Pauline Parigot, la langue du cinéma !

Pauline Parigot est nourrie au cinéma depuis sa tendre enfance et aujourd'hui, son grand-père peut être fier d'elle. Jeune comédienne formée sur les planches de théâtre, Pauline a très envie de multiplier les rôles et les différents genres dans le septième art. Si ça ne marche pas ici, il faut aller ailleurs, dit-elle en fin d'interview. On lui souhaite d'illuminer nos salles obscures le plus longtemps possible. Rencontre avec Pauline Parigot, la langue du cinéma !


© CHANEL_Les Revelations

« Le film Frères d’Armes est actuellement en salles. Tu partages l’affiche avec les comédiens Vincent Rottiers et Kevin Azaïs. En quelques lignes, pour les lecteurs, de quoi ça parle ?

C’est une famille des Balkans, exilée à Brest pour fuir une vendetta. Emilijan et Stanko sont deux frères, parmi eux, l’aîné promet à son petit frère de retourner dans leur pays dès que ce sera possible. Lorsqu’il reçoit une lettre pour retourner dans leur pays natal, le grand frère, lui, est entretemps tombé amoureux d’une femme (que j’incarne), et ne veut plus partir. C’est le dilemme entre le passé et le présent, la famille et les nouvelles rencontres.


Tu incarnes Gabrielle, jeune fille qui va sortir Emilijan de sa spirale de violence. Comment définirais-tu ton personnage ?

Comme une femme qui voit la réalité en face et ne se pose pas mille questions. Elle est amoureuse, veut l’épouser et souhaite connaître le problème familial.


Gabrielle reste mystérieuse, elle semble dispensée d’une bande d’amis par exemple. Va-t-elle chercher chez Emilijan un manque personnel ?

Non, je ne le vois pas comme ça. Gabrielle n’existe qu’à travers le personnage d’Emilijan. En off, elle a une vie qui n’est pas exposée. J’ai été prévenue à la dernière minute pour jouer ce rôle. Le tournage était très intense, sur 20 jours, et j’ai travaillé de manière spontanée, notamment l’apprentissage de la langue des signes, ça m’a beaucoup intéressée.


Je me suis aussi incrustée dans les cours de serbe que Vincent Rottiers et Kevin Azaïs avaient pour leurs rôles. J’avais envie que mon personnage glisse quelques petites phrases en serbe, pour souligner l’amour qu’elle avait pour cet homme.


Ce premier long-métrage de Sylvain Labrosse s'ajoute à ta jeune filmographie. Tu sembles avoir envie de goûter à tous les registres ?

Carrément ! Tout me plaît, je veux jouer des personnages très différents et passer par toutes les caractéristiques que peut proposer un être humain, avec ses contradictions. Je ne suis pas bloqué « comédie » ou « drame », j’ai envie de tout traverser.


Cette passion pour le cinéma est un héritage historique, toi qui as grandi dans une famille éprise de culture…

Mes parents m’ont emmené au théâtre un peu trop tôt (rires). J’ai adoré regarder des films très jeune. J’ai tout de même dû m’affirmer pour faire ce métier où il faut être déterminé. Je n’avais pas énormément de contacts dans le cinéma, j’ai dû m’affirmer pour y arriver, ça demande beaucoup de détermination, et j’en ai (rires).


Ton premier rôle au cinéma dans Les Lendemains de Bénédicte Pagnot te propulse dans la liste des Meilleurs Espoirs Féminins à la cérémonie des Césars 2014. On ne peut pas rêver mieux comme entrée dans le septième art ?

On ne peut pas rêver mieux dans le sens où c’était un film politique, féministe et anti-système. J’espère avoir dans le futur des rôles comme celui-là pour défendre une idée.


© CHANEL_Les Revelations

Dans ton CV figurent également quelques pièces de théâtres : Juste la fin du monde, La Fille de Mars ou encore Mephisto Rhapsodie. Qu'apporte ton jeu sur les planches à ton jeu au cinéma ?

Le théâtre apprend beaucoup la technique, la précision des corps, savoir porter un texte. Pendant ma formation à l’ERAC (Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes), j’ai beaucoup lu et arpenté les textes de théâtre.


Le théâtre c’est défendre une langue, un travail sur l’écriture. Au cinéma, c’est beaucoup plus spontané avec du travail en amont certes, mais pour tout oublier sur le tournage et travailler uniquement avec son partenaire.



Aurais-tu une citation fétiche à me délivrer ?

« Si ça ne marche pas ici, il faut aller ailleurs. »