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Gilbert Melki : "Je cherche l'audace et la nouveauté."

Le festival du premier film francophone de La Ciotat célèbre actuellement ses 40 ans dans la cour de l'Eden et au cœur de la plus ancienne salle de cinéma au monde encore en activité. Le berceau du septième art allume une nouvelle fois les projecteurs sur la naissance des cinéastes de demain, sous le regard avisé et bienveillant d'un jury exceptionnel, dont fait partie le comédien Gilbert Melki. Rencontre.


© Andrea Ciccale

« Gilbert, vous êtes membre du jury pour cette 40ème édition du Festival du film à La Ciotat. Quelle résonance a pour vous la salle de l'Eden théâtre ?

Les couleurs de salle sont belles, on est bien assis et c’est important de l’être. Je ne savais pas que c’était la plus ancienne salle du monde, ça rend l’endroit assez émouvant.


Ce festival met en avant les premiers films de réalisateurs et de réalisatrices. Qu’attendez-vous d’un premier long-métrage ?

Je cherche de l’audace, de la nouveauté, de l’originalité, de la provocation. J’ai envie d’être emporté par un film et si en sortant de la salle je mets une demi-heure à m’en remettre, ça signifie que j’ai reçu un choc de cinéma, et c’est ce qui m’importe le plus.


Avez-vous le souvenir d’une grande émotion vécue dans une salle ?

Dernièrement, il y a eu des projections à Paris d’une sélection de films présentés au dernier festival de Cannes. J’ai vu L’Enlèvement de Marco Bellocchio et j’ai reçu une grosse claque. J’ai été emporté par l’histoire de ce gamin juif qui a été enlevé par le Pape parce qu’il avait été béni par accident par une femme de ménage qui travaillait dans une maison juive. En grandissant, cet enfant a toujours pensé à sa première religion, sans jamais renier le Christ. Il y a quelque chose de viscéral et de très fort dans l’engagement du réalisateur et des acteurs. Ce film est un chef-d’œuvre.


Pour conclure cet entretien, auriez-vous une réplique de film à me délivrer ?

Je vais vous parler de Légitime violence de John Flynn. Dans les années 70, le cinéma américain faisait beaucoup de films sur les prisonniers de retours du Vietnam. Ce film, c’est l’histoire de deux prisonniers qui, après sept ans de captivité, reviennent au Texas et sont accueillis avec des fanfares, comme des héros. Le personnage de Tommy Lee Jones retrouve sa femme et elle lui annonce qu’elle a couché avec un autre homme. Il lui dit : « Mais tu ne portes pas de soutien-gorge ? » Et elle lui répond : « Tu sais, c’est la mode maintenant. » Cette réplique m’a fait rire et elle s’est inscrite dans une période seventee’s, hippies où les femmes avaient envie de se sentir libre. »

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