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Silda : "Il est plus important de s'accomplir avant de paraître."

La musique est sa vie. Silda avait douze ans lorsqu'elle fredonnait les airs de Sheryfa Luna en cachette dans sa chambre. Depuis, elle a parcouru la scène de The Voice, rencontré le public et accompli son premier projet artistique. Un EP au ton pop folk qui invite à rester fidèle à soi-même, accompagné d'une reprise de Stephan Eicher rencontré sur le quai d'une gare, et nous propulse dans un univers organique et brut, qui se rapproche de ses covers sauvages. Rencontre.


© Sébastien Rousseau

« Silda, ton premier EP, À part, sera disponible à l’écoute sur toutes les plateformes de streaming le 23 février prochain. Pour toi, quel est le fil rouge qui relie les cinq titres de l’EP ?

Il y a plusieurs thèmes qui se rejoignent, c’est lié aux relations humaines, au passage de l’adolescence à la vie d’adulte, les désillusions, les premières fois, mais aussi comment trouver sa place dans un monde trop grand.


Être à part est un sentiment que tu ressens aujourd’hui ?

De moins en moins, mais je l’ai beaucoup ressenti quand je me construisais au collège et au lycée. La plupart des chansons de l’EP ont été écrites il y a au moins trois, quatre ans, dans une phase d’adolescence où on se cherche, où on essaie de trouver qui on est.


L’EP s’ouvre avec le titre Si on s’aime, dont le clip est disponible sur ta chaîne Youtube. Quelles étaient tes intentions artistiques ?

L’idée était de mêler plusieurs arts, dont le graphisme, pour montrer qu’on peut faire passer une même émotion, ou différente. On a tourné dans un lieu assez neutre, pâle, donc je voulais absolument qu’on retrouve les couleurs du projet, le jaune et le rouge, cette touche positive, d’espoir.



Ce titre fait écho aux réseaux sociaux, « à force de se comparer, on ne peut plus se regarder. »

La pression de la société nous fait croire qu’on peut correspondre à un idéal, mais cet idéal n’existe même pas. Quand on essaie de se construire à l’adolescence, on peut vite se sentir mal dans sa peau, et à travers cette chanson, je voulais prôner un message d’amour, encourager les gens à remettre en question leur propre vision de la beauté, et déconstruire tout ça. J’aime répéter qu’il est plus important de s’accomplir avant de paraître, d’être entendu avant d’être vu.


Dans les codes dénonce les attentes sociales du système éducatif. Quelles images te reviennent de ta scolarité ?

J’ai toujours ce souvenir de passer devant les conseillers d’orientation et d’essayer de leur expliquer mon amour pour la musique. Souvent, ils me disaient : « Ce ne sera pas possible, tu ne pourras jamais en vivre, c’est irréalisable. » On me demandait de prendre un chemin ordinaire. Je leur mentais, en réponse. Je travaillais bien, j’avais de bonnes notes, les profs étaient contents, mes parents aussi, mais je savais que je ne continuerais pas là-dedans. À l’école, on n'essaie pas de comprendre les passions, les aspirations de chacun. Je crois que la réussite académique est plus mise en avant que le bien-être émotionnel ; la question du bonheur n’est jamais posée. Je me suis sentie très seule dans cette période de scolarité, jusqu’à mes 18 ans où après avoir eu mon bac, j’ai décidé d’assumer mon amour pour la musique, ce que je cachais jusque-là.



Le grand public a pu te découvrir dans l’émission The Voice sur TF1, où tu as fait partie de l’équipe de Vianney après avoir interprété le titre d’Axelle Red, Parce que c’est toi. Comment es-tu ressorti artistiquement de cette aventure ?

J’ai beaucoup appris sur moi-même. Je me suis posé beaucoup de questions par rapport à ce que je voulais, pourquoi je veux offrir ma musique aux gens, par exemple. The Voice était ma première expérience télé, je ne connaissais pas du tout cet univers, ni comment ça se passait en coulisses. J’étais très stressée (rires), alors que pour des premières parties devant 10 000 personnes, je ne stresse pas du tout.


Tu as fait huit zéniths, huit festivals et chanté devant près de 100 000 personnes. Mais à tes débuts dans la musique, qui était ton premier public ?

Ma maman (rires). C’est la première personne qui m’a encouragée en me disant que j’avais une jolie voix, et c’est grâce à ses mots que j’ai continué et assumé mon envie de chanter, de m’acheter un petit piano et de prendre des cours de chants. Je ne sais si j’aurais eu cette force-là si elle ne m’avait pas dit ça.


Dans le clip de C’est beau d’aimer en live session, tu es accompagnée de ton kalimba en main. Quelle est la spécificité de cet instrument ?

Je l’ai découvert complètement par hasard pendant le confinement. C’est en voyant une pub sur mon ordinateur que je l’ai commandé. Quand je l’ai reçu, je faisais des petites notes, puis des accords, et la version de Nous, de Julien Doré a été appréciée sur Instagram. Il a aimé et repartagé. Je ne maîtrisais pas encore cet instrument que l’on m’associait déjà à ce petit engin qui est très intimiste, doux et organique, ce que j’adore.


Des dates de tournées sont-elles prévues ?

Oui. Je ne peux pas encore les annoncer, mais une petite tournée en festivals cet été se prépare, ainsi qu’un showcase dans un Carrefour en Champagne-Ardenne où l’album sera vendu toute l’année. »

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