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Amæ : "Chaque titre est un petit bout de moi."

Photo du rédacteur: Samuel Massilia
Samuel Massilia
il y a 10 minutes
4 min de lecture

Le matin, elle se levait avec de la musique à la maison, « mes parents adorent en écouter et aujourd’hui, ce sont mes plus grands fans » annonce Amæ dont le premier EP invite à découvrir un univers à la pop française et aux influences rock électro. Des échecs amoureux aux relations toxiques, sans oublier d'ouvrir son cœur et d’aimer, malgré tout, Amæ nous affirme que « nous sommes faits de plein d’émotions, de situations et de vécus différents, réunis en un seul être. » Rencontre.

© Manon Duval
© Manon Duval

« Amæ, ton premier EP Décousue est disponible sur toutes les plateformes de streaming. Quelle a été l’étincelle de départ ?

Il y a d’abord mon amour pour la musique et la composition. Cet EP a été fabriqué pour trouver mon public et affirmer le style vers lequel je me dirige. Ces chansons ont été faites au fur et à mesure, sans penser les intégrer dans un EP. Je faisais des reprises sur les réseaux sociaux (Instagram et Youtube) et j’ai sorti deux singles sur les plateformes. Il n’y avait pas encore de projet d’EP derrière. Maintenant, j’ai dix autres chansons prêtes et elles attendent de pouvoir sortir (rires).


Pour toi, quel est le fil rouge qui relierait les 4 titres de cet EP ?

Ma vie amoureuse ! (Rires) Chaque titre est un petit bout de moi. Je suis une amoureuse de l’amour et pour cet EP, j’ai sélectionné mes quatre chansons préférées, celles qui me paraissaient être les plus cohérentes. Pas mal de mes chansons viennent sans que je cherche à les écrire. Le plus compliqué n’est pas de trouver le texte - l’écriture est un exutoire - mais de les exposer au monde extérieur. D’ailleurs, il y a des choses que je ne partagerais jamais.



L’EP s’ouvre avec Coup d’un soir, ton dernier single. Qu’avais-tu envie de raconter derrière ce titre volontairement direct ?

Je ne voulais pas passer par quatre chemins. Ce titre parle du rejet et des amours passagers. La sexualité est en général assez diabolisée, surtout quand ça vient des femmes. J’ai eu des expériences compliquées avec des hommes qui refusaient de connaître ma vie passée. Je veux simplement dire que c’est ok d’aimer quelqu’un qui ne nous aime pas, que c’est ok de s’attacher trop vite et que c’est aussi ok de rencontrer des gens, d’avoir des aventures et de ne plus les revoir après.


À l’origine, ce morceau reposait sur un violon et un piano-voix, puis a évolué vers une production plus pop et électro-rock. Qu’est-ce qui a conduit à transformer son habillage musical ?

La version originale est importante pour moi. Je l’ai écrite sur le piano qu'avait composé mon ami Elliott Lefaucheux, mais je ne voulais pas qu’on la découvre avec cette façade un peu triste et nostalgique. On les retrouve déjà dans les paroles. La composition instrumentale n’avait pas besoin d’alourdir le sens de la chanson.



Construire un premier projet en indépendant, ça implique quoi au quotidien, dans sa fabrication ?

Le premier challenge a été de trouver mon équipe. J’ai testé plusieurs beatmakers et arrangeurs, mais ça ne le faisait pas. C’était un investissement financier. Puis j’ai fini par trouver Will Perez à l’arrangement. Faire un EP en indépendant, ça implique beaucoup de sacrifices. C’est dépenser de l’argent qu’on ne mettra pas de côté pour acheter une maison, par exemple. Toutes mes économies passent dans mon projet et je le vois comme un investissement.


Comment la musique est entrée dans ta vie ?

Je chantais tout le temps dans la cour de l’école, je me déguisais en star pour le carnaval et je voulais monter sur ma scène imaginaire. Mon amour pour la musique a réellement commencé avec mon apprentissage du piano. Je suis tombée amoureuse de cet instrument et je ne l'ai jamais arrêté. Je devais avoir neuf ou dix ans. Sans le piano - qui demande moins de pudeur - je n’aurai pas eu le courage d’y poser ma voix.


© Manon Duval
© Manon Duval

Tu as fait un an de formation au Dalida Institute à Aix-en-Provence. As-tu gardé un conseil, une phrase ou une rencontre qui continue aujourd’hui de t'accompagner ?

En fin d’année, alors que mon envie de me démarquer prenait trop de place sur la personne que je voulais être, on a fait une masterclass avec Mosimann. Il nous a dit : « Le plus important pour un artiste, c’est l’alignement. » À partir de là, on ne peut faire qu’une musique qu’on aime. Cette rencontre m’a marqué. Il m’a fait beaucoup réfléchir. D’ailleurs, je me suis fait tatouer 222 sur le poignet, ce qui signifie l’alignement.


Tu as également fait trois mois de tournée avec l’orchestre Heptagone. Cette expérience t’a aidé à cultiver ton approche de la scène ?

Oui. J’étais encore un « pioupiou » (rires). J’ai appris à aimer la scène. Quand je suis en orchestre - donc sur des reprises - je peux être plus libéré. Quand ce sont mes compositions, je vais avoir un rapport plus intime à la scène. Livrer une partie de moi au public est un exercice beaucoup plus complexe que de chanter un morceau qui n’est pas de moi.


Pour conclure cet entretien, aurais-tu une citation fétiche à me délivrer ?

Il n'y a jamais d'échec. »

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© 2021 par Samuel Massilia.

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