Anaïs Aidoud, le comique facile !

Ils sont plus de 20 000 à suivre son quotidien sur son compte Instagram, Anaïs Aidoud a le don du divertissement mais aussi et surtout de la création. Véritable couteau suisse de la culture, Anaïs utilise tous les moyens pour s'exprimer. Rencontre avec Anaïs Aidoud, le comique facile !


© Stevens Fievet

« Tu fais tes premiers pas au théâtre avec la pièce Les Pas Perdus. Quels souvenirs en gardes-tu ?

J’ai joué dans cette pièce grâce à Jean-Yves Lafesse que j’ai rencontré dans la rue et c'est grâce à lui que j’ai tout arrêté pour faire du théâtre. Il m’a présenté Philippe Peyran-Lacroix, qui a une école de théâtre, et c'est avec ce metteur en scène que j’ai joué dans Les Pas Perdus. C'était ma première fois au théâtre et je me suis dit que c'est ce que je voulais faire de ma vie. J'ai incarné une nettoyeuse de gare, naïve et drôle. Je pense avoir le comique facile (rires).


Après cette pièce, tu poursuis dans Dieu dans les yeux mais c'est avec ton propre spectacle Coup de Folie que tu te fais connaître...

Au départ, je ne l'ai pas écrit sur le ton de l'humour. C'est l'histoire d'une fille qui veut devenir écrivain. Sur l'île de Saint-Louis, elle rencontre des personnages qui souffrent de la solitude. Le fond est triste, mais les personnages sont attachants et font rire. J'ai joué une bourgeoise, une Parisienne, une Antillaise... J'écris des choses sincères, et j'y ajoute des personnages hauts en couleur pour ajouter l’humour. C'était la mode du stand-up, je suis restée sur les personnages et j’ai trouvé un public pour ça. Il faut faire ce qu'on a envie. Le plus dur est de monter sur scène, surtout en solo, pendant une heure.


© Stevens Fievet

Sur ton compte Instagram, tu partages ton quotidien avec des vidéos très drôles...

C'est un moyen de raconter plein de choses sur le ton de l'humour. Avec l'humour, on peut faire passer beaucoup de messages. Faire rire, ce n'est pas toujours facile. Petit à petit, il y a des gens qui suivent notre univers.


Pendant le confinement, j'en ai fait pas mal et ça m’a fait un bien fou d'avoir un lien avec l'extérieur et de faire rire les gens. Dans ma vie quotidienne je ne me prends pas la tête, je pense que pour poster des vidéos sur Instagram il ne faut pas trop se la prendre (rires). Dès que j’ai une idée qui me vient, je la tourne et je la poste.


En 2015, tu proposais en duo des pastilles humoristiques Brèves de pétasses sur le net...

Fred Testot, Thomas Plessis et Ahmed Hamidi ont créé la Dim Sum Academy. On écrivait des sketches et on les tournait avec Dailymotion. C'est une série que j’ai faite avec une de mes cousines, Violette de Gastines, ça partait sur des caricatures des Parisiennes.


Toujours dans le format vidéo, on a pu te retrouver en compagnie de Daniel Auteuil...

Il avait besoin de faire un peu de promo pour la pièce de théâtre Nos Femmes. Plutôt qu'une promotion basique, je lui ai proposé de faire des vidéos rigolotes sur une journaliste qui ne le connaît pas. Il a trouvé ça amusant et on la fait.



Quels sont tes futurs projets ?

À partir de septembre je monte une scène ouverte littéraire pour permettre à des écrivains de venir présenter leurs romans. Ça va s'appeler « La voix des autres » et ce sera tous les lundis à 20h, au théâtre Le Lieu, dans le 9ème à Paris. Nous manquons de temps pour lire, cette soirée sera un shot de lecture, d'histoires... J'espère en voir fleurir d'autres.


Aurais-tu une citation fétiche à me délivrer ?

"La poésie est partout et pas que dans les poèmes" de Dany Lafferière.


Que peut-on te souhaiter pour le futur ?

J'ai pris une année pour m'occuper de ma fille. J'ai envie de me replonger dans l'écriture, terminer un roman que j’ai commencé, retravailler mon spectacle, le plus dur est de redémarrer la machine et j'espère qu'elle redémarrera sans difficulté. »

© 2018 par Samuel Massilia.