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Clémence Rochefort : "Être heureux avec gravité."

  • Photo du rédacteur: Samuel Massilia
    Samuel Massilia
  • il y a 3 heures
  • 3 min de lecture

Elle développe un travail artistique centré sur l’humain, ses fragilités et ce qui se joue dans les liens invisibles entre les individus. Que ce soit par l’écriture ou par le jeu, Clémence Rochefort s’attache à raconter ce qui ne se dit pas toujours : les émotions retenues, les déséquilibres intimes, les traces laissées par les épreuves. Avec Le domino des souffrances, elle poursuit une écriture sensible et sobre, attentive aux répercussions silencieuses de la douleur sur l’entourage. Son regard évite le spectaculaire pour privilégier la justesse, laissant au lecteur l’espace nécessaire pour ressentir plutôt que comprendre. Rencontre.


© Sylvie Lancrenon
© Sylvie Lancrenon

« Clémence, ton deuxième livre, Le domino des souffrances (Le Lys Bleu) est disponible dans toutes les librairies. Quelle a été l’étincelle de départ ?

J’ai observé dans plusieurs familles, notamment celles de mes amis, qu’elles pouvaient souffrir d’une situation qui ne les concernait pas directement, soit par la maladie d'un frère ou d’une sœur, soit par un handicap ou un traumatisme. Voir leur trajectoire de vie changer m’a intéressé. Le terme « Domino » signifie que tout le monde peut être impacté.


Ton roman pose une question centrale : peut-on être heureux quand un proche ne l’est pas ? As-tu trouvé une réponse en l’écrivant ?

Oui, et je le dis dans le livre : être heureux avec gravité. Je retiens que de connaître le bonheur après avoir vécu une tragédie peut apporter une sensibilité et une empathie chez soi. Parfois, il y a l’insouciance de l’enfance qu’on ne voit pas et c’est plus tard qu’on se rend compte de l’impact. À la fois dans notre manière d’être avec les autres, en étant par exemple plus effacé ou timide.


As-tu le souvenir d'une première émotion devant une œuvre littéraire ?

Bonjour tristesse de Françoise Sagan m’a complètement remuée. Elle avait une écriture frappante, fluide, sans détournement et en même temps, très recherchée. La personnalité de cette femme m’a marquée. Mais quand je la lisais, je ne me disais pas que j’écrirais plus tard et que je serais publié un jour (rires). Parce que j’ai plutôt ce caractère de me dire que ça ne marchera pas… tout en y allant quand même !



Avant de faire le Studio Pygmalion, tu as fait une école de journalisme…

Oui. C’était plutôt rassurant de faire ces études-là avant de me lancer dans la comédie. Peut-être que j’aurais été trop jeune si j’avais commencé le théâtre à 18 ans. Il faut quand même être prêt pour faire ce métier. Et puis, c’est en école de journalisme qu’on m’a dit que j’écrivais bien. C’est aussi dans cette école que j’ai eu l’idée de réaliser deux documentaires. Un sur les kiosques à journaux au moment de l’arrivée de l’application Cafeyn sur nos écrans et un autre sur les bouquinistes lors de la polémique sur leur disparition durant les JO. Ils sont d’ailleurs toujours disponibles en replay sur la chaîne TV5 Monde.


Qu'as-tu appris au Studio Pygmalion ?

Le rapport au corps et l’importance de l’élocution, au théâtre notamment. J’ai appris toute une technique qui me permet de faire travailler l’imaginaire, mais il faut une base de travail pour faire ensuite jouer la fantaisie. J’ai aussi appris à garder ma singularité ; ma voix. Parfois, on pense que j’ai un accent belge ou suisse ! Je trouve ça marrant. Il faut garder ce qu’on est.


Quels sont tes prochains projets ?

Je prépare un seul en scène, La fille de Don Quichotte mis en scène par Valentin Morel.


Pour conclure cet entretien, aurais-tu une citation fétiche à me délivrer ?

« C’est à peu près ce que l’on s’était dit quand j’étais petite. »

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© 2021 par Samuel Massilia.

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