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Magaly Richard-Serrano : "Il y a une part de magie dans le métier d'acteur."

Fascinée par les sorcières et passionnée d'histoire depuis toujours, Magaly Richard-Serrano s'est rapidement investie dans la série Filles du feu, à découvrir dès ce soir sur France 2. Symbole de subversion et d'émancipation, ces femmes en proie à la plus meurtrière chasse aux sorcières dans le Pays basque sont filmées comme des héroïnes contemporaines par sa réalisatrice. « Nous descendons toutes et tous des Filles du feu, de celles qui n’ont pas été brûlées. »


© France 2

« Magaly, vous êtes la réalisatrice de la série Filles du feu à découvrir dès ce soir sur France. En quoi réaliser cette série était un rêve de petite fille pour vous ?

Filles du feu réunit beaucoup d'éléments (costume, action, romanesque) dans un seul et même projet, ce qui est exaltant. En 2014, j’avais énormément travaillé sur le sujet en écrivant une série (MALEUS MALEFICARUM), portée sur une campagne d’inquisition en 1492. Malheureusement, on n’a pas réussi à la vendre à l’époque. Ensuite, il y a eu le livre de Mona Chollet, Sorcières, qui résumait certaines de mes lectures et qui a, surtout, ouvert les yeux au grand public sur cette période de l’Histoire, et particulièrement en France.


Quel a été votre travail de réalisatrice ?

Mon principal travail était d’épouser un regard singulier sur les scènes et la série dans son ensemble, ma caméra est souvent placée dans le point de vue des femmes que je filme. Quand j'ai rejoint le projet, les trois héroïnes existaient déjà. On a eu des débats de fond avec la productrice Stéphanie Carrère et les scénaristes Giulia Volli et Maïté Sonnet. Notre collaboration a été créative. J’ai pu apporter des personnages nouveaux, comme Mme Isabelle de Léoz, la femme noble interprétée par Michèle Laroque.



Vous dites des actrices qu’elles sont des sorcières. Pourquoi ?

Pour moi, il y a une part de magie dans le métier d’acteur. Il y a quelque chose de l’ordre de la photogénie et du charisme. Les acteurs sont assez superstitieux, ils ont leur petit rituel et c’était particulièrement vrai sur ce tournage où une proximité a existé avec les éléments avec lesquels on a tourné : les pierres, l’océan, la montagne, le vent…


En quoi les épreuves de 1609 peuvent éclairer les combats d’aujourd’hui ?

Le Moyen âge a toujours été dépeint comme un temps obscur où les droits étaient moins importants qu’à la Renaissance. Aujourd’hui, tout cela est remis en question par certains historiens. Le Moyen âge était une période plus riche et il n’y a quasiment eu aucune sorcière brûlée, les véritables exécutions de masse ont commencé à la Renaissance. C’est assez troublant, comme si un pan de l’histoire avait été réécrit. Et puis les femmes n’ont cessé de perdre des droits coutumiers à la Révolution Française. Le 19ème siècle est l’un des pires siècles pour le droit des femmes en France. Réaliser Filles du feu, c’est redonner voix à des femmes qu’on a fait taire, qu’on a effacé de l’histoire, pour les réinventer.


Cette série s’ajoute à votre filmographie et votre premier film Dans les cordes. Magaly, d’où vient ce désir de réalisation ?

Depuis toute petite, j’écrivais des nouvelles, des petites histoires. Il a fallu du temps pour que je puisse me sentir légitime à passer derrière la caméra. Ma maman est une autodidacte, elle a passé son bac à l’âge de 27 ans après avoir arrêté l’école très jeune. Elle s’est élevée par les livres et a été prof de boxe. A la maison, il y avait cette double culture du sport et du cinéma. Ça a été une chance de faire de la boxe en compétition, ça aide à tenir le coup dans les moments difficiles professionnellement.


Pour conclure cet entretien, auriez-vous une citation fétiche à me délivrer ?

« Je revendique l'absence de frontière entre le réel et la fiction » de Lola Lafont.

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