Mathilda, la voie de la musique !

Le cinéma, la photographie et la chanson composent son univers musical. Mathilda a la veine artistique et parcourt bien du chemin depuis After Marianne. Pour composer, cette jeune artiste née sous le soleil pense beaucoup en termes d'images. Le côté cinématographique de ses clips témoigne d'une affection toute particulière pour le septième art où Mathilda à participer à faire vivre en musique le film Revenir de Jessica Palud. Rencontre avec Mathilda, la voie de la musique !



« Mathilda, ton nouveau titre Avalanche est un échantillon de ton prochain EP, un piano-voix en noir et blanc. Il y a une bonne ambiance…

J’avais écrit ce morceau pour une autre artiste-interprète qui cherchait des chansons ballades. Je ne savais pas que ce titre ferait partie de mon projet solo. Avec Augustin Charnet - qui travaille avec moi sur mes compositions - on a ressenti une évidence assez naturelle quand je chantais Avalanche. Et contrairement à d’autres chansons que j’ai laissées voler de leurs propres ailes, celle-ci, j’ai tenu à la garder. C’est une sortie assez symbolique.



La danse et la gymnastique ont rythmé ton adolescence. Tu ne t’ennuyais pas !

Je vois que tu t’es bien renseigné (rires). J’ai la chance d’avoir des passions, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. J’ai grandi dans une famille de sportif et à l’école, en sport études, j’avais des horaires aménagés. C’était gym tous les jours sauf le dimanche, et en parallèle, j’avais les cours de danse. La gymnastique et la danse sont intimement liées. Ensuite, j’ai eu une passion plus développée pour l’image, le cinéma, la photographie. Et puis la musique est arrivée…


À quel moment ?

J’ai toujours aimé chanter. Dans ma famille, personne n’est musicien. Mes grands-parents faisaient du théâtre. Mes parents, eux, sont très mélomanes et ma tante travaille dans la culture à Cannes, d’où je viens. J’ai évolué dans un milieu de spectacle. La musique, au début, ce n’était pas facile. Il faut le dire, j’ai une voix un peu particulière. Tu sais, à l’âge où on est un peu bête, je recevais pas mal de moqueries. La chanson a été un exutoire sur plein de sujets.


Je suis assez pudique au niveau de la voix et du chant. Je suis toujours très étonnée quand je reçois des messages très gentils sur les sorties de mes titres. J’ai un petit syndrome de l’imposteur mais inconsciemment, tous ces soutiens m’aident à prendre confiance. Je n’ai jamais pris de cours de chant par timidité. Par contre, j’ai pris des cours de basse pendant cinq ans. Et si on fait une petite analyse, la basse est un instrument incroyable mais qui a besoin de la batterie pour exister.



Pour monter sur scène, la timidité tu la mets de côté...

Exactement. J’ai eu la grande chance de faire de très belles premières parties comme Cali et Feu ! Chatterton. En ce moment, j’ouvre les concerts de Julien Doré dans des zéniths où il y a beaucoup de monde (rires). C’est un exercice génial et difficile. Le public ne vient absolument pas pour nous. On a tout à gagner. Dans les grandes salles et avec les lumières sur le visage, on voit mal les gens. Je vois à peu près la ligne du premier rang mais je ne vois pas du tout ce qu’il se passe derrière. C’est presque moins effrayant qu’une petite salle où tu devines tous les visages.


En parlant de visage, celui de Christophe est éternellement gravé dans ton cœur...

Il faudrait des heures et des heures pour lui rendre hommage comme je devrais le faire. Christophe était extraordinaire sur tous les points, d’une bienveillance et d’une générosité sans limites. Augustin a réalisé ses deux derniers albums de duos et j’ai eu le grand plaisir de partager son morceau Océan d’amour avec lui. Quand Christophe est parti, on s’est rendu compte qu’on était dans une relation d’un peintre avec ses élèves. Il nous a tellement appris. Je suis reconnaissante pour toute la vie. C’était une rencontre sublime.



On attend ton prochain EP avec impatience. À quoi doit-on s’attendre ?

Ce sera beaucoup moins romantique et dramatique que le premier Amore Sacro. Il est aussi plus hispanisant puisqu’on a eu la chance de travailler avec des musiciens andalous. Cet EP sera organique avec beaucoup d’instruments, il n’y a quasiment pas de prod électronique. On a enregistré avec de vraies batteries, un animal rare en studio. Il y aura aussi le titre Téhéran, une collaboration avec l’artiste Iranien Mohammad Moussavi (Moody son nom d’artiste). Avec Augustin, on entretient une relation avec lui depuis six, sept ans sur internet, sans s’être jamais réellement rencontrés. J’ai vraiment hâte de faire découvrir ce deuxième EP.


Une citation fétiche à me délivrer ?

Christophe disait toujours : « Le hasard est un don. »