Pauline Bression, une actrice enthousiaste !

Connue pour son rôle d'Emma dans la populaire série de France 3 « Plus belle la vie », Pauline Bression a évolué comme son personnage. Entre théâtre, cinéma et télévision, Pauline est une femme épanouie dans son métier d'actrice. Douce et intelligente, prête à rallumer les étoiles, elle est une artiste complète, multi-facette qui sait séduire un public de plus en plus nombreux. Rencontre avec Pauline Bression, une actrice enthousiaste !


« Très jeune, tu te prends de passion pour les arts de la scène en prenant des cours de danse et en suivant par la suite le Cours Florent. Quelles étaient tes motivations à cette période ?

Secrètement j’ai toujours eu envie de faire ça. Je n’osais pas le dire, peut-être par peur de l’inconnu. Je ne connaissais absolument personne dans ce métier. La journée je faisais mes études et le soir j’allais danser. J’ai dû arrêter après une blessure et je ne me voyais pas consacrer tout mon temps à la fac. J’avoue avoir un petit peu menti à mes parents en leur disant que je faisais une année sabbatique alors que dans ma tête c’était clair, je voulais arrêter la fac de droit pour les cours de théâtre.


Depuis 2014, tu incarnes Emma dans le feuilleton « Plus belle la vie » sur France 3. Comment es-tu arrivée sur cette série ?

J’avais fait une école de théâtre et plusieurs petits boulots comme tout le monde. Un jour, j'ai vu une annonce à la recherche d’une ado pour une série, sans souligner que c’était pour « Plus belle la vie ». J’avais très peu de réponses de mes CV et photos que j’envoyais à chaque fois pour des rôles de mon âge. Pour la petite anecdote, la veille, j’étais dans un bar et le serveur m’a demandé ma carte d’identité pour me servir de l’alcool. J’avais 25 ans et cette blague ne me faisait plus rire (rires). Le lendemain, j’ai donc envoyé ma candidature et ils m’ont appelé en premier. J’ai passé le casting deux jours après, ils me rappellent la semaine suivante pour que je passe le deuxième tour. J’ai donc su que c’était pour « Plus belle la vie » et après avoir passé le deuxième essai, deux jours après, j’étais à Marseille. J’ai annoncé à mes employeurs que j’arrêtais sans savoir pour combien de temps (rires).



Pour les non-habitués, pourrais-tu décrire ton personnage ?

Ça fait plus de cinq ans que je suis dans cette série donc le personnage a bien évolué. Emma est arrivée à Marseille en adolescente rebelle avec sa mère et son beau-père. Elle découvre l’amour, se fait des potes et l’évolution a fait que, toujours avec le même amoureux, elle a un enfant très jeune qu’elle garde. Aujourd’hui, mon personnage est une maman de la vie active en travaillant dans une start-up écologie avec beaucoup de responsabilités. L’avantage d’avoir une série qui dure aussi longtemps, c’est que ton personnage évolue.


Il y a une réelle complicité de comédien avec ton partenaire de jeu Bryan Trésor. Comment on travaille à deux sur un feuilleton qui a fêté l’été dernier ses quinze ans d’existence ?

Au tout début, quand je suis arrivée, on se voyait un petit peu en amont pour échanger avant de tourner les scènes. Maintenant, on se connaît tellement bien qu’on ne travaille pas forcément ensemble même si on s’appelle pour se poser des questions etc. On joue un couple depuis presque cinq ans donc tu sais comment l'autre va certainement réagir.



Quelle est la cadence de tournage habituel ?

Ça va vite (rires). En studio, c’est plus rapide qu’en extérieur car tout est déjà prêt. Ce qui prend le plus de temps sur un tournage, c’est la lumière. On a une mise en place, c’est-à-dire que le réalisateur nous donne ses impressions sur la scène à tourner et on a une répétition pour voir si le son et le cadrage fonctionnent bien pour tout le monde. Si les prises sont bonnes, on en fait que deux.


Série très populaire avec beaucoup de téléspectateurs tous les soirs. Cette notoriété est-elle simple à gérer ?

On ne nous prépare pas trop là-dessus. Les fans sont souvent présents à la sortie des studios et je trouve ça très cool. Jusqu’à maintenant, je n'ai rencontré que des gens bienveillants, contents de me voir, sans hystérie. Vu que c’est diffusé tous les soirs à une heure familiale, on s’invite un peu chez les gens. Ils ont l’impression de nous connaître et parfois ça peut donner lieu à des comportements un peu familiers auprès de nous mais ce n’est pas méchant et ça fait souvent très plaisir de rencontrer son public. Après je la vis bien mais on ne va pas se mentir, c’est surtout la série qui a du succès.


Avant le début du Coronavirus, tu étais du mardi au dimanche sur les planches du théâtre La Scala à Paris pour la pièce « Une histoire d’Amour » d’Alexis Michalik.

Il s’agit d’une histoire d’amour entre deux femmes : une qui sait qu’elle est homosexuelle et une qui ne le sait pas du tout et qui va se découvrir un amour pour cette femme-là. Katia tombe enceinte mais quelques jours avant la naissance de leur enfant, Justine s’en va. Douze ans après, Katia va mourir et va devoir trouver un tuteur pour sa fille qui s’appelle Jeanne. Je joue la femme d’Alexis Michalik. Je trouve que c’est une jolie pièce, émouvante, chaque personne peut se sentir touchée par un des points abordés. On devait être prolongé jusqu’à fin mai, ce n'est que partie remise. On a été très bien accueilli par le public en étant chaque soir complet. On espère pouvoir reprendre.


Il s’agit de sa cinquième création dans laquelle il vous souffle à l’oreille ses maux d’amour. Quelle approche a-t-il eu avec toi ?

Quand il me l’a proposé, rien qu’à la lecture, je n’ai pas décroché et j’ai su que c’était un projet qui allait me plaire. Il avait plusieurs filles en tête donc il a fait passer des essais. Vu la notoriété de ces pièces, il ne parle pas trop de ses futurs projets. Il avait besoin d’une comédienne sachant danser et il a pensé à moi. En règle générale, il a une idée bien précise de ce qu’il veut donc ça s’est fait très rapidement.


Dans cette pièce, on y retrouve quelques scènes de danse. Tu as notamment été entraînée par la professionnelle Fauve Hautot.

Je danse mais je ne suis pas professionnel. Alexis m’a proposé l’aide d’une chorégraphe et ça a été un bonheur de travailler avec Fauve. Elle est d’une douceur et d’une pédagogie incroyables. Je souhaite à tout le monde d’apprendre à danser avec elle.


Tu es quand même une habituée des planches de théâtre…

La dernière pièce que j’ai faite avant « Une histoire d’Amour » était « C’est pas gagné ! » avec Jean-Charles Chagachbanian qui joue Franck, mon beau-père adoptif dans « Plus belle la vie » et Juliette Chêne qui jouait aussi dans la série. Et dans cette pièce, il jouait mon beau-frère. Avant celle-là, j’ai aussi joué dans un très beau drame familial qui s’appelait « Independence Iowa » mais ça faisait quelques années que je n’étais pas monté sur les planches de théâtre.



On te retrouve également sur le grand écran. Tu tiens l’un des rôles principaux du film « Vagabondes » de Philippe Dajoux. En quelques lignes, peux-tu nous raconter le synopsis ?

C’est un film choral où on suit le destin de quatre jeunes qui vivent dans la rue. Le réalisateur a voulu s’intéresser sur le « Pourquoi sont-ils à la rue ? » avec des problématiques complètement différentes pour chacun. Que ce soit la drogue, la fuite, le manque d’argent ou la découverte, c’est un beau film et j’ai été très heureuse de tourner dedans.


Avec l’équipe du film, vous avez fait le tour de quelques salles obscures. Quelle réaction vous a donnée le public ?

On a eu de très bons retours. À chaque présentation, on était stressé. Le public a trouvé ça très juste, sans caricature et sans minimisation de la situation. Mon personnage vit dans sa voiture et je ne voulais pas le caricaturer. Et en même temps, il ne fallait pas qu’elle soit lisse car tu ne peux pas l’être quand tu es une femme qui vit ça. On avait des débats avec le public très intéressant.


Aurais-tu une citation fétiche à nous délivrer ?

« Il est grand temps de rallumer les étoiles » d’Apollinaire. Sinon j’ai aussi une routine, quand tu ne vas pas très bien et bien tu t’obliges à sourire. Je t’assure qu’après tu te sens mieux.


Que peut-on te souhaiter pour le futur ?

J’ai très envie de jouer mais en ces temps-là je dirai la santé avant tout pour nous et tous nos proches. »

© 2018 par Samuel Massilia.