Isabelle Masson : "Un festival d'avenir dans un lieu historique."

Parce que le cinéma c'est la vie, La Ciotat allume les projecteurs, déballe son tapis rouge et fait défiler la pellicule pour célèbre le septième art et ses premiers films avec un programme cinq étoiles et des invités passionnants et passionnés. Munissez-vous de votre ticket pour vivre une expérience inédite et conviviale dans le plus vieux du cinéma du monde. La directrice du festival Isabelle Masson nous fait voyager avant le décollage d'un événement destiné à tous les amoureux de cinéma et curieux de naissance...



« Aujourd'hui démarre la 39ème édition du Festival du Premier Film Francophone de La Ciotat Berceau du Cinéma. Isabelle, comment le septième art va être fêté ?

Notre ville est à l’origine de la naissance du cinéma et notre ADN est bien sûr les premiers films. Ça a été un gros travail, toute l’année, de voir le maximum de premiers films francophones et de courts-métrages aussi. Le programme est divisé en deux. Il y a la partie compétition avec neuf courts et longs-métrages, ça donnera aussi l’occasion de voir des films sortis en salles et rester peu de temps à l’affiche, comme Sentinelle Sud, Bruno Reidal et Les Héroïques. Il y aura également des avant-premières dont le premier film de Noémie Merlant Mi iubita mon amour et celui de Slony Sow Umami. Et puis il y a toute la partie hors compétition avec une séance jeune public, aujourd’hui, du film d’animation Les voisins de mes voisins sont mes voisins. Il nous a énormément plu comme le film indépendant Poisson rouge fait avec trois bouts de chandelles et tout simplement merveilleux.


Un très joli programme sans oublier la table ronde autour du métier de scénariste. Une belle mise en avant pour ces conteurs d’histoires qu’on entend très peu…

Vous avez tout à fait raison. Depuis deux ans, on essaie de mettre en valeur un métier du cinéma. L’année dernière, on s’était intéressé au montage en invitant plusieurs monteurs. Cette année, les scénaristes sont à l’honneur avec Fadette Drouard et Maria Romano, deux grandes têtes du scénario. En France, on parle très peu de scénario, c’est pourtant la base du cinéma. On ne peut pas faire un bon film sans une bonne histoire.


La salle de l’Eden sera le théâtre des rêves. Au-delà d’être le plus vieux cinéma du monde en activité, qu’est-ce qui le caractérise ?

Quand on rentre dans l’Eden, on a ce sentiment d’histoires. L’ombre des frères Lumière est toujours là, en haut des balcons. C’est un cinéma très vivant avec des projections tous les jours. On est très fier de l’occuper pendant cinq jours pour ce festival d’avenir dans un lieu historique.


Le public se mélangera dans la salle obscure avec un jury cinq étoiles et présidé par Olivier Dahan…

Le président est très prestigieux. Olivier Dahan nous a fait l’amitié de nous dire oui. C’est un Ciotaden et il aime raconter qu’il a eu ses premiers émois cinématographiques à l’Eden lorsqu’il était enfant. Il avait également présenté son premier film lors d’un précédent festival du Berceau du Cinéma. Aujourd’hui, on le reçoit avec une carrière exceptionnelle et des films qui ont marqué l’espace francophone et au-delà, notamment avec son Oscar qui a rendu sa carrière internationale. Olivier Dahan sera présent avant la sortie de son long-métrage dédié à Simone Weil, c’est un très grand honneur de l’avoir comme président du jury.


La réalisatrice Mona Achache, connue pour Les Gazelles, sera là. Elle a rencontré beaucoup de succès avec son premier film Le Hérisson. Son troisième long-métrage Cœurs Vaillants est sur les écrans depuis la mi-mai. L’acteur et réalisateur Jérémy Banster sera également présent. Il a signé un joli premier film avec La Vie Pure. C’est un homme très connu du grand public pour ses rôles dans des téléfilms de France Télévisions.


Nous avons une très belle histoire avec Emmanuel Poulain-Arnaud. On l’a reçu pour son court-métrage Les Gracieuses puis l’année dernière pour présenter Les Cobayes en ouverture du festival. Entre-temps, il a sorti Le Test, une superbe comédie avec Alexandra Lamy et Philippe Katerine. L’acteur Zinédine Soualem fait aussi partie du jury, il a fait plus d’une centaine de films. Carole Franck nous rejoint également avec la réalisatrice Dorothée Sebbagh, elle présentera Malmousque, un court-métrage tourné dans la région. Ses sept personnalités vont donner une valeur bien particulière aux prix qu’ils décerneront.


Isabelle, avez-vous le souvenir de l’entrée du cinéma dans votre vie ?

Je devais avoir trois ou quatre ans (rires). Mon papa m’a emmené voir mon premier Walt Disney au cinéma. On m’avait dit de ne pas avoir peur, c’est du cinéma ! C’est vraiment un moment de partage. Beaucoup de gens ont pris d’autres habitudes en regardant des films sur les plateformes, mais même avec la meilleure installation du monde qu’on peut avoir chez soi, rien ne peut remplacer un grand écran et une salle de cinéma.


Pour conclure, un mot sur l'association La Ciotat Berceau du Cinéma ?

Elle a été créée il y a quarante ans, en 1982, par un groupe de passionnés. L’Eden était menacé et ils ont voulu créer un événement pour empêcher sa destruction ou qu’il devienne un immeuble, un parking ou un supermarché. Ce sens historique nous plaît à tous. »