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Ludovic Louis : "La trompette est ma voix."

Trente ans après, le titre Human Nature de Miles Davis, en concert à Paris, reste un souvenir à jamais gravé dans sa mémoire. Depuis, Ludovic Louis accompagne sa vie en musique, trompette à la main, « le plus bel instrument du monde. » Rassembleur, Ludovic a fabriqué un deuxième album à la teinte positive, emprunté de nostalgie et nourrit au mouvement de la vie et à ses perspectives heureuses. Le bonheur est le sentiment qu'on ne peut qu'exprimer en écoutant les titres de Ludovic Louis, où le temps suspend et la vie se rallonge. Rencontre.


© Randy Gist

« Ludovic, ton nouveau single Give me song loving est disponible sur toutes les plateformes de streaming. Quelle a été l’étincelle de départ ?

J’avais un groove en tête, puis j’ai écrit la mélodie et eu envie de rajouter des paroles. C’est un titre festif, on aime tous recevoir et donner de l’amour, que ce soit à ses proches ou aux gens en général. Ça nous fait du bien.


Ce titre est un avant-goût de ton deuxième album If everything is written dans les bacs le 29 mars prochain. Pour toi, quel est le fil rouge qui relie les douze titres de l’album ?

Je le définirai comme un chemin de vie. L’album s’ouvre avec Sunrise, c’est le soleil qui se lève et dans la vie, on passe par des moments forts comme par des moments difficiles. Est-ce que, petit, j’aurais imaginé qu’un jour, j’allais jouer avec de grands artistes dans les plus belles scènes du monde, à vivre des moments magnifiques, à résider en Californie aujourd’hui ? Je ne le savais pas du tout.



Sunrise est l'un des premiers titres que tu as écrit pour cet album...

Oui. J’étais en Martinique à ce moment-là. Je suis né au Havre, sur la côte normande, avec la plage, la mer et le soleil. J’ai des origines antillaises et martiniquaises, où l'on a les plus beaux couchers de soleil au monde. Et Los Angeles est ouvert sur l’océan. C’est beau d’avoir la chance de pouvoir regarder un très joli lever de soleil, c’est très mélancolique aussi.


La comédienne Rossy de Palma s’invite avec la lecture d’un joli poème dans Le Temps

Au cours d’une discussion, je lui ai dit que j’adorerais la voir me proposer un poème pour mon prochain album. Et elle m’a répondu : « Mais oui, mon chéri ! Je te fais ça avec grand plaisir ! » Je la remercie encore, c’est un honneur de l’avoir sur cet album, ça me tenait à cœur.


Entre cinéma et musique, il n'y a qu'un pas pour toi. Tu as récemment enregistré les trompettes du film Babylon de Damien Chazelle. Comment s’est composée cette bande originale aux Studios Capitol, à Los Angeles ? 


De manière très naturelle. Damien Chazelle m’a appelé juste avant mes tournées pour m’annoncer qu’il travaillait sur un nouveau film. Il souhaitait m’avoir pour incarner le son du personnage de Sidney Palmer, interprété par Jovan Adepo. On a fait plusieurs call avec le compositeur Justin Hurwitz et je me suis retrouvé à enregistrer, en effet, certaines parties de trompettes. J’essayais d’adapter mon jeu par rapport à leurs indications. C’était assez incroyable pour moi de voir mes solos joués à l’écran par Jovan. Il a fait un super bon boulot, bravo à lui.



Tu as fait tes premiers pas de comédien sur la série The Eddy de Damien Chazelle sur Netflix. Ludo, ton personnage, est le trompettiste du club de jazz au titre éponyme. Il existe des similitudes dans la pratique de la musique et de la comédie ?

Pour moi, la plus grande similitude est la répétition de l’acte en lui-même. Quand j’enregistre un album, je vais faire plusieurs prises, je vais essayer de m’améliorer. C’est pareil avec le métier de comédien, quand on refait des prises, on essaie d’apporter quelque chose de différent à celle d’après. J’apprends mes textes comme j’apprends mes partitions.


© Randy Gist

Dans la musique, tu as connu dix années de collaboration avec Lenny Kravitz, d’autres avec les Black Eyes Peas, Camila Cabello ou encore Curtis Harding. Quelles images te reviennent des concerts, des dates de tournées ?

Pour notre première rencontre, Lenny Kravitz m’a invité chez lui à Paris, ce qui était quand même assez énorme ! C’est toujours plaisant d’avoir la confiance d’un artiste de ce calibre-là. On a fait quelques-unes des plus belles scènes au monde et il m’a permis de vivre un des plus grands moments de ma carrière jusqu’à présent : jouer un solo pour Messieurs Quincy Jones et Muhammad Ali à Las Vegas. J’ai vécu un moment particulier avec eux, devant le public. Ensuite, j’ai beaucoup appris sur les autres collaborations, en observant les différentes façons de travailler. Ça m’a permis de donner de l’eau à ma créativité.


Tu arrives toujours à garder une part d’émerveillement ?

Bien sûr ! On fait aussi ce métier pour ça. J’ai envie de te dire que je ne suis jamais blasé par ce qui peut m’arriver, parce que c’est tellement beau ! Que j’aille jouer dans une salle intimiste où je vais mieux voir les visages qui m’observent, ou jouer dans un grand festival devant 10 000 personnes, je serai toujours dans l’excitation, parce que le public va me donner une énergie différente. Dernièrement, j’ai joué dans ma ville, au Havre, et quand le promoteur m’a annoncé une salle complète, en plus d’avoir bougé la jauge, ça fait quelque chose de savoir que l’on vient pour t’écouter. Ce n’est pas anodin. Je n’ai jamais rien pris pour acquis.


Qu'as-tu appris lors de tes études de jazz à JUPO ?

Énormément. J’ai une petite anecdote. Un jour, je partais de chez moi, à vélo et la trompette sur le dos, pour mon cours à 16h. J’arrive avec cinq minutes de retard et Alain Loisel, mon professeur, m’a dit : « Tu vois, le train est parti à quatre heures, tu peux rentrer chez toi. On se voit la semaine pro. » Il ne rigolait pas du tout ! Cette rigueur, je l’ai mise en pratique. J’ai eu la chance de faire du jazz, de la musique latine, de jouer en groupe et de faire mes premiers concerts aussi. En fin d’année, chaque élève jouait durant une journée, devant la famille ou des amis. J’ai une photo qui traîne où l’on me voit à côté de mon professeur, je dois avoir huit ans, à l’occasion de mon premier concert devant du public (rires).


Pour conclure cet entretien, aurais-tu une citation fétiche à me délivrer ?

Il faut croire en soi et en ses rêves, parce que c’est ce qu’il y a de plus beau. »

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