Richard Orlinski, l'art accessible !

Il est le sculpteur français le plus vendu dans le monde. Richard Orlinski a brisé les codes de l'art pour y crée son propre concept intitulé « Born Wild ». Un univers coloré inspiré des animaux les plus sauvages et d'objets iconiques ayant marqué leur génération. Actuellement, il est en rodage de son spectacle « Tête de Kong » mis en scène par Laurent Baffie. Rencontre avec Richard Orlinski, l'art accessible !

© Stéphane de Bourgies

« Pouvez-vous nous expliquer le concept Born Wild ?

C'est quelque chose que j'ai créé à mes débuts. Il s'agit de l'utilisation d'animaux sauvages et de la violence animale positive, opposée à celle de l'homme. L'animal tue pour se nourrir et nous on tue pour n'importe quoi. On a des leçons à tirer de ces animaux qui sont en dessous de l'homme dans l'échelle du monde.


Vous déclarez « Souvent, les gens n'osent pas pousser la porte d'une galerie ou d'un musée. Je fais en sorte que le musée vienne à eux. » Quels ont été les premiers musées que vous avez découverts ?

Ma mère m'emmenait dans tous les musées parisiens et ça me gonflait un peu à l'époque (rire). C'est peut-être ce qui a fait qu'aujourd'hui j'ai amené les musées à ciel ouvert.


Est-ce qu'un artiste vous a beaucoup inspiré ?

Celui qui m'a réellement inspiré dans sa démarche, c'est Andy Warhol. Il a contribué au développement du pop art. C'était un touche-à-tout. Il faisait du cinéma, de la musique. Il aurait eu les réseaux sociaux à cette époque-là, je pense qu'il serait au-delà du mythe qu'il est aujourd'hui.

Vos oeuvres sont exposés dans différents lieux. Comment les sélectionnez-vous ? Pourquoi avoir décidé de les exposer au grand public ?

Je suis un artiste résolument populaire dans le bon sens du terme. J'aime partager avec le plus grand nombre. Par exemple, je peux exposer mes oeuvres sur des pistes de ski ou dans des lieux insolites. Il y a vraiment un côté accessible avec des photos prises par un grand nombre de personnes au quotidien dans le monde entier. Je n'ai pas de lieu de prédilection. Du moment que c'est gratuit et ouvert au public, c'est le plus important.


Vous êtes en collaboration avec Disney en proposant une oeuvre à coût accessible. Est-ce important pour vous de proposer deux fourchettes de prix complètement différentes ?

Tout à fait. L'oeuvre de Mickey est à 49,99€. On a une sculpture de bonne qualité, de bonne facture réalisée par Disney. J'ai juste proposé le modèle car je n'ai pas les moyens multinationales de vendre à ces prix-là. Je suis plus fier de vendre une oeuvre comme celle-là que d'en vendre une à 300 000€. Il y a un côté partage que j'aime bien.


Vous êtes également DJ sur les plus grandes scènes électro de France et internationale. Pourquoi vous êtes-vous orienté vers la musique ?

Je considère que l'art est universel. Quand on a une sensibilité artistique, on peut l'exprimer dans n'importe quel domaine. Si on revient à quelques siècles avant, Léonard de Vinci faisait toute forme d'art. Quand j'étais plus jeune, j'étais un peu touche-à-tout. Je viens d'un milieu défavorisé donc je n'avais pas d'argent pour continuer à passer des castings, faire de la musique ou le saltimbanque. Il fallait que je trouve un métier pour pouvoir bouffer.

Vous jouez actuellement votre spectacle « Tête de Kong ». Pouvez-vous nous en parler plus en détail ?

C'est un one-man-show où l'on y retrouve toutes mes failles et surtout, comment je m'en suis sorti envers et contre tous par rapport à l'univers qui était très hostile. Je fais des parallèles avec d'autres artistes et je raconte l'histoire de l'art. Je qualifierais ce spectacle de drôlement intelligent. Je suis actuellement en tournée un peu partout en France.

Avez-vous réalisé tous vos rêves ?

Non, loin de là. L'année dernière, j'ai publié un livre « Pourquoi j'ai cassé les codes ? » et ce n'est pas du tout autobiographique. Un de mes rêves est de pouvoir transmettre et donner des astuces à ceux qui veulent y arriver plus rapidement. Il y a un côté pédagogique dans mon écriture.


Avez-vous d'autres projets pour 2019 ?

Je continue tout et n'arrête rien. Je n'arrive pas à m'arrêter donc je poursuis les sculptures et la tournée de mon spectacle. Je continue également mes actions dans les hôpitaux pour les enfants malades. Récemment, j'ai offert un panda à l'hôpital Necker. On donne et reçoit beaucoup.


Que peut-on vous souhaiter pour le futur ?

Continuer à mélanger les mondes. En France, on n'aime pas trop quand on sort des cases. Moi, j'aime bien amener des publics différents à se côtoyer. Avec tout ce qu'il se passe dans notre pays, on a besoin de positif. »

© 2018 par Samuel Massilia.