Vanille, les écrits du cœur !

La musique est son pays et ses textes son visage. Vanille aime le soleil, la poésie et Françoise Sagan. D'une âme d'enfant à un être à part entière, Vanille nous offre un album à écouter en boucle. De ses premiers lives dans les bars à la solitude de l'écriture, cet enfant de la musique se livre sur ses joies et ses peines. Rencontre avec Vanille, les écrits du cœur !


© Sophie Koella

« Le 8 octobre est sorti ton nouvel album À part entière avec onze titres sur la vie…

Mon premier album était inspiré de mes voyages. Je l’ai enregistré de l’autre côté de l’Atlantique, au Brésil, avec des sonorités bossa nova à la Française. Sur À part entière, j’ai pris un virage un peu plus folk. Cet album a été créé quand j’étais enceinte, pendant le confinement. J’ai fait des maquettes très poussées chez moi avant de l’enregistrer dans les Landes au Manoir de Léon. Ce disque est plus introspectif, plus mature. J’aborde en priorité l’amour sous toutes ses formes : fraternel, amoureux, amical. J’évoque l’amour heureux, tourné vers la lumière avec une chanson comme Mon Pays, et les déboires amoureux avec Ton Visage ou En Boucle.


Avec le titre À part entière, tu nous invites à s’assumer comme on est, à ne pas laisser notre bonheur dans les mains d’une autre personne...

Exactement. Tant qu’on n’a pas fait ce travail de se connaître soi-même, de s’accepter tel qu’on est avec ses défauts et ses failles, ça ne sert à rien d’essayer de se façonner en fonction des exigences, des attentes de l’autre ou de la famille et de la société. Il faut s’aimer pour mieux aimer les autres.


Pour toi, la société n’accepte pas trop les personnes singulières ?

C’est assez difficile de s’assumer quand on est singulier. On vit dans une mondialisation où on essaie de lisser un peu tout, où tout le monde doit avoir les mêmes goûts, des pompes aux fringues. Pour plaire, on imagine qu’il faut se plier à ces codes sociétaux… La richesse c’est la différence, le mélange et il faut absolument essayer de conserver ça.



Dans Un amour indestructible, tu adresses un merveilleux texte à ton frère...

Le plus « facile » est d'écrire sur quelqu’un de sa famille ou sur ce qu’on a vécu. Si tu veux, ce métier est impudique. Sur scène, on se présente nue sentimentalement devant les gens. Écrire sur mes émotions ou des membres de ma famille, c’est ce qui me paraît le plus naturel et le plus fluide.


Tu as posé ta voix sur les violences conjugales avec Une ombre... C'est important pour toi d'en parler en chanson ?

Une amie extrêmement proche en a été victime, ça m’a donné la « force » d’écrire cette chanson. Je suis assez concernée par la cause féministe en général. Je suis plein de comptes sur Instagram, des associations qui défendent les femmes victimes de violences. On ne pense jamais que ça peut arriver à notre meilleure pote. Ça se passe dans tous les milieux et ça n’arrive pas qu’aux autres. La musique est un exutoire et permet de coucher sa peine sur le papier. C’est un superbe médicament. Je ne prétends pas être une chanteuse avec des textes engagés, mais je pense savoir écrire sur les émotions vécues au jour le jour.


As-tu des moments de préférences pour écrire ?

Quand une émotion m’arrive, j’ai un petit temps pour la digérer - ça peut être quelques heures - et là je m’isole assez vite pour écrire. Il faut être seul pour écrire. Plus jeune, je n’arrivais jamais à l’être et quand j’ai commencé à jouer et écrire des chansons - assez tard - j’ai apprécié la solitude, ça me fait beaucoup de bien.


© Maria Koella

Tu as grandi entouré de chevaux et te passionnes pour le cirque avec l'école d'Annie Fratellini. À quel moment la musique a pris le dessus ?

Quand j’ai commencé à avoir un répertoire de chansons. J’ai joué dans beaucoup de bars à Paris et à Bordeaux, c’est une école assez rude qui t’apprend le métier et te permet de tester tes chansons aussi. Je suis plutôt autodidacte. J’ai appris sur Youtube à jouer les chansons que j’aimais des Beatles et du premier album de Carla Bruni. Ensuite, j’ai commencé l’écriture et une lumière s’est mise dans ma vie. La musique est ma passion et pouvoir en vivre, même modestement, c’est une bénédiction.


Te souviens-tu de la première critique qui t’a blessée ?

J’ai un côté assez positif. Les critiques constructives m’ont fait avancer, notamment sur la construction des chansons. Après, les critiques gratuites et méchantes me blessent. Comme je suis la fille de Julien Clerc, j’entends « T’es une fille de… » sauf que mon père ne m’a pas aidé même si ça a pu permettre à des gens d’écouter mes maquettes par curiosité. Mais les gens ont pour habitude de ne pas aimer les filles et les fils de… Ce que je peux comprendre mais parfois tu te prends des messages violents sur Instagram en message privé. Je les ouvre tous, parfois ce sont des programmeurs qui m’écrivent. C'est dommage quand les gens ne connaissent pas ton parcours.


Tu ne dois ton parcours qu'à ton travail et ta persévérance. Vanille, quels sont tes prochains projets ?

Pour l’instant, le gros du travail est de défendre cet album. Je ne vais pas directement repartir dans un processus d’écriture soutenue, même si je stocke mes petites inspirations dans mon portable. Une petite tournée va s’annoncer dans le mois prochain. On aura sûrement une date à Marseille.


Une citation fétiche à me délivrer ?

« Se battre et s’ébattre ». On dit que c’est la devise de notre famille du côté de ma mère (Rires). »