Ycare, musique je t'aime !

Dernière mise à jour : 22 juil.

Le 22 avril 2023, le rideau rouge de l'Olympia se lèvera sur ce lion de cœur né au bord du monde. S'il fait valser les notes et les mots avec magie et sincérité, Ycare a signé des albums qui continuent d'accompagner notre quotidien. La générosité incarnée, chérissant ce qui l'entoure et fasciné par la profondeur des êtres, Ycare nous donne envie de célébrer la vie comme il se doit. Rencontre avec Ycare, musique je t'aime !


© Thomas Braut

« Ycare, ton dernier titre Animaux Fragiles avec Zaz est une pépite par ce qu'il raconte ainsi que dans son aspect visuel. Comment votre duo est-il né ?

Sa trajectoire et la mienne se sont touchées et c’est devenu une ligne qu’on continue ensemble. Notre rencontre s’est faite très naturellement, ça a été instinctif. Il y a des similitudes dans nos histoires. En 2015, je lui avais écrit Si jamais j’oublie et elle m’avait gentiment appelé pour me remercier. Après le Covid, on s’est revu aux concerts des sœurs Berthollet au Casino de Paris et on s’est mutuellement dit que ça allait mieux pour nous après une période plutôt sombre. Je lui ai envoyé la chanson et à la première écoute, elle m’a dit qu’elle entendait déjà sa voix. Ce titre est le premier extrait de l’album et il marque un nouveau départ pour moi.


C'est-à-dire ?

J’avais la maladresse des gens qui aimaient trop fort. Ces quinze dernières années, je n’ai pas trop pris soin de moi, ni de mon corps et ça a forcément eu des conséquences sur ma tête. De 20 à 35 ans, tu peux avoir une vie rock’n’roll. Aujourd’hui, je répare la machine pour soigner mon âme et devenir plus solaire.


« Cette planète n’est qu’une île. Elle-même perdue au milieu des étoiles. » Pour toi, protéger notre planète ça passe par quoi ?

Par une conscience et un corps propre. C’est toute une question d’instruction et d’éducation, de l’école à la maison. Il faut prendre exemple sur la culture japonaise. Ils sont habitués à être victimes d’intempéries, de typhons et de tsunamis. Ils connaissent depuis la nuit de leur temps la place qu’ils ont en tant qu’être humain fragile face aux éléments. Nous, sur le Vieux Continent, on n’a pas cette conscience, c’est nouveau. Dans le clip d’Animaux Fragiles, on ne le voit pas mais toutes les parties qui ne sont pas sur le bateau sont tournées dans un lac qui a séché justement… C’est dans une forêt en hauteur et où il n'y a plus d'eau.



Ce n’est pas ton premier duo puisque tu as partagé ta voix avec celle d’Hoshi, Axelle Red et Zula dans ton album Lumière noire. Qu’est-ce qui te plaît dans le travail à deux ?

C’est l’alchimie parfaite entre mes deux amours. Pour un auteur, c’est une chance de pouvoir chanter les chansons avec les personnes pour lesquelles il les a écrites. Je suis fasciné par l’altérité et la démarche artistique d’un interprète. Écrire pour un artiste, c’est un peu me déguiser le cœur. C’est un travail de transformisme. Artistiquement, c’est ennuyeux de n’être que soi. Comme je le répète, je continue à essayer d’écrire des chansons pour Johnny Hallyday en imaginant qu’il puisse les chanter, parce que j’adore cet exercice.


L’année prochaine, tu vas fêter tes quinze ans de carrière dans la salle mythique de l’Olympia…

C’est mon rêve de gosse ! Je suis fan de Brel et je le voyais faire ses adieux à l’Olympia en peignoir. Indirectement, c’est lui qui m’a appris à écrire. Ça a été mon premier exemple d’écriture avant de prendre certaines libertés que l’expérience m’a données. Il y a des artistes qui font l’Olympia au bout d’un album puis d’autres à 83 ans comme Henri Salvador. Moi, ça a mis quinze ans et c’est déjà un miracle. Je me réjouis d’avance d’être entouré d’artistes sur scène et de voir le public qui me suit depuis toutes ces années. J’ai hâte !



Est-ce que tu t’attendais à ce que la musique accompagne autant ta vie ?

Elle est avec moi tous les jours. Je me réveille avec Bob Marley et toute la journée, je n’écoute que du reggae. C’est la bande originale de ma vie. Je joue beaucoup de reggae même si je ne le chante pas. C’est un style musical très inspirant pour moi. J’essaie d’en mettre un peu dans certaines intonations mais il y a ce qu’on sait faire et ce qu’on aime faire…


Une citation fétiche à me délivrer ?

Je n’arrive pas à la mettre dans une chanson donc on va la mettre dans l’interview : « Cette vie nous offre, pour ceux qui veulent se construire, le paradoxe d’être à la fois le marbre et le sculpteur. » C’est une chance inouïe de pouvoir se développer soi. »