Sly Johnson, l'ADN Hip-Hop !

Autodidacte en évolution constante, Sly Johnson a une connexion parfaite avec sa musique, sa passion. Toutes les formes artistiques l'intéressent, Sly les manient parfaitement, faisant de lui un artiste complet et agréable à écouter. Son nouvel album, il l'a fait tout seul, morceau par morceau, offrant un quatrième disque puissant, sensuel et sensible. Rencontre avec Sly Johnson, l'ADN Hip-Hop !


© Alexandre Lacombe

« Le 20 mai prochain sort ton nouvel album 55.4 aux sonorités soul, funk et hip-hop. Un album né durant les 55 premiers jours de confinement…

Fin 2019, j’étais sur quatre, cinq projets que je défendais en même temps sur scène. J’étais extrêmement fatigué. J’avais aussi un album qui avait peu marché… Je priais pour avoir du temps pour me reposer et retrouver une nouvelle énergie, de pouvoir créer et faire de la musique sans me poser de questions. Le premier confinement tombe et j’en profite pour faire tout ça. Je suis allé au bout de mes idées, de mes aspirations. J’ai laissé parler tout ce petit monde musical qui vit en moi.


L’album est composé de dix titres dont Trust Me, un classique que tu as remis au goût du jour…

Exactement. Ce morceau date du milieu des années 70, interprété par l’artiste D.J. Rogers. J’ai entendu ce titre et dans la seconde tout m’est venu. J’ai su ce qu’il fallait faire. C’est le dernier morceau enregistré de l’album. Avec le label en Angleterre, on s’est dit que c’était le meilleur morceau d’introduction. Il est accrocheur et parle à une communauté fan de soul.


On retrouve aussi What’s Going On, un bel hommage à Marvin Gaye, l’une de tes plus grandes références…

Cet artiste compte beaucoup pour moi. Je l’écoute régulièrement et encore aujourd’hui, il est un grand puit d’inspiration. Dans sa manière de chanter, il faisait la connexion entre le céleste et nous sur terre. J’aime m’inspirer de lui. J’adore cette chanson et quelque part, je me suis lancé le petit défi de la reprendre à ma manière. Je me le suis autorisé. J’étais curieux de savoir où est-ce que je pouvais emmener cet énorme titre.



Qu’est-ce qui a changé entre 55.4 et les albums précédents ?

Je pense avoir enfin trouvé ma couleur, ma patte musicale avec ce qui la caractérise : le groove, le hip-hop, mon socle musical et le funk, un mouvement assez indescriptible. C’est le changement majeur par rapport aux autres albums. Et c’est aussi le premier disque que j’ai fait du début à la fin, de l’écriture à la composition, le mixage et les arrangements. Je suis allé jusqu'au bout de ce que j’avais envie de faire.


Un sacré challenge de tout gérer de A à Z, ça demande beaucoup de travail et de sueur…

Je me suis clairement lancé dans le vide avec une liberté totale. J’ai beaucoup travaillé même s’il y a des endroits où j’ai eu des petites faiblesses techniques, mais j’avais le temps pour me renseigner et apprendre. J’y suis arrivé et je suis vraiment très content de ce disque.


© Alexandre Lacombe

Tous les vendredis à 22h on peut se brancher sur Radio Jazz pour écouter ton émission Come In2 My Jazz. Un programme où tu te fais plaisir…

Je kiffe à 100%. Le concept est simple : j’ai une playlist et je chante par-dessus. Le but est simplement de faire partager ma passion tout comme mon père l’a fait avec moi quand j’étais tout petit. J’ai cette chance de pouvoir faire découvrir le son que j’aime. Jazz Radio me le permet depuis quatre ans et c’est fantastique.


À la maison, la musique occupait une place centrale ?

Ah oui ! Avec mon père, c’était presque religieux. On écoutait de la musique tous les jours. De son vivant, je l’ai toujours vu vouer une passion énorme pour ça. Quelque part, j’essaie aussi de lui rendre ce qu’il m’a donné. La musique a une place centrale dans ma vie.


Ça fait plus de vingt ans que tu es sur la scène musicale française et même internationale. Est-ce que ça t’arrive de jeter un œil dans le rétroviseur et de prendre conscience du chemin parcouru, du travail accompli, des projets réalisés ?

Je ne sais pas si je regarde dans le rétro, mais par contre je ne peux pas oublier toutes les musiques qui m’ont profondément touché. Ce que j’ai vécu me sert à apprécier le présent. J’ai l’énorme chance de pouvoir continuer à partager ma musique avec le public. J’en profite au maximum. Je donne le meilleur de moi-même, le public le mérite. Mon boulot, c’est de faire en sorte que les gens se sentent le mieux possible.


Le public te suit depuis Saïan Supa Crew. Que retiens-tu de toutes ces années avec ce groupe ?

Les voyages. Ce groupe m’a permis de voir une grande partie du monde, de voir des gens de toutes les couleurs, d’entendre d’autres langues et sonorités. Je retiens aussi un nombre incroyable de gens rencontrés dans les salles de concerts.


Tu es un artiste singulier et pluriel, on a pu le voir avec le spectacle Echos de Mathilda May où se mélangent improvisation musicale, performance visuelle et poésie sonore. Comment ce très joli projet s’est créé ?

Je partage ma vie avec Mathilda et je pense qu’elle a eu envie de créer un objet scénique hybride afin de faire partager mon monde intérieur. Je chante et fais du bruit tout le temps. Mathilda a voulu montrer au public l’étendue de mes capacités vocales en les faisant participer à une expérience sonore et en même temps visuelle. Avec ses spectacles, Mathilda se renouvelle, mélange les genres et les formes artistiques. J’ai le plaisir de l’accompagner dans ce travail et j’espère que ce spectacle ne sera pas le dernier.


Ce spectacle a été joué jusqu’en janvier 2022. Quel accueil a-t-il reçu ?

On le rejoue en fin de semaine à Cergy puis en Italie en juin. Le spectacle reprendra peut-être en fin d’année. Si l’opportunité est là, on n’hésitera pas à le rejouer. C’est une expérience assez incroyable. On a eu un super accueil. Le public était assez bouleversé, ils ne s’attendaient pas du tout à quoi ils allaient faire face. Dans ce spectacle, il y a un énorme travail sur le son - Mathilda est une dingue de musique - on a fait un gros travail là-dessus pour que le public puisse vivre le spectacle de manière très organique.


On reste sur la scène. Quelles prochaines dates peux-tu annoncer ?

Je vais jouer à Nîmes le 14 mai et le 1er août je serai à l’île de Ré, en première partie de Earth, Wind and Fire, la classe de ouf ! Pas mal de dates vont être annoncées sur mes réseaux sociaux prochainement.



En parlant de ça, sur ton compte Instagram tu as partagé une photo de toi petit. Aujourd’hui, que dirais-tu à l’enfant que tu étais ?

Que je suis fier de lui, de ce qu’il est devenu et qu’un joli monde à construire l’attend. Je lui dirais surtout merci.


Une citation fétiche à me délivrer ?

Peace, Love & Music. »