, écrire et filmer nos propres courts-métrages. J’y suis encore aujourd’hui et quand je ne suis pas en tournage, j’y retourne pour me former. 


Tu apprends également sur les plateaux de tournage avec « Camping 3 » ou « Meurtres à Tahiti »

En parallèle de ces cours de théâtre, la vraie formation est aussi celle du tournage. J’ai rencontré plein de gens en faisant des courts-métrages qui me plaisaient bien. Et puis sont arrivés des plus gros projets que j’ai eus grâce à mon agent. Avec la temporalité d’un tournage où il y a beaucoup d’attente entre les scènes, tu apprends à ne pas perdre l’énergie du jeu ni la concentration. 


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Quelles sont les différentes étapes d’un casting ?

Ton agent propose ton profil à un directeur de casting. Si tu corresponds physiquement au personnage, il te reçoit. Ensuite, tu passes tes essais et en général il y a un call back à passer. Si tu plais, tu passes des nouveaux essais plus poussés et à la fin ils font un choix.

Si tu corresponds à leur idée, tu as le rôle. En général, on a plus de non que de oui aux castings qu'on passe, mais c'est le jeu.

As-tu un genre de cinéma que tu apprécies tout particulièrement ? 

J’adorerais tourner dans un film d’époque avec des costumes, au XVIème siècle par exemple. Ou alors un film religieux. J’ai récemment vu sur Netflix la série « Unorthodox » que j’ai trouvée sublime. Le rôle principal est hyper intéressant. J’ai envie de me mettre dans la peau d’une histoire qui me ressemble le moins possible. Je fais ce métier pour toujours prendre du plaisir à travailler.

Quelle est ta préparation pour incarner un personnage ?

Ça varie beaucoup en fonction des projets et des scènes. Parfois, il y a des scènes très quotidiennes où tu as juste besoin d’être connecté à l’instant présent, à ton partenaire et être sincère dans ce que tu dis. Et parfois, il y a des scènes plus émotionnelles où je vais écouter de la musique par exemple. J’aime bien écrire ce qu’il se passe dans ma tête juste avant de tourner la scène.  

À côté de la comédie, tu es chanteuse, auteure et compositrice. Comment est né ton amour pour la musique ? 

J’ai un papa qui est très mélomane, qui fait du piano et de la guitare. Il y a toujours eu de la musique à la maison et on pouvait toujours trouver un album de Serge Gainsbourg, Jacques Higelin ou Queen. Quand j’étais petite, il me donnait parfois des cours de chant, il m’apprenait à chanter ou à jouer quelques accords au piano. J’avais eu une première expérience dans la musique en 2013 en signant chez Universal Music en tant qu’interprète. Le projet n’a pas eu lieu pour plusieurs raisons. J’ai arrêté la musique jusqu’en 2016 où j’ai composé des chansons au piano. Deux ans après, les choses se sont accélérées, j’ai commencé à travailler avec des producteurs. J’arrivais en studio avec des pianos-voix et le producteur faisait des arrangements. On a réussi à faire une bonne quinzaine de titres. Je prends le temps, je ne suis pas pressé car j’ai envie de sortir un projet qui soit très sincère et qui me ressemble. 


Cette fibre artistique est ancrée en toi. Pourtant, il est difficile de faire partie des élus qui réussissent à vivre de leur passion sur le long terme. 

Mon objectif est de pouvoir continuer à faire ce que j’aime et de pouvoir en vivre. C’est le summum du luxe. C’est un choix car il y a beaucoup de moments difficiles, ce sont des métiers précaires avec beaucoup de rejet. C’est très aléatoire. Aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir tourner et d’avoir des projets en préparation. On est très nombreux et dans la musique c’est pareil. Tu es sans cesse obligé d’être à nouveau sur la sellette. Tu repars tout le temps de zéro.  


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Sur tes réseaux sociaux, tu proposes pas mal de covers. Parmi ses reprises on retrouve des stars de la chanson française : Richard Cocciante, Christophe, Francis Cabrel ou encore Alain Souchon. Quel regard portes-tu sur la variété française aujourd’hui ?

Pour moi, le public a toujours raison. Aujourd’hui, les genres sont mélangés. BigFlo et Oli mélangent à la fois la variété et le rap. Ils mélangent plusieurs styles et c’est le cas de plusieurs artistes en France. J’apprécie des artistes comme Maître Gims et Vianney. Je ne les écoutais pas forcément beaucoup avant mais maintenant j’ai une admiration énorme pour eux. Quand tu touches autant de gens à l’unanimité, c’est qu’il y a un truc sincère et authentique qui déborde de toi. 



Plaire au public est difficile aujourd’hui avec un éventail large d’artistes. 

Tu te mens à toi-même si tu essayes de plaire. Les gens le sentent quand tu leur mens donc il faut rester sincère et authentique. Être entouré, avoir les bonnes équipes qui développent ton projet et que le public puisse l’entendre, c’est un deuxième challenge.

Cette chance de pouvoir chanter devant un public tu l’as connue. Quelle sensation te procure la scène ?

C’est un pur kiff. J’adore la scène et le contact avec le public. J’aime ressentir cette tension. J’ai le trac avant de monter sur scène mais je prends tellement de plaisir dès que je commence à chanter que toute la peur s'évacue. Tu donnes, tu reçois, c’est comme au théâtre. J’espère que je pourrai bientôt remonter sur scène. Qu’on soit artiste ou non, tout le monde aime le cinéma, le théâtre ou la musique. Personne n’aime aucun des trois. Quel que soit le métier qu’on fait, on a besoin de se vider la tête, de se divertir, de ressentir des émotions. 

Il y a trois mois tu sortais le morceau « Sugar Daddy ». Quelles sont les sonorités de ce titre ?

J’ai écrit et composé ce morceau en novembre 2018 en piano-voix à la maison. C’est seulement en 2019 qu'Aleph Elidja l’a produit. C’était le premier titre de mon projet qu’il produisait. Il fait beaucoup de musique à l’image avec des publicités et il m’a amené cette identité avec des sonorités plus électro. Ce titre est vraiment à part, les prochains sont plus dansants.



Le clip a la particularité d’être en format Instagram. 

C’est un format j’ai pas d’argent pour faire le clip surtout (rires). Je trouvais ça dommage de sortir le titre sans images. J’ai demandé à mon ami Paul Dufort qui est réalisateur de trouver une idée. On a bu un verre tous les deux et on a commencé par parler du sujet de la chanson. Je pensais à ces mecs de plus de 40 ans, qui bavent sur des jeunes femmes de vingt ans de moins qu'eux sur les réseaux, et aussi à tout ce jeu de séduction via les storys. Je voulais me moquer de moi-même en premier, moi aussi j'ai posté des vidéos ou photos de moi en espérant que ma target me remarque, mais la plupart du temps, c'est Gérard - 56 ans qui me DM "vous êtes charmantes". Grosse déception (rires). On a eu l’idée de la story et en une journée, on est aller se balader dans Paris, on a fait plusieurs plans que Paul a additionnés au montage et « Sugar Daddy » était créé. 

Aurais-tu une citation fétiche à nous délivrer ? 

« Le but c’est le chemin ». J’essaie de me sentir complète et de ressentir de la réussite même dans des étapes qui sont toutes petites. J’ai de l’ambition mais je me réjouis d’avoir de la reconnaissance pour ce que j’ai déjà. 

Que peut-on te souhaiter pour le futur ? 

De continuer d’être heureuse. »

© 2018 par Samuel Massilia.