Matilda Marty, visage de la nouvelle vague !

Fan des films d'auteurs et des comédies musicales, Matilda Marty plonge dans l'univers du cinéma en suivant une formation au Conservatoire d'Art Dramatique. De la comédie avec « A 2 heures de Paris » en passant par le drame dans « Versus », cette petite pépite du cinéma veut élargir sa palette de jeu pour jouer plusieurs rôles. Rencontre avec Matilda Marty, visage de la nouvelle vague !

© r_oss

« Pendant trois ans, tu as suivi une formation au Conservatoire d’Art Dramatique du 15ème arrondissement de Paris avant de partir sur dix ans de danse classique. Comment est née cette fibre artistique ? À l’âge de six ans, je savais que je voulais être comédienne. J’ai commencé mes premiers cours de danse quand j’avais cinq ans. Je regardais beaucoup de comédies musicales dont les films de Jacques Demy comme « Les parapluies de Cherbourg » et « Les demoiselles de Rochefort ». Ces films m’ont donné envie de faire de la danse et du chant même si je ne chante pas très bien (rires). J’ai fait dix ans de danse classique. Je faisais des petits cours de théâtre indépendant mais je me suis inscrite, en Seconde, à des cours un peu plus importants pour avoir un niveau plus élevé. Qu’as-tu appris dans ces écoles ? Il y a beaucoup de méthodes sur la respiration, la voix, la gestion du stress avant de monter sur scène. On se fait aussi une culture sur tous les grands classiques du théâtre. Je pense que c’est important d’avoir une bonne connaissance de ce métier. Je m’aide beaucoup de films que j’ai vus. On a tous des méthodes de travails différentes.

Quelles sont tes ambitions dans ce métier ? Pour le moment, je n’ai fait que des films d’auteur et ça me plaît énormément car j’ai grandi avec ce genre de films. En France, j’ai l’impression qu’il y a des acteurs qui sont toujours catalogués dans le même registre. Je veux éviter ça en élargissant ma palette de jeu pour pouvoir jouer plusieurs rôles différents. En 2012, tu fais tes premiers pas dans le cinéma dans le long-métrage « Thérèse Desqueyroux » de Claude Miller. Que te remémore ton rôle d’Anne ? J’ai rencontré Claude Miller dans son bureau quand j’avais douze ans. Il m’avait vu dans « La joie de vivre » de Jean-Pierre Améris et il a voulu me rencontrer pour son film. Normalement on attend quinze jours, trois semaines pour avoir une réponse mais lui me l’a donnée dès notre rencontre. Je ne garde que des bons souvenirs de cet incroyable tournage. Je n’ai pas rencontré de grandes difficultés même si j’ai dû apprendre à chasser (rires). On te découvre par la suite dans la comédie « A 2 heures de Paris » où tu campes le personnage de Lolo. C’est une comédie-auteur dans laquelle j’ai le rôle principal avec celui de la mère. C’est l’histoire d’une fille qui part à la recherche de son père. Sa mère l’a eu à l’âge de quinze ans et elle va revoir tous ses amants de jeunesse. La question de la censure par rapport à la liberté de la femme s'est beaucoup posée avant de pouvoir sortir ce film. Il a été tourné il y a trois ans, c’était très intense avec six semaines de tournage. La réalisatrice Virginie Verrier a tout fait, du casting à la distribution du film. Je la remercie encore aujourd’hui car j’ai adoré ce rôle qui me ressemble un peu.

© Julie Oona

Nous avons également pu te retrouver dans la série « Irresponsable » de Stefen Cafiero. C’est une série que je conseille vraiment. C’est l’histoire d’un trentenaire qui vit encore chez sa mère, qui passe ses journées à fumer des pétards au lieu de trouver un boulot, et qui va comme par hasard retomber sur son amour de jeunesse qui avait disparu. La fille qui s’appelle Marie va lui avouer qu’elle est partie parce qu’elle est tombée enceinte et que son fils a désormais quinze ans. Il va apprendre à être papa du jour au lendemain. C’est très drôle et je joue la future copine du fils. Il existe trois saisons de dix épisodes de vingt minutes chacun.

L’année dernière, tu retournais dans le drame avec « Versus » de François Valla. Qu’est -ce qui t’a plu dans ce film indépendant ? Avant de passer le casting, j’ai reçu le scénario et j’ai pu me faire un avis dessus. Ce qui m’a plu, c’était d’avoir une confrontation entre deux personnages de classe sociale opposée. Et j’ai aimé mon personnage qui est complètement différent de ceux que j’ai interprétés auparavant. Il est sensuel, naïf et c’est la première fois que j’ai des scènes « hot ». J’étais hyper stressé mais j’ai voulu me surpasser. Si tu veux être comédien, comédienne, tu auras un jour des scènes comme ça à jouer. Aujourd’hui, je suis très contente d’avoir réussi et je n’ai plus de problème avec ça.

Tu joues aussi dans des formats moins longs avec des courts-métrages dont « Chloé » qui traite l’expulsion d’une jeune fille de son lycée. Je joue la copine de Chloé qui subit des attouchements par son père. Je trouve que le sujet de l'inceste est très tabou en France. En parler à l’écran, c’est ce qui m’a plu.


Quels sont tes futurs projets ? J’avais un tournage en septembre où je dois jouer une monitrice de kitesurf donc j’ai vraiment hâte de pouvoir démarrer sur ce projet (rires). Il y a pas mal de scènes de soirées avec du monde donc je ne sais pas encore comment ça va se passer. Aurais-tu une citation fétiche à nous délivrer ? « Vis tes rêves mais ne rêve pas ta vie » en référence au film « Inception » de Christopher Nolan. C’est complètement moi, dès qu’il y a un rôle que je veux, je fonce pour l’avoir. Que peut-on te souhaiter pour le futur ? De continuer mon chemin dans ce métier. Dès qu’il y a un rôle que je veux, je fonce pour l’avoir. »

© 2018 par Samuel Massilia.