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Saults : "On a créé les conditions pour progresser."

Chez eux, tout sent la complicité, le respect mutuel, la fusion à la fois sereine et intense. Une complémentarité dont l'approche musicale porte les stigmates. Antoine et Greg, réunis sous leur nom de famille et d'artistes Saults, prouvent qu'il est possible d'unir dans un même élan fougue électrique, élégance mélodique et harmonies vocales. Rencontre.


© Christophe Crenel

« Antoine, Greg, votre nouveau titre A la mode est disponible sur toutes les plateformes de streaming. Quelle présentation en feriez-vous ?

Greg : C’est un titre assez dansant avec beaucoup d’énergie et aux sonorités modernes, sans renier le côté organique du groupe avec de vrais musiciens et le solo de guitare à la fin.

Quelles étaient vos intentions artistiques avec le clip ?

G : On était à Paris et on n’a pas voulu tourner devant Versailles ou la tour Eiffel, mais plutôt d’aller dans des lieux un peu paumés. Pour ce clip, on était en van et on s’arrêtait dans n’importe quel endroit pour y shooter des scènes. Ça nous rappelait nos aventures des premiers jours à Londres.



Saults est né après votre groupe Foxy Bag au collège. Quelles images vous reviennent de cette époque ?

G : Je me souviens d’un concert mémorable dans la cour du collège Anatole France (rires). Antoine était en troisième et moi en sixième. On avait fait une première partie avec la chorale de l’école avant notre concert en deuxième partie. C’étaient des moments géniaux et surtout le début de la construction du groupe. J’en retiens beaucoup de positif. Tu t’en souviens Antoine de ce concert-là ? (Rires)


A : Oui ! J’ai l’image de gamins qui rêvent, tout en ayant les pieds sur terre, mais qui veulent s’en donner les moyens. Même à cet âge-là, on voulait faire une carrière. On commençait à écrire nos propres morceaux. Ce qu’on a construit à ce moment-là s’est retrouvé des années plus tard dans Saults.


Si je vous parle du 20 septembre 2014, ça vous rappelle quoi ?

G : C’est notre tout premier concert avec Saults, dans une petite salle à Villeneuve-sur-Lot, avec notre fidèle compère Axel à la basse qu’on appelle notre troisième frère. Le regard de nos potes, ce jour-là, m’avait marqué. Ils ne le connaissaient pas et ont vu la bête surgir sur scène. Pour moi, c’est à partir de là qu’on a commencé à essayer de devenir professionnel dans la musique.


Quelle place occupait la musique à la maison ?

G : Quand on est sorti de la maternité la première fois, on écoutait du Paul McCartney dans la voiture (rires). Notre mère était pianiste, notre grand-mère chanteuse de classique et notre grand-père saxophoniste, sans compter les amis musiciens. Antoine a pris très tôt des cours de guitare et moi de batterie. La musique a toujours fait partie de nous.


© Christophe Crenel

Par quoi se matérialise votre investissement, notamment au début, pour réussir à faire de la musique ?

A : Je pense qu’on ne peut même pas le mesurer. Notre papa était basketteur semi-professionnel, donc il y avait une philosophie de sport à la maison, cette notion de sacrifice : les devoirs en rentrant de l’école avant de travailler notre musique. Dès nos premiers cours, on travaillait tous les jours nos instruments au moins vingt minutes, puis trente, puis une heure. On a toujours eu ce rythme de vie. Ça continue encore aujourd’hui. On bosse des journées entières avec Greg, on se remet en question pour évoluer artistiquement et venir constamment avec de nouvelles idées à chaque concert.


G : Je rejoins Antoine, notamment sur les sacrifices. Quand on est plus jeune, on peut se dire qu’on ne jouera pas à la Play le soir parce qu’il faut travailler nos instruments. Pour moi, ça a été de ne pas aller en voyages scolaires pour me préserver, de ne pas aller au ski pour ne pas me faire les croisées (rires). On a plein d’exemples comme ça et on l’a toujours fait de bon cœur. Dès qu’on a commencé la musique, on a créé les conditions pour progresser.


Cela passe aussi par des choix, comme celui de quitter Paris pour Londres…

A : Il y a cinq ans, on chantait uniquement en anglais, on était beaucoup plus rock. Le projet était complètement différent. On a voulu jouer cette musique-là où il y a ce marché. Mais si on nous avait dit le quart de ce qui nous est arrivé à Londres, je pense qu’on se serait posé un peu plus de questions avant de partir (rires).


© Christophe Crenel

Comment s'est passée votre première année dans la capitale londonienne ?

G : J’ai plusieurs sentiments. Le premier est celui qui me fait penser à toutes les difficultés qu’on a pu avoir : s’adapter à un nouveau pays, perdre ses amis, les liens familiaux. C’était un changement drastique. Le côté le plus positif était la découverte de la vie étudiante. Quand on vient d’une petite ville du sud de la France et qu’on se retrouve catapulté du jour au lendemain dans la plus grande capitale européenne, on n'a plus de repères. Il y a eu une énorme étape d’adaptation avant même de se dire si on appréciait ou non l’aventure. Pour moi, cette première année a été une année de freestyle total. J’ai passé un an à improviser et à essayer de faire comme je pouvais pour affronter la vague londonienne.


A : Greg n’avait même pas dix-huit ans quand on est partis. Je passe les détails de vivre dans une chambre minuscule, sans chauffage, etc. On s’est confronté à quelque chose qu’on n'avait encore jamais vécu. On jouait au minimum deux fois par semaine dans des caves, des pubs avec cinq mecs devant nous. C’était compliqué. On a pris d'énormes claques et eu quelques victoires, comme de jouer dans de gros festivals. Aujourd’hui, cette première année, je la réfère comme l’épreuve la plus dure de ma vie. Combien de fois on a voulu abandonner ? On ne pouvait pas rentrer, sinon ça voulait dire tout abandonner. Impossible. On s’est accroché jusqu’au bout et cela nous a construit en tant qu’adulte.


Parmi les grands moments, il y a l’enregistrement de votre premier titre version UK dans les mythiques studios d’Abbey Road…

A : C’était un honneur pour des grands fans des Beatles comme nous. On s’est senti adoubé et on a réalisé après coup. Sur le moment, on avait deux heures pour enregistrer la meilleure version possible, tout en profitant pleinement de ce qu’on vivait. Techniquement, à l’époque, les manières d’enregistrer étaient plus adéquates dans ces studios qu’ailleurs.



Quels sont vos prochains projets ?

G : On a une petite quinzaine au festival d’Avignon. Le 11 juillet, on sera en concert à Villeneuve-sur-Lot après l’arrivée d’une étape du Tour de France. Enfin, un album est prévu pour la fin de l’année ou début 2025, avec de nouveaux titres. Un mix entre le français et l’anglais, l’électro et l’organique. On s’en va doucement vers notre produit le plus abouti, en tout cas, je l’espère.


Pour conclure cet entretien, auriez-vous une citation fétiche à me délivrer ?

A : C’est pour toi Greg (rires)


G : « La parole est d’argent mais le silence est d’or. »

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