Carla de Coignac : "Rien ne dure, tout est éphémère."
- Samuel Massilia

- 27 nov. 2025
- 4 min de lecture
Dans ses chansons comme dans ses textes, l’amour, le désir, les blessures et la renaissance deviennent des paysages intimes qui parlent à toute une génération. Ses mots ont la couleur d’un souvenir, la texture d’une cicatrice, l’odeur d’un début de romance. On retrouve dans la voix de Carla de Coignac ce qu’elle décrit de son enfance : un espace où l’imaginaire prenait parfois le dessus sur le réel. Rencontre.

« Carla, ton nouvel EP, Confession, est disponible sur toutes les plateformes de streaming. Pour toi, quel est le fil rouge qui relie les sept titres qui le composent ?
Je dirai l’espoir, la rémission, la résilience et l’amour, bien sûr ! Je dévoile - en plus de mon livre - un journal intime aux personnes me connaissant ou non. La chanson Ils s’aimaient pour toujours, écrite pour mon chéri il y a trois ans pour la Saint-Valentin, a été le point de départ de cet EP.
Dans cet EP, on retrouve la chanson Peur de l’amour, une réécriture d’Another Love de Tom Odell. Pourquoi ce titre en particulier ?
Depuis deux ans, j’ai un concept Instagram où je donne une nouvelle identité à des tubes ayant fait l’unanimité. Je me les réapproprie. Another Love est tombé par hasard dans mes oreilles et lors de la première écoute, les paroles m’ont frappé et ont résonné avec une période de ma vie. À 16 ans, je vivais cette peur de ne plus pouvoir aimer et d'être aimée à nouveau après une rupture très compliquée. Aujourd’hui, j’ai 27 ans et j’y crois à nouveau. Une nouvelle personne m’a redonné espoir en l’amour.
Qu'incarnent les Fleurs sauvages quand tu les chantes ?
La flamme du début d’une relation, ce qu’on cherche toutes et tous à faire perdurer mais indéniablement, ça ne peut pas durer et, pour moi, c’est toute la magie d’un début de relation. Les fleurs sauvages représentent la fougue, le balbutiement d’une première rencontre, des débuts où il ne connaît pas encore toute notre garde-robe et où l'on peut imaginer des tenues. J’ai voulu les immortaliser dans une chanson, à défaut de pouvoir le faire dans la vie.

Récemment, tu as publié le livre Intime, de vous à moi, actuellement en librairie. Comment as-tu imaginé et créé ce concept artistique ?
Tout vient d’Instagram. Il y a quatre ans, alors que je n’avais même pas 10 000 abonnés, j’ai créé le concept Intime et ça consistait à développer un thème du quotidien (amour, deuil, confiance en soi, etc). Le lundi, on le choisissait avec mes abonnés puis toute la semaine je leur posais des questions en story et ils m’exprimaient leur point de vue. À la fin de la semaine, j’écrivais une chanson avec des mots imposés par mes abonnés. J’ai fait cet exercice pendant quelques mois, les gens étaient de plus en plus présents. Dans le livre, il y a six thèmes développés à travers mon prisme et celui de mes abonnés. J’ai aussi laissé aux lecteurs un espace de création pour apprendre à écrire des lettres, des textes, des chansons et ils peuvent se découvrir avec des questionnaires et des exercices d’écriture. C’est un concept interactif.
Tu dis que ta communauté te donne une force incommensurable. Quel a été le moment où tu t’en es le plus rendu compte ?
Durant cette période Intime, où j’avais moins d’abonnés, j’ai vu à quel point ils me ressemblaient. Ils ne me lâchaient pas et m’écrivaient au moins une fois par mois pour me dire : « Tu devrais être remboursée par la Sécurité sociale » (rires). À l’époque, j’avais beaucoup plus de temps pour faire des storys chaque jour et leur donner une forme d’espoir, d’envie et de motivation.

Page 16. Tu écris que « les rêves sont des fleurs qu’il faut nourrir. » Quel rêve, dans ta vie, a été le plus difficile à arroser ?
Je n’ai jamais vraiment rêvé, car j’ai très peur de la déception. L’espoir qui a été le plus difficile à arroser, c’est la rémission, la résilience de ma dépression à 16 ans. Je ne pensais pas pouvoir m'en sortir et retrouver la joie. Et puis, avec le temps, j’ai compris que rien ne dure, tout est éphémère.
Quelle place occupe, encore aujourd'hui, l'imaginaire chez toi ?
J’ai 27 ans et ça fait deux ans que j’ai enfin grandi (rires). Aujourd’hui, l’imaginaire me permet de m’échapper, de retrouver une insouciance précieuse, de rêver, d’écouter une musique et de m’imaginer être le personnage principal de mon film (rires). Et puis quand je vais sur Instagram ou Tik Tok, je peux découvrir des mondes extraordinaires, des personnes talentueuses et des imaginaires développés. Ça me nourrit aussi.

À sept ans, tu apprends la guitare à l’école de musique d'Alfortville. Qu’as-tu retenu ?
Pour être honnête, pas grand-chose ! (Rires) Mes parents voulaient qu’on touche à tout. On a donc fait de la musique, de la danse, de la gym, des arts martiaux. On a tout essayé ! Ma mère voulait absolument que je fasse de la guitare, et j’ai abdiqué (rires).
Quel exercice est l'écriture pour d'auteurs artistes ?
C’est fantastique. Je suis au service de l’imaginaire de quelqu’un d’autre, donc je suis complètement libre. Louane a une histoire pouvant s’apparenter à la mienne. Un jour, elle m’a demandé d’écrire une chanson sur sa maman. En la réécoutant (Sans ta voix), je me suis aperçue que, quelque part, elle m’a permis d’écrire sur ma mère alors que je n’y suis jamais arrivé.
Quels sont tes prochains projets ?
La priorité est le live, ça arrive enfin. On a ouvert une date le 8 avril au Solo, dans le 11ᵉ arrondissement de Paris. Cette salle me ressemble énormément avec ces fauteuils rouges et ces miroirs au mur. J’invite les gens à venir découvrir mon univers. Et puis, je réfléchis à mettre en place un nouveau projet pour 2026.
Pour conclure cet entretien, aurais-tu une citation fétiche à me délivrer ?
Est-ce que vous vous rendez compte de la chance qu’on a ? »







Commentaires