Pierre Perrier, un acteur in the place !

Le métier d'acteur est fait pour lui, Pierre Perrier commence sa carrière artistique très jeune, à 19 ans, et depuis il n'a pas arrêté d'enchaîner les tournages et les beaux projets. Révélé dans « Douches froides », il passe du drame à la romance en passant par l'action, jouant même dans la langue de Shakespeare. Rencontre avec Pierre Perrier, un acteur in the place !

© Stéphanie Volpato

« À partir du 10 juin prochain sur France 2, on te retrouvera dans la nouvelle série « Romance » d’Hervé Hadmar. En quelques lignes, de quoi ça parle ? 

C'est l'histoire de Jérémy, en 2019, qui tombe amoureux de la photo d'une jeune femme dans un club et se retrouve projeté dans le Biarritz des années 60. Il va rencontrer cette femme, Alice, ainsi que son fiancé d'une famille bourgeoise qui l'accueille, mais il va vite se rendre compte du mystère qui entoure la présence de la femme au sein de cette famille...

Quel est ton rôle dedans ? 

Je joue le personnage de Chris, le fiancé, qui sous ses apparences amicales et généreuses, développe une relation ambiguë avec Jérémy. 


© France TV

À 19 ans, alors que tu es figurant sur un tournage, un agent te repère et te propose le casting pour « Fred et son orchestre ». Quel a été ta réaction ? 

J'étais assez surpris, ce n'était pas quelque chose que j'avais envisagé. Assez stressant je dois dire, mais après le premier jour je savais que je voulais faire ça.

Quand on passe d’une simple figuration à un premier rôle au cinéma, on s’y prépare comment mentalement ? 

J'ai tourné quelques téléfilms avant mon premier rôle au cinéma dans « Douches Froides » d'Antony Cordier, ce qui m'a permis de faire mes gammes et prendre confiance en moi...


© Stéphanie Volpato

À quel moment tu t’es dit que ce métier était une vocation ?

Je ne le vois pas comme une vocation, plutôt un privilège. Mais dès mon premier tournage je me suis senti très à l'aise sur un plateau, autour de toute une équipe qui travaille à l'unisson.

Tu as tourné à deux reprises pour les réalisateurs Jean-Marc Barr et Pascal Arnold avec « Chacun sa nuit » et « American Translation ». Quelle est leur façon de diriger les comédiens ?

Leur travail est un peu hérité du dogme de Lars Von Trier, très naturaliste avec le moins de fioriture possible. Ils choisissent les acteurs pour leurs énergies et adaptent le scénario en fonction, avec beaucoup de travail autour d'une table en amont pour éviter les doutes sur le tournage.

Ta notoriété s'accentue avec la série à succès de Canal + « Les Revenants ». Quel bilan dresserais-tu de ces deux saisons ? 

C'était un plaisir de participer à une des premières séries françaises produite de la sorte, avec un showrunner et une identité graphique et musicale si prononcée. Je crois que son succès a permis à d'autres projets audacieux de voir le jour en France. 

Rendre réaliste une histoire fantastique : le postulat de départ a été respecté ? 

Je pense oui, j'ai peu de recul sur la question. En tout cas la direction d'acteur et la réalisation était particulièrement portée sur le rapport fantastique/réaliste. On se posait tous beaucoup de questions mais Fabrice Gobert maitrisait bien son sujet.

Comment as-tu préparé ton personnage qui est très individuel ?

C'était un aspect particulier du personnage, Fabrice me disait toujours monolithique... Souvent caché derrière un buisson ou un rideau. Mais il passait aussi énormément de temps à réécrire nos scènes et à nous expliquer les enjeux du scénario. C'était très entrainant. 


© Canal +

L’année dernière, tu incarnais un attaché parlementaire efficace mais ambivalent dans « Jeux d’influence ». Qu'est-ce qui t'a séduit dans ce projet ? 

J'ai d'abord aimé ce projet par le bon traitement d'un sujet totalement révoltant aujourd'hui. Le travail de Jean-Xavier de Lestrade a une précision journalistique. Je n'ai pas d'addiction aux médias (je ne suis pas sur les réseaux sociaux par exemple) mais l'actualité du monde devient de plus en plus préoccupante et nécessite une attention et une réflexion sans fin. J'ai tendance à m'y perdre.

Ton personnage de Romain Corso a deux faces : une claire et une sombre.

Oui, ce qui m'a plu c'est la correspondance avec nos "nouveaux hommes politiques", qui émergent depuis quelques années. Une génération qui a intégré le marketing, la communication, les technologies. Très efficaces et très cynique.


En parallèle de ta carrière en France, tu t’exerces au plateau de tournage anglais avec les films « We Are Tourists » et « Game for motel room ». Est-ce que ta préparation pour ces longs-métrages indépendants a été identique qu’en France ? 

Non pas du tout. Ça me demande dix fois plus de travail, c'est plus stressant. L'accent, la prononciation même le timbre de la voix est différent.


© Jérôme Prebois

Ressens-tu plus de facilité à jouer en anglais ? La langue de Shakespeare est plus fluide ?

Ce n'est pas plus facile mais c'est une langue qui permet une expression très différente du français. Ma mère est américaine donc c'est aussi un langage que j'ai toujours entendu et compris. Parfois j'ai l'impression que l'on peut s'amuser davantage en Anglais.


Comment te sens-tu la veille d’un tournage ? 

Excitation, stress, travail, sport, repos, il y a toujours un mélange de sentiments exaltant. Puis on rentre dans le projet et on prend ses marques.

En dehors des plateaux de tournage, te considères-tu comme un boulimique de cinéma ? 

Depuis tout jeune je me nourris sans cesse de film. Mes parents ont fait l'erreur de me donner une télé et un magnétoscope très tôt... le cinéma Américain depuis les années 60, et les grands classiques français. Ça a vraiment forgé ma sensibilité et ma vision du monde.


© France TV

Quels sont tes futurs projets ?  Pour des raisons évidentes pour l'instant tout est à l'arrêt, on attend le feu vert des assurances et de l'état pour relancer les tournages.

Aurais-tu une citation fétiche à nous délivrer ? 

"Un con ça ose tout, c'est même à ça qu'on le reconnaît."

Que peut-on te souhaiter pour le futur ? 

Des rôles qui me sortent de ma zone de confort... »

© 2018 par Samuel Massilia.