Camille Esteban, la liberté artistique !

Mis à jour : oct. 13

Elle ne rentre pas dans les normes et n'aime pas que ses journées se ressemblent, Camille Esteban est une hyper active, sociable et talentueuse artiste qui a délaissé le basket pour la musique. Un art qu'elle considère comme un langage universel partout où elle voyage. Grande consommatrice de musique, son premier single Chico aux saveurs pop et reggae nous donne les contours d'un premier album qui s'annonce passionnant, détournant tous les codes que l'on veut nous imposer. Rencontre avec Camille Esteban, la liberté artistique !


© FIFOU

« Mardi est sorti ton premier single Chico. Comment te sens-tu à la sortie de ce premier titre ?

Super excitée ! Ça fait très longtemps que je suis en studio et que j’enregistre des chansons. C'est la première fois que je sors une chanson d'un projet fait en équipe, avec un label. J'étais très impatiente et aujourd'hui je n'ai que des bons retours donc je suis hyper contente.


Le clip dégage beaucoup de flow avec une identité visuelle bien précise ainsi qu’une chorégraphie bien maîtrisée. Que souhaitais-tu exprimer ?

Chico c'est un mélange de pop et de reggae. Je ne voulais pas d'une chorégraphie toute faite. Je voulais montrer cette sensation de liberté. La chanson est entraînante, j'avais envie de mouvements.



Ce clip à regarder et écouter sans modération sur les plateformes en ligne est un avant-goût de ton premier album qui sortira en 2021. Que peux-tu nous dire plus sur la couleur de cet album ?

Ça fait deux ans que je suis en studio. J'ai donc beaucoup de morceaux, environ une quarantaine, il va falloir faire un choix pour prendre 14 titres. Pour ne pas m'enfermer dans une case, on pourra retrouver dans cet album du rap, du reggae, de la variété, de la pop, du français et de l’espagnol. Il y aura des chansons tristes, joyeuses, dansantes, douces, un peu de toutes les couleurs. Je n'aime pas que mes journées se ressemblent. J'ai envie de faire ressentir ça au public dans mes chansons.


Avec quelles influences artistiques nourris-tu ton identité musicale ?

J'écoute beaucoup de musique avec mon papa. Je lui fais découvrir des musiques modernes et lui des plus anciennes. Je m'inspire beaucoup de Selah Sue, Diam’s, Lauryn Hill, en ce moment je suis à fond dans Rosalia, Lomepal. À côté de ça, j’adore tout ce qui est caribéen, reggae, dance hall, latino. Je suis une grande consommatrice de musique.


Tu as fait du basket pendant 15 ans. À quel moment la musique a pris le dessus sur le reste ?

Je voulais me développer dans le basket. J'étais à fond dans le sport, j'ai même passé des diplômes pour être coach. Et à un moment c'était trop pesant. Quand la musique est venue dans ma vie, il fallait faire un choix, je ne pouvais pas faire cinq entraînements par semaine avec la musique à côté. La musique m’a procuré des sensations que je n'ai jamais eues au basket. Ce besoin de faire de la musique a pris le dessus et j’ai vite lâché le sport. La musique rapproche les gens, c'est une langue universelle.


Finalement, tu retrouves l'état d'esprit collectif du sport dans la musique ?

J'écris 98% de mes textes. Avant, je n'avais pas l'habitude d'aller aussi régulièrement en studio car il fallait payer. Aujourd’hui, j’ai un studio à disponibilité et parfois quand tu y es tout le temps, tu n'es plus inspiré. J'ai déjà fait appel, deux, trois fois, à des copains. Par exemple à Taïro dans le reggae, Sylvain du groupe Boulevard des Airs et Maska de la Sexion d’Assaut, ce sont de belles collaborations. À chaque fois, ils avaient une technique différente et ça m’a donné des idées pour travailler.



Le public a pu te découvrir il y a trois ans sur la scène de The Voice où tu as brillé avec la reprise de Dans le noir de Diam's. Quels souvenirs gardes-tu de cette expérience ?

C'était formidable, l'une des meilleures expériences de ma vie. C'était un premier pied dans le monde professionnel artistique. À The Voice, j’ai eu mes premiers cours de chant et c'était un peu comme une colonie de vacances où tu es avec tes potes et tu prends des cours de chant tous les jours. De mon côté, j’ai très bien vécu ce concours avec une concurrence saine.


Comment s'est passée ton arrivée à Paris ?

J'adore Paris même si j'appréhendais un petit peu avant d'y aller. Je viens de la campagne et arriver dans une grosse ville c'est chaud. À Blois tout le monde se connaît (rires). Après j'ai fait mes études à Tours donc j'avais un petit vécu dans une ville plus grande que Blois. Paris est une ville où il n'y a que des opportunités et culturellement, je ne sais pas s'il y a mieux.


Pendant tes années au lycée, tu t'inscris à La Fabrique où tu accèdes à la salle de musique.

À La Fabrique, il y a des animateurs qui s'investissent à fond pour pousser les projets des jeunes. Ils mettent en place des salles de musique, de danse, de graft, etc. Tu choisis ton créneau que tu payes 2 euros à l'année, ce qui n'est rien. J’allais tout le temps à la salle de musique, limite je ne mangeais pas le midi pour y aller.


Tu commences à être appelée pour faire des scènes ouvertes et jouer devant un public. Que ressentais-tu avant de chanter face à des personnes que tu ne connaissais pas ?

C'est un gros kiff, j'adore ça. Après, je le cache sûrement bien mais je suis une grande stressée avant un concert. Aujourd'hui, je fais des concerts un peu plus gros parce que je fais des premières parties et je me rends compte que des scènes ouvertes où il y a 30 personnes c'est beaucoup plus dur que des premières parties avec 1 000 personnes. Les trente personnes il faut les convaincre. Mes premiers concerts étaient très stressants mais à chaque fois c'est une leçon, tu as le challenge de plaire au public. Et avec tout ce qui se passe en ce moment, j’ai trop envie de remonter sur scène. Je devais faire l'Accor Hôtel Arena avec Tryo car je figure dans leur album, c'est reporté à l'année prochaine.


Aujourd'hui, quelles sont tes ambitions artistiques ?

Honnêtement je vois assez loin. Le maximum que je puisse avoir c'est faire des gros festivals internationaux, je kifferais faire une tournée en Amérique Latine.


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Quels sont tes futurs projets ?

J'attends de voir comment Chico est accueilli par le public. Au fur et à mesure, je balancerais des sons. Et puis je bosse déjà sur d'autres chansons, je ne m'arrête pas.


Aurais-tu une citation fétiche à me délivrer ?

« Tout seul tu vas plus vite, à plusieurs tu vas plus loin ». C'est Nekfeu qui dit ça. Ces deux dernières années, j’ai appris à travailler en équipe alors qu'avant, la musique m'était vachement personnelle. Dès qu'il y a une petite victoire comme une entrée en radio ou un clip qui plait, c'est beaucoup mieux de le partager à plusieurs.


Que peut-on te souhaiter pour le futur ?

Une bonne santé et que mon album pète (rires) ! »

© 2018 par Samuel Massilia.