Sabrina Nouchi, une actrice indépendante !

Depuis toute petite, elle rêve d’être actrice. Et c’est très jeune, en autodidacte, à l’âge de 22 ans qu’elle a écrit et réalisée le long-métrage « Juste Sam ». Après des années à suivre des cours de théâtre et d’arts dramatiques, cette jeune comédienne promet une rentrée 2018 pharamineuse : réalisation de son quatrième long-métrage, ouverture de son école d’acteur et participation au film « Amour-Eux » d’Alexandre Laugier. Rencontre avec Sabrina Nouchi, une actrice indépendante !

« Vous êtes jeune et pourtant vous avez déjà une très sympathique ardoise. Cela prouve qu'il n'y a pas d'âge pour être professionnelle dans le cinéma ?

J'ai commencé à sept ans à me former pour être actrice. Ensuite, je suis rentré dans une troupe de semi-professionnels à l'âge de douze ans et à vingt ans, j'ai décidé de réaliser des longs-métrages pour me faire jouer dedans aussi.


Pourquoi avoir décidé de réaliser « Juste Sam » de manière indépendante ?

J'ai décidé d'écrire pour être sûre de toujours tourner. Le faire de manière indépendante n'a pas été une crainte, j'aime bien travailler avec des acteurs qui sont inconnus, des nouveaux talents ou des gens qui ne sont pas comédiens, mais qui ont quelques choses. C'est plutôt cool à chaque fois.


Vous êtes à la fois réalisatrice (Juste Sam) et actrice (Le monde doit m'arriver), vous vous sentez plus à l'aise devant ou derrière la caméra ?

Les deux. Quand je suis actrice, je suis au repos (rires) car je n'ai que mon rôle a travaillé. Mais quand je suis à la réalisation, je m'occupe de plus de choses, c'est moins reposant, mais c'est aussi très sympathique.

Aujourd'hui, vous ouvrez votre école d'acteur à Marseille en collaboration avec l'actrice Virgilia Giambruno. D'où est venue cette initiative de former des futurs acteurs ?

C'est une école que je veux ouvrir depuis 2011 à Marseille, mais aussi à Paris parce qu'il n'y en a pas beaucoup voire aucune ici. Former des acteurs, vues que moi je réalise, je vois tout ce qu'il manque, ce qui pourrait être amélioré. Il y a plein d'écoles mais au lieu que les Marseillais aillent à Paris payer une fortune et trouver un logement, on a amené ça à Marseille.

Combien coûte la formation pour un élève ?

299€ par mois. Il faut savoir qu'à Paris, c'est entre 450 et 460€.


Quelles formations ses jeunes vont-ils suivre ? Pour atteindre quel objectif ?

Le but est qu'ils deviennent acteurs. C'est une formation intensive de 12h par semaine pour les acteurs de cinéma seulement. On ne fait pas du tout de théâtre. On est basé sur le développement personnel donc on veut former des acteurs qui soient bien dans leur peau, qui ont cette confiance en eux et qui sachent travailler en tant qu'acteur. Il y aura un suivi régulier de chaque élève.


Sur le plan personnel, vous vous apprêtez à vivre une belle saison avec la réalisation de votre quatrième long-métrage « Juste une mise au point ». C'est l'histoire d'une famille qui se retrouve ?

On vient de terminer le tournage il y a quatre jours. On est rentré lundi après avoir tourné à Praz-sur-Arly. C'est une comédie d'art dramatique comme « Les Petits Mouchoirs » de Guillaume Canet.

©Praz-sur-Arly Tourisme


Le côté dramatique de votre histoire pourrait-il nous faire penser au film « Juste la fin du monde » de Xavier Dolan ?

C'est moins dramatique. Dans mon film, ça rigole autant que ça pleure.


On peut devenir co-producteur de votre film pour 1€ (soutenir le film). Pensez-vous que les films indépendants ont leurs places dans le paysage du cinéma français ?

Ils ne nous restent plus que cinq jours pour financer le film. Il nous manque 3 000€. Pour moi, les films indépendants, c'est l'avenir du cinéma français. Je pense qu'aujourd'hui un film sur cinq se rentabilise et les blockbusters à gros budget auront toujours leurs places, mais aux États-Unis, les petits films indépendants sont présents, c'est un autre cinéma et il y autant de places pour l'un et pour l'autre. Il faudrait s'inspirer du modèle américain.


Vous jouez le rôle de Claire dans le nouveau film d'Alexandre Laugier « Amour-Eux » dont la sortie est prévue l'année prochaine. Vous auriez un souvenir de tournage ?

J'ai rencontré beaucoup de gens sur ce film dont mon directeur photo Dimitri Borget qui a été le directeur de la photographie sur mon dernier film. C'était une aventure humaine très sympa.

Sabrina Nouchi aux côtés de Thibaud Vaneck sur le tournage du film "Amour-Eux"

Que peut-on vous souhaiter pour le futur ?

Je vais tourner mon cinquième long-métrage en février, je monte une pièce de théâtre à Paris l'année prochaine et j'espère la réussite de l'école. Mais je ne m'arrête pas (rires). »

Merci à Sabrina Nouchi et Virgilia Giambruno pour leur disponibilité et leur sympathie

© 2018 par Samuel Massilia.