Lola Dargenti et le porte-bonheur Indalo !

Chaque artiste est un peu comme un trésor fragile et incassable. Cette vérité est signée Lola Dargenti. De retour avec son album Indalo, sorti cette année après un gros succès au Québec et au Canada, Lola a gardé son sourire dans la voix et ses rires qui ponctuent ses phrases, ses pensées. Chaque chapitre de son parcours artistique raconte une histoire passionnante avec des palabras qui lui sont propres et qui drapent nos cœurs aux couleurs de la France et de l'Argentine.


© Rick Allison

Chez Lola, la musique est une affaire de famille. Le papa, compositeur pour le cinéma, berce sa fille sur les sonates de Mozart avant de la plonger dans l'univers de Barbra Streisand puis celui de Michael Jackson ou Whitney Houston.


Cet éclectisme est dans l'âme de Lola, comme dans celle de sa mère trop tôt disparue. Maman est sacrée pour Lola, à jamais dans son cœur et ses mélodies. « Née à Buenos-Aires, ma mère est venue en France à l’âge de dix ans. Elle s’est toujours sentie un peu déracinée. Elle était architecte mais elle avait aussi fait une carrière de chanteuse. Lors d’un voyage en Espagne, elle a découvert un symbole préhistorique, l’Indalo, représentant un petit bonhomme tenant un arc-en-ciel. Il était dessiné sur les façades des maisons pour protéger du mauvais œil, de la malchance. En rentrant de ce voyage, ma mère fabrique son propre Indalo et en offre un à mon père pour leur mariage, et plus tard à ma sœur et à moi. C’est un symbole d’amour, de protection, d’union, de chance. »


© Rick Allison

Ce symbole protecteur va accompagner les aventures de Lola dont l'enfance est rythmée par les cours aménagés de l’Ecole des Enfants du Spectacle : études le matin, piano, chant et danse l’après-midi. « Ma mère a décidé de nous mettre ma sœur et moi dans cette école. Ça nous a permis d’approcher différentes disciplines artistiques. Chaque fin d’année, les élèves présentaient un spectacle sur la scène du Paradis Latin. J’y ai découvert mon amour pour la scène et ce sentiment incroyable de partage avec le public. J’ai senti que j’étais à ma place. »


Ça tombe bien puisque la musique se fait une place chez Lola. Les débuts se font avec les précieux conseils de la figure paternelle : « Mon père a toujours voulu me protéger de ce métier parce qu’il le connaît. Il est difficile et exigeant. J’ai commencé par faire des chœurs en studio avec lui pour des pubs, des films ou des pièces de théâtre. Le long-métrage Iznogoud de Patrick Braoudé m’a permis d’avoir mon premier crédit comme artiste interprète, j’étais fière ! Dans le film, je chante L’Arrabiata, pendant qu’à l’image la chorégraphie est exécutée par tout le cast du film : Jacques Villeret, Franck Dubosc, Kad et Olivier, Sofia Essaïdi... »


S'en suivront d'autres projets tels que Le Démon de midi, Les Trois mousquetaires font du Cinéma, la pièce Dolores Claiborne d'après le roman de Stephen King...


© Rick Allison

Mais Lola a envie d’écrire et de chanter ses propres chansons. Après un premier album éponyme sorti en 2009 en auto-production, Lola choisit la figure rupestre des grottes de Mojacar pour baptiser son nouvel album : Indalo. Vous y retrouverez notamment La Libertad, une chanson aux sonorités latines qui invite « à n’être personne d’autre que soi ».



L'originalité de l’écriture et le charme de la voix vont taper dans l'œil (ou plutôt dans l’oreille) de Francis Cabrel. Petit coup de rétroviseur sur la genèse d'un rêve improbable devenu une réalité enchantée : « Un soir de Saint-Valentin, Rick Allison, avec qui j’ai travaillé et fait naître mon album Indalo, me propose de faire une surprise sur ma fan-page. Il pense à la reprise de la chanson de Cabrel Je l’aime à mourir par Shakira. De fil en aiguille, Rick me propose ensuite de tenter une adaptation espagnole de Je t’aimais je t’aime et je t’aimerai, du même Francis Cabrel. »


Si la marche paraît haute, Lola réussit avec brio la retranscription de l’âme de cette chanson, très vite saluée par Cabrel lui-même : « Ce n’est pas une adaptation mais une création. » Le mail est encadré dans la tête de Lola. « En relisant, je me demande si c’est réel. C’est tellement flatteur d’être associée à un artiste de la dimension de Francis. »



Si c'est le propre d'un artiste de tout le temps douter, Lola a dû sélectionner parmi cinquante titres, un choix très difficile mais une sélection soignée où chaque couplet nous invite dans le cercle Dargenti, comme en témoigne la très touchante reprise d'Un soir de pluie, hit des années 80 du groupe Blues Trottoir dont le compositeur était el padre : « Je voulais rendre hommage à sa carrière. Il était assez ému. »


Lola peut souhaiter le Bon Anniversaire de votre rupture sans haine ni rancune, mais avec douceur et nostalgie. Lola peut aussi s'inspirer d'Esmeralda et de ses danseuses qui parlent avec leur corps dans l'envoûtant Belle de Nuit. Ou encore prendre des Résolutions surprenantes...


En tout cas Lola, quand on écoute ton album, impossible de T’oublier