Anthony Joubert, saison 2 !

Découvert en 2008 dans le télé-crochet « Incroyable Talent » sous le nom de William de Fly, Anthony Joubert conquis le public et les membres du jury notamment Gilbert Rozon qui le produira avec « Juste pour Rire ». Il remplit alors les salles de France et devient chroniqueur chez Morandini, lui qui rêve un jour d'animer sa propre émission. Star des réseaux sociaux, il cumule plus de 11 millions de vues sur Youtube et 100 000 fans sur Facebook. Aujourd'hui, il continue sa tournée hexagonal à travers son spectacle « Saison 2 ». Rencontre avec Anthony Joubert, saison 2 !

« En 2008, vous avez effectué vos premiers pas sur la scène de « La France à un Incroyable Talent ». Vous avez cartonné et encore aujourd'hui, on vous en parle. Quels souvenirs en gardez-vous ? Comment avez-vous passé le casting ?

En effet, on m'en parle encore aujourd'hui. C'est un très beau souvenir, j'aime les belles histoires. Il faut savoir que j'étais à la rue après le décès de mes parents. Je n'avais plus rien à cette période-là. Et on m'a appelé pour faire cette émission. J'ai fait le casting au Quai du Rire et je me suis fait passer pour un chanteur. J'ai mis une perruque à ma maman, un pantalon de mon père et une écharpe. Je suis monté à Paris et j'ai vécu une standing ovation de la part du public alors que je pensais faire rire que les copains. Je ne m'attendais pas du tout à ce succès avec une chanson ridicule, écrite en dix minutes.

Comment avez-vous vécu les coulisses de ce télé-crochet ?

Dans les coulisses, je faisais le con (rires) car je ne pouvais pas m'entraîner à chanter. Il y a des cadreurs qui me demandaient mon talent, et je leur ai répondu que je jongler avec des chiens nains (rires). Le cadreur voit que je me moque un peu de tout le monde, il me met un micro et me suit. Et c'est le producteur de l'émission qui voit ses images et me propose de faire les deuxièmes parties de l'émission avec Jérôme Anthony. Tout a commencé à partir de ce moment-là.

Jérôme Anthony et Anthony Joubert en deuxième partie d'Incroyable Talent

Les membres du jury ont été conquis par votre prestation sauf un. Que vous a-t-il dit ?

Oui, c'était Patrick Dupond. Ce n'était pas méchant, je pense qu'il n'a pas vu le second degré. Il me posait des questions et je répondais en décalé. Cette partie-là était en improvisation, ce qui a plus à Gilbert Rozon.


Aujourd'hui, quel regard portez-vous sur cette émission assez décrié en ce moment ?

Je pense que ce n'est pas l'émission qui doit être pointée du doigt mais le manque d'autres émissions où les artistes puissent s'exprimer. Aujourd'hui, il n'existe que « La France à un Incroyable Talent ».


Votre prestation et votre cinquième place dans cette émission vous ont-ils donné accès à d'autres projets ?

Totalement. Gilbert Rozon m'a produit avec « Juste pour rire » et j'ai enchaînais un peu partout en France. Les salles se remplissaient et avec le peu d'argent que j'ai eu, j'ai acheté la maison de mes parents. Je le dois au rire du public.

L'émission « On ne demande qu'à en rire » sur France 2 vous a ouvert ses portes. D'habitude, c'est plutôt des inconnus qui participent à ce programme. Est-ce que vous y êtes allé avec une certaine aisance de la scène et connaissance de l'humour ?

Quand j'ai fait cette émission, c'était pour rejoindre des potes. J'avais envie de la faire et de prendre ce danger que je n'avais pas forcément à prendre. J'étais sûr que j'avais des choses à apprendre là-bas. Pas mal de personnes n'ont pas compris cette décision, mais j'avais besoin de me mettre en danger. Mon accent n'a pas été très bien vu et je ne sais toujours pas comment ils ont fait pour me garder. Je n'arrivais plus à m'amuser. Je voulais séduire le jury, mais si on ne s'amuse pas, on ne peut pas amuser les autres.

Avez-vous ressenti une forte pression avant chaque prestation ?

Un pote m'a fait une remarque. J'étais dans un café et j'ai reçu un message comportant mon sujet. Et quand tu le reçois, ton regard change, ton rire tombe. Je suis parti écrire. Ça te bouffe une grosse partie de t'as vie.


Combien de passages avez-vous fait ? Quelle est la meilleure note que vous ayez obtenu ?

J'ai dû faire 36 passages où j'ai souffert tout le long. Lors de ma dernière prestation, j'ai obtenu ma meilleure note avec un 90 sur 100. Et c'est tombé le jour où le jury m'a annoncé qu'il s'était trompé sur moi et qu'il m'avait enduit en erreur.

Quel est le meilleur conseil que l'on vous est donné ?

Le meilleur conseil que j'ai pu recevoir m'a été donné par Gilbert Rozon. En demi-finale, où j'avais un peu merdé, il me dit que la télévision française est devenue américaine. À l'époque, si au bout de dix secondes, il n'y avait pas de rire, on zappait. Aujourd'hui, c'est au bout de trois secondes. Il faut être efficace et maintenir les gens.


Vous avez été chroniqueur chez Morandini sur Direct 8. Avez-vous des envies de télévisions ?

J'aime bien la télé et ce monde même s'il est difficile d'accès. Mais j'aimerais bien en refaire après un long moment d'arrêt car j'étais assez fatigué. C'est un métier qui demande d'être toujours au top. C'est pour ça que quand je vois l'équipe de Camille Combal par exemple, je me dis qu'il faut vraiment avoir le moral. Pour l'instant, tout s'est un petit peu fermé, car je me suis plus concentré sur les vidéos et le spectacle. J'aimerais bien animer une émission mais on ne me l'a jamais proposé à cause de mon accent. Il n'y a qu'à voir pourquoi dans « Plus belle la vie » il n'y pas de Marseillais. Et pourtant, les plus belles histoires sont celles de Fanny, Marius et César.

Vous comptez plus de 11 millions de vues sur Youtube et plus de 100 000 fans sur Facebook. Quand est-ce que vous avez compris que votre humour était lancé ?

Sur Facebook, je compte 40 millions de vues sur l'ensemble des vidéos. Ce n'est pas grand chose par rapport à des Youtubeurs comme Norman. Je suis assez content quand même (rires). Mon humour était lancé au moment où j'ai compris qu'il fallait être dynamique. Quand tu fais une vidéo, il faut penser à tout le monde parce que tout le monde ne va penser qu'à lui. Souvent, on me souligne ce que j'ai pu oublier sauf que je ne peux pas forcément tout dire en une seule vidéo. Quand les gens écrivent une critique constructive, je prends le temps de la lire. Tout ce qui est constructif, c'est bon à prendre.

Des personnes vous ont-elles déjà critiqué en face après vous avoir insulté sur le net ?

Ça ne reste qu'au-delà du web. Les mecs se sentent forts derrière leur ordinateur. Ils se sentent doués. Et moi, je rêverais d'animer une émission dans ce style avec un gars qui m'a critiqué et d'aller sonner chez lui pour voir sa réaction en direct.


En 2010, vous avez écrit une chanson pour le club d'Arles-Avignon, votre club de cœur. Six ans après, vous faîtes un morceau pour l'USAM, club de handball à Nîmes. Comptez-vous faire une musique pour le vestiaire de l'OM ?

En effet, j'ai une chanson en tête. Mais j'ai un manque d'envie pour l'instant car je n'ai pas grand chose à dire. Ils m'ont démotivé à écrire et j'attends de voir la suite. Le site « Le Phocéen » me suit beaucoup et j'ai été vexé de ma vidéo après OM-Guingamp. J'ai eu beaucoup de commentaires très négatif sur cette vidéo. Que ce soit René Malleville ou Bengous, on fait ça, car on aime le club. Je vais continuer à en faire, ils ne m'arrêteront pas. Je vais juste essayer de trouver le bon angle.

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