Thomas Jouannet, homme de séries et fictions TV !

Thomas Jouannet est un visage incontournable du paysage audiovisuel français. D'un naturel enjoué et doté d'une riche expérience dans le métier, Thomas est un homme de valeur et voit d'un bon œil l'arrivée d'une nouvelle génération prometteuse. Rencontre avec Thomas Jouannet, homme de séries et fictions TV !


© Gianni Giardinelli

« On vous retrouve actuellement dans la 5e saison de la série à succès Sam sur TF1. Dans quel état d’esprit est votre personnage Antoine ?

C’est un mec qui a changé de vie. Il s’est séparé de sa femme et a revu Sam qu’il connaît depuis qu’ils sont gamins. Elle a peur de s’engager, de perdre son indépendance. Antoine le sait quelque part, il ne veut pas la forcer mais en même temps ils s’entendent très bien.


Vous êtes arrivé en cours de série, comment s’est présenté ce projet à vous ?

Je connais Natacha Lindinger depuis pas mal d’années, c’est vraiment une amie. On ne s’était pas revu depuis un moment et puis on s’est croisé en soirée. Je lui ai dit que je trouvais formidable ce qu’elle avait fait de son personnage. Et elle a pensé à moi pour le guest qu’il recherchait depuis l’année dernière.


On a fait quelques essais avec le metteur en scène et ça a super bien fonctionné. Natacha est une partenaire de rêve, on a une confiance mutuelle, ce qui nous permet de partir en impro par exemple, c’est très agréable. On a que de bons retours, les gens sont contents. Il y a de la légèreté, de l'humour, ça fait sortir de l'ambiance probante en ce moment.


© Gianni Giardinelli

Vous êtes un spécialiste des fictions TV…

C’est un peu malgré moi (rires). Je fais beaucoup plus de télé que de cinéma. La passerelle entre les deux se fait plus difficilement en ce moment. Mais à partir du moment où j’ai des metteurs en scène, des rôles et des partenaires intéressants, ça me va. Le support importe peu finalement. Ça reste un tournage avec une équipe ; parfois avec plus de moyens au cinéma. On peut toujours me faire des propositions (rires). Le cinéma, ça fait toujours rêver. Mais ce qui est important, c’est d’avoir des rôles. Le plus difficile est de durer. Il faut tenir et s’améliorer.


Quand on passe une grande partie de son temps sur les plateaux de tournages, arrive-t-on à rester spectateur d'une série ou d'une fiction ?

Par pudeur, je regarde peu ce que je fais. Je ne suis pas du genre à convoquer une assemblée pour regarder ce que j’ai fait. Je préfère regarder tranquillement de mon côté. C’est toujours particulier quand on se voit, on regarde toujours ce qui ne nous plaît pas. Sinon je regarde pas mal de séries même si là j’en ai un peu marre. Avec toutes ces plateformes il y a une variété géniale. Mais si c’est trop chronophage, ça me saoule un peu.


Comment les chaînes TV peuvent-elles rivaliser avec les plateformes en ligne ?

C’est deux mondes complètement différents. D’abord, ce ne sont pas les mêmes spectateurs. Il n’y a pas beaucoup de moins de 35 ans devant la télé pour suivre une série à l’heure dite et avec des pubs. Je ne sais pas comment tout ça va évoluer, ce qui est sûr c’est qu’avec le covid, ça bouge très vite. Les plateformes ont pris une puissance incroyable. Avec le cinéma en berne actuellement, ça devient compliqué. Pas mal de films devaient sortir en salles et seront disponibles sur les plateformes. Ce sont des grosses machines version américaine et c’est à double tranchant, la liberté là-dedans… Il faut éviter un monopole complet.


On vous voit très peu au théâtre. C'est un choix de votre part ou tout simplement un manque de temps ?

C’est vrai… Ça va faire dix ou onze ans que je n’ai pas fait de théâtre. Ce n’est pas forcément un choix. En travaillant beaucoup pour la télé, je me suis coupé du monde du théâtre. J’ai eu des propositions, je ne les ai pas honorés parce que ça ne me plaisait pas suffisamment. J’ai envie d’y retourner, j’en ressens vraiment le besoin. J’ai des projets sous le coude et en même temps j’ai très peur d’y retourner (rires).


© Gianni Giardinelli

Malgré toute votre expérience, vous avez toujours le trac ?

On l’a toujours. On recommence avec un nouveau personnage et des nouveaux partenaires. Ce n’est pas un trac paralysant mais une petite appréhension. Je le vois avec tous les acteurs dont certains ont de la bouteille. Le premier jour d’un tournage, on peut déstabiliser n’importe qui, c’est assez drôle (rires). Quand j’étais au théâtre, j’ai demandé à Gisèle Casadesus - qui avait dans les 80 ans - si elle avait toujours le trac. Elle m’a répondu l’avoir de plus en plus. On apprend toute sa vie, c’est comme dans tous les métiers.


Vos parents, éloignés de ce milieu, vous ont-ils encouragés à faire ce métier ?

Mes parents étaient assez ouverts par rapport à ça. J’ai eu la chance de travailler très jeune. En sortant des cours, j’ai monté une compagnie de théâtre. On a joué partout en France. J’ai été autonome tout de suite. Soit on chope un agent assez rapidement, c’est la clé qui ouvre au métier. Ou alors on crée ses propres projets.


Dans Sam, vous côtoyez des talents de demain (Rosa Bursztein, Issa Doumbia). Quel regard portez-vous sur cette nouvelle génération ?

Elle est incroyable. Je suis très admiratif. Les jeunes acteurs que je croise ont une culture de l’image impressionnante. Je n’ai pas grand-chose à leur apprendre, c’est même eux qui m’apprennent des trucs (rires).


Quels sont vos prochains projets ?

En ce moment je ne tourne pas. L’année dernière, j’ai commencé une nouvelle série, CrossRoads, pour France TV. Au printemps, on devrait normalement faire une saison 2. Et j’essaie de récupérer les droits d’une pièce étrangère, c’est encore un petit peu trop tôt pour en parler.


Une citation fétiche à me délivrer ?

J’aime bien les citations d’Einstein : « Deux choses sont infinies : l'Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l'Univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue ». La connerie ambiante en ce moment me rend dingue. Et j’aime bien cette phrase aussi « N'essayez pas de devenir un homme qui a du succès, essayer de devenir un homme qui a de la valeur ». Je n’ai pas de réseaux sociaux, je m’en fous complet, j’ai certainement tort mais en même temps ce n’est pas très grave.


Pour conclure, quelles sont les personnes qui vous inspirent le plus dans votre quotidien ?

Mes proches et mes enfants. »