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Nade : "La musique est un frisson de vie."

Photo du rédacteur: Samuel Massilia
Samuel Massilia
il y a 11 heures
4 min de lecture

Avant de vouloir chanter sous les projecteurs, Nade se voyait maquiller celles et ceux qui s’y produisent. Elle en rit aujourd’hui. Le piano, découvert à cinq ans, puis le chant et l’écriture ont pris toute la place. Avec la sortie de son premier EP, ces années de musique et d’écriture trouvent une nouvelle expression. Nade y fait entrer ce que la vie lui a appris, ce que ses relations ont bousculé, avec l’envie de donner à ces expériences un écho collectif. C’est toute la promesse de ce premier projet : partir de soi pour toucher quelque chose qui nous appartient à tous. Rencontre.


© Jordan DEAL
© Jordan DEAL

« Nade, ton EP À voix haute est disponible sur toutes les plateformes de streaming. Pour toi, quel est le fil rouge qui relierait les huit titres qui le composent ?

C’est une sorte d’autobiographie. Je parle de ma vie, du passé, du présent et du futur. J’ai été dans ce mood pour ce premier EP, pourtant je suis une personne timide et réservée, même si on me dit souvent qu’on ne le dirait pas ! (Rires) Quand on est sur scène, il faut se présenter et pour ma part, parler c'est chanter à voix haute.


En écoutant cet album, j’ai aussi ressenti une forme d’amour envers la vie. Comment as-tu trouvé les mots pour parler de chaque situation, de chaque vécu ?

Merci d’avoir cette vision, je voulais aussi que cet EP parle à tout le monde. Des problèmes, du bonheur, de l’amour, des ruptures qu’on peut connaître dans une vie. Je me suis beaucoup inspirée de mes amis, de mon entourage. Ils m’ont épaulée en me racontant leur histoire et ça m’a permis de ne pas utiliser seulement le « je » mais aussi le « nous ».


Comment s’est articulé le travail sur la composition des titres ?

J'ai fait de la production et réarrangé avec trois réalisateurs : Montmartre (Touchez du doigt, Madame, Monsieur), HIGH P (Dis-moi) et les autres titres avec Pierre-Laurent Faure, un ami de longue date. On a une belle connexion musicale. C’était donc assez simple d’écrire ensemble.



Avec Le temps d'un café, tu extériorises la douleur liée à la perte d'un proche...

Cette chanson reflète ce que je vis encore aujourd’hui après le deuil de ma meilleure amie, Isaline. Quand je la chante, ça reste compliqué ; les émotions prennent le dessus. Elle a pu l’entendre et elle me l’a validé ! Je voulais qu’on connaisse la force de ce petit bout de femme qu’elle est, sa détermination et sa beauté. Cette amitié m’a fait prendre conscience de dire les choses plus librement, de ne plus perdre de temps et de relativiser dans la vie. Le monde de la musique est extraordinaire mais il mange aussi une grande partie de l’énergie et on peut s’y perdre. Je ne suis pas la seule artiste à le vivre. D’où ce besoin de sortir des chansons !


Comment est né le titre Nuit blanche ?

Je l’ai imaginé avec Pierre-Laurent. Dans son studio, je lui avais dit que j’en avais marre de mal dormir, que mon inconscient était toujours là et qu’il fallait faire une chanson là-dessus. Il m’a compris et on a ressassé notre enfance. Ça peut être difficile d’être adulte et, parfois, on a juste envie de retourner à l’enfance. Ça nous ferait le plus grand bien.


C'est difficile d'être ce qu'on imagine...

Pendant l’adolescence, on se cherche. J’ai envie qu’à la fin de cette chanson, on soit fier de soi et de son parcours.



Tu joues du piano depuis l’âge de 5 ans et tu chantes depuis tes 12 ans. Si je te demande de fermer les yeux et de penser à ton premier souvenir lié à la musique, qu’est-ce qui te revient spontanément ?

La petite salle de l’EOL, à Craponne, dans l’Ouest lyonnais. À dix ans, je vivais mon premier gala au piano et j’étais traumatisée ! Je jouais pour la première fois de ma vie La marche Turque de Chopin devant 400 personnes. Autant te dire qu’il y a eu des fausses notes ! (Rires) Ça a annoncé la couleur pour la suite (rires).


Pendant deux ans, comment l’anorexie est-elle venue déclencher l’écriture de tes premières chansons ? Que voulais-tu raconter ?

La liberté. D’ailleurs, le titre de ma première chanson, écrite quand j’avais quinze ans, s’appelait Libre. J’étais emprisonné dans mon corps et dans ma tête, je suffoquais. Cette liberté, on la cherche dans nos vies ; il faut se la permettre. Aujourd’hui, je dirais que ma liberté est de pouvoir faire ce que je veux. Je suis indépendante et je fais passer les messages que je souhaite. On calcule aussi un peu, mais ça reste une belle liberté.


Comment as-tu vécu de chanter sur la place de la Concorde pour la Coupe du monde de Rugby et sur le parvis de l'hôtel de ville de Paris pour les Jeux Olympiques ?

Mon plaisir a été de voir 20 000 personnes devant moi et de ne pas leur jouer du Chopin (rires). Chanter mes chansons et non pas des reprises (hormis celle de The Voice), c’était fou ! Je me suis dit que j’allais faire les plus beaux endroits parisiens (rires). Ce sont des scènes emblématiques mais je n’ai pas voulu me mettre plus de pression. J’ai voulu en profiter à fond !



Tu seras sur la scène de la Boule Noire le 30 novembre prochain. Comment te prépares-tu ?

Je travaille actuellement sur le set. Les répétitions commencent la semaine prochaine avec mon guitariste Hugo et mon bassiste Ben. On va aussi préparer la communication. Plus ça approche, plus ça me fait peur (rires). Je prépare également d’autres projets : un album de belles ballades piano et guitare voix, en duo avec des amis artistes proches que j'aimerais sortir pour le 14 février et, enfin, on préparera l’EP numéro deux. Il ne faut jamais s'arrêter !


Pour conclure cet entretien, aurais-tu une citation fétiche à me délivrer ?

La musique est un frisson de vie. »

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© 2021 par Samuel Massilia.

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