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Thierry Neuvic : "Clint Eastwood et Guy Ritchie ont fait partie de mes héros d’enfance."

Il a une voix, un regard, une allure. Thierry Neuvic capte à nouveau l'écran dans La Recrue, dès ce soir sur TF1. Dans la peau d'un capitaine de police, il va jouer la carte de la transmission auprès des nouveaux visages de la fiction française. Artiste complet, Thierry Neuvic transporte, une nouvelle fois, le téléspectateur par sa capacité à transmettre la fragilité, la force et la vulnérabilité de ses personnages. Rencontre.



« Thierry, vous êtes à l’affiche de la nouvelle série de TF1, La Recrue. Quelle présentation feriez-vous du capitaine Vincent Béraud, votre personnage ?

C’est un flic assez intègre, il a le « défaut » d’être un peu rigide, bougon. Il a vécu un drame avec la disparition assez mystérieuse de son fils, adolescent. Vincent est dans une espèce d’inconnu. Du jour au lendemain, sa supérieure hiérarchique - qui est également sa compagne - va lui mettre entre les pattes un gamin, un voyou qu’il a arrêté et dont elle connaît secrètement l’histoire. Mon personnage va se confronter à une incapacité à communiquer, à échanger avec lui. Il ne le supporte pas car il représente tout ce qu’il déteste : le désordre. Tout est fait pour que l’entente ne soit pas possible.


Chaque personnage est bien dessiné, en plus des intrigues policières…

Pour moi, elles ne sont pas l’essentiel de la série. Ces intrigues sont là pour révéler les personnages et ces générations qui doivent s’entendre, se tenir par la main, que les uns apprennent des autres. Il y a une autorité de la part de la hiérarchie, mais tout le monde doit s’écouter. C’est comme ça qu’on avance le mieux.


Comment avez-vous travaillé avec cette nouvelle génération d'acteurs (Ethann Isidore, Andréa Lovitch, Ilian Bergala) ?

C’était très facile et enthousiasmant. Dans ma vie courante, j’ai des rapports avec toutes les générations. Je suis enchanté quand une nouvelle génération arrive avec ses codes, ses méthodes, quand ils me surprennent et qu’en même temps, ils soient capables d’écouter. Ethann est par exemple semblable à son personnage (Kevin Lorin) en termes d’énergie, de vivacité, d’espièglerie et de drôlerie.



Quelle partenaire de jeu est Judith El Zein (commissaire Trinquant) ?

On s’entend très bien. Nous sommes des travailleurs, on échange beaucoup, on lit chacun de notre côté, puis on s’appelle, on se voit pour discuter et faire des propositions sur des petites variations dans les textes.


Qu’en est-il du couple entre la commissaire et le capitaine ?

On ressent un réel amour, mais ils ne sont pas au même endroit, au même moment. Elle a ses failles et lui ses blessures. Le temps fera peut-être son travail. En tout cas, quelle que soit la forme que prend leur couple, ils sont ensemble, main dans la main. Entre eux, il y a un respect, de la bienveillance, de l’incompréhension (parfois, on ne dit pas tout pour protéger l’autre) et du sourire, même quand ils s’engueulent.


Les Landes et le Pays basque ont été votre terrain de jeu. Quelles images vous reviennent du tournage ?

Je connaissais déjà pour y avoir travaillé. J’aime cette nature puissante, cette roche, ces vagues, cette météo changeante dont on dépend. On peut avoir les quatre saisons en une seule journée. Dans la série, on voit bien la beauté de ces paysages, notamment avec les images de drone survolant la mer, ce qui en fait presque un personnage.



Le grand public vous connaît pour vos rôles à la télévision, au cinéma et au théâtre. C’est d’ailleurs sur les planches que vous avez débuté...

En effet, je ne voulais être que sur scène à ce moment-là ! J’y voyais un rapport direct et d’honnêteté. Il n’y a pas à tricher, on est artiste sans filet. J’avais une espèce de désir exclusif avec cette méthode de jeu, jusqu’à découvrir des projets extraordinaires à l’image, d’y prendre goût et de moins faire de théâtre. C’est un endroit où je reviendrai dès que je le pourrai. J’ai beaucoup de respect pour le spectacle vivant et j’ai envie de protéger absolument le théâtre, sinon on va tous finir enfermé chez nous avec des images et du virtuel. La communion devant le vivant est hautement importante, elle est à préserver.


Au théâtre, vous avez joué de grands auteurs, de grands textes, dont Cyrano de Bergerac avec une troupe en Italie…

Tout à fait. Je devais avoir 25 ans… Je jouais Cyrano dans toutes les villes d’Italie, des plus beaux théâtres aux salles des fêtes. C’était extrêmement formateur. Ça a développé cette notion du travail en commun, que ce soit sur une scène ou un plateau de tournage. On jouait à l’ancienne, à la roulotte. Le matin, on arrivait pour faire les implantations lumière, puis on montait les décors, préparait les costumes, les maquillages, réparait les accessoires. On faisait ça tous ensemble.


Quelle sensation ressentez-vous dans le jeu sur scène ?

Quand je jouais au théâtre de Chaillot, il fallait jouer pour le rang tout en haut. À l’image, un clignement d’œil va en dire beaucoup, mais sur scène, le spectateur tout en haut ne le verra pas. Ce sont, à chaque fois, des méthodes de jeu différentes. On peut plonger dans la grande joie ou dans le désespoir si on se rate ou si ça ne réagit pas et qu’on vit un bide, ce qui est raide. Au théâtre, on est face to face, comme on dit.


À l’écran, en plus de votre parcours dans la fiction française, vous avez tourné pour les caméras de Clint Eastwood et Guy Ritchie. Que gardez-vous de ces expériences ?

Une espèce d’exotisme. Clint Eastwood et Guy Ritchie ont fait partie de mes héros d’enfance. Je revois Clint Eastwood devant une scène qui ne tourne pas comme il le souhaite. Il est revenu avec son Stetson sur la tête et on le voyait comme un cow-boy tournant autour de nous avec son charisme, ça a réveillé tout le monde ! J’ai vu un homme de plus de 80 ans s’énerver contre une scène qui se passait mal dans l’océan quand on était à Hawaï. Il a fait tomber le t-shirt et il est parti à la nage pour prendre tout en main. Pareil avec Guy Ritchie, ça représentait quelque chose pour moi de tourner avec Robert Downey Jr, mon Marvel préféré (Iron Man). C’étaient des expériences extraordinaires, c’est chouette sur un CV (rires). Mais je ne m’attache pas spécialement aux noms, je peux vivre des expériences pareilles avec un total inconnu !


Quels sont vos prochains projets ?

Je tourne actuellement pour France Télévisions une mini-série qui s’appellera Made In France. L’histoire d’un trio amoureux dans des milieux sociaux différents. Mon personnage est garagiste en banlieue, à Montreuil et face à lui, il a un univers de grand luxe, la mode parisienne. Ensuite, je vais faire la 8ᵉ saison de Sam pour TF1. Et à la rentrée, j’ai un projet de fiction, mi-saga familiale, mi-polar. De mon côté, je développe et initie d’autres projets.


Pour conclure cet entretien, auriez-vous une citation fétiche à me délivrer ?

« Tu vois, le monde se divise en deux catégories, ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses. (Rires) »

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