Baba Rudy : "La paternité, on ne sait jamais vraiment si on est prêt."

Son énergie ne le quitte pas, même une fois la représentation terminée. Baba Rudy a l'ADN de la scène et son nouveau spectacle au titre éponyme ouvre les portes de son intimité. Chez Rudy, on se sent bien, à l'aise, comme à la maison. C'est le vieux pote qu'on n'a pas vu depuis longtemps et qui a plein d'histoires à nous raconter.



« Rudy, j'ai eu la chance de voir ton nouveau spectacle au café-théâtre de La Fontaine d'Argent. Quelle a été l'étincelle de départ de ce nouveau seul en scène ?

J'ai eu envie de raconter toute l'histoire de ma vie : de ma rencontre avec la mère de mes enfants à comment je suis devenu père. J'ai remarqué qu'il y avait beaucoup de choses qu'on ne disait pas sur la paternité. On ne s'est jamais vraiment si on est prêt... Quand ma première fille est née, j'avais une date de prévue pour mon premier spectacle et je devais le rejouer quinze jours après sa naissance. J'ai prévenu tout le monde que d'ici-là, je reviendrais avec un nouveau spectacle. Ils m'ont tous demandé s'il était écrit, j'ai répondu non (rires). J'aime bien me faire des challenges comme ça, sinon je n'avance pas.


Le puits de sketchs devait être bien rempli...

Complètement. J'ai gardé vingt minutes du premier spectacle puis j'en ai rajouté quarante-cinq nouvelles en deux semaines. Pour te dire, depuis que j'ai ma deuxième fille, je pense au troisième spectacle. Dès que je suis en panne d'inspiration, je fais un gosse (rires).


Ton spectacle a un fil conducteur et laisse aussi place à quelques instants d'improvisation...

Des artistes ont une grande part d'impro dans leur spectacle, moi je n'en ai pas. Je me laisse une dizaine de minutes pour improviser avec le public. Mais j'essaie de ne pas trop en faire sinon ça peut durer très longtemps. Une fois, je me suis lâché et ça a duré deux heures et quart. C'était beaucoup trop long (rires).


La fin du spectacle est touchante quand tu concilies musique et humour...

Avant d'être humoriste, j'étais musicien. J'ai toujours aimé jouer d'un instrument, du piano, de la guitare, du ukulélé et du violon vite fait. La musique fait partie de ma vie, j'en écoute toute la journée.