Alex Fredo, viser le bonheur !

Son histoire avec l'humour est digne d'un scénario hollywoodien, Alex Fredo est tombé dans l'univers des humoristes par hasard, alors qu'il était animateur radio au Canada. Sa rencontre avec Gad Elmaleh va tout changer, Alex se retrouvera par la suite propulsé dans les plus grands zéniths de France en faisant les premières parties de Kev Adams. Alex Fredo s'illustre aussi en solo, avec des parodies Disney qu'il publie sur le net et qu'il chante sur les ondes de Fun Radio avec toute l'équipe du Fridge Comedy Club une fois par mois. Rencontre avec Alex Fredo, viser le bonheur !


© Lou Breton

« Il y a quatre ans tu interviewais Gad Elmaleh à l'occasion de son spectacle à l'Olympia de Montréal. Et ce soir-là, ça va plus loin qu'une interview, tu montes carrément sur scène pour faire sa première partie…

C'était un passage inespéré. J'y allais en effet pour une interview, et tu as Gad Elmaleh qui te propose de faire sa première partie, tu ne dis pas non, tu y vas même si tu n'as pas de texte et que tu n'es pas humoriste. J'ai dit oui par amour du risque, de l'aventure, et je me suis retrouvé devant 1 400 personnes à improviser.


Je visais le non malaise et il n'y en a pas eu. C'est le spectacle de Gad Elmaleh, si t'as un mec qui fait un bide au début, il va devoir rattraper le malaise. J’ai fait rire les gens avec quelque chose de très naturel, très simple. Je me suis rendu compte que c'était à ma portée aussi. C'est un peu inconscient d'avoir fait ça (rires). C'est comme sauter à l'élastique avec un mec qui te dit qu'il n'y a pas d’élastique, et tu y vas quand même (rires). C'est une occasion qui n'arrive qu'une seule fois dans une vie. Ce scénario est inexistant (rires).



Et par la suite c'est Kev Adams qui te repère et qui te propose de faire ses premières parties. Est-ce que la transition entre ton métier d'animateur radio à l'humour s'est faite rapidement ?

Ça s'est fait progressivement. Ma rencontre avec Kev Adams a eu lieu un an et demi après celle de Gad Elmaleh. Entre-temps, j'étais devenu humoriste parce qu'il fallait que je prépare des textes pour les premières parties de Gad. Ce qui est drôle, c'est qu'en sortant de l’Olympia de Montréal, il m’a dit que j'étais marrant et il m’a demandé de préparer un texte pour sa prochaine date à Montréal.


J'arrivais dans les comédies clubs de Montréal avec ma petite feuille de papier, ma non-confiance en moi et je disais, d'une voix aiguë et inassumée, de jouer dans leurs soirées car je fais les premières parties de Gad Elmaleh. Quatre mois après, il y a des humoristes qui avaient acheté leurs billets pour le spectacle de Gad, pas pour lui mais pour vérifier que je faisais bien sa première partie (rires). Ils pensaient tous que j’avais menti et tu avais 60 humoristes dans la salle qui venaient pour ça. Quand ils m'ont vu, je pense qu’ils n’en croyaient pas leurs yeux (rires).


Que ce soit pour la musique ou l'humour, tu as un réel intérêt pour la scène, pour le show face à un public. C'est un besoin qui t'anime depuis toujours ?

C'est une passion, un désir et une envie forte de faire de la musique, de faire rire, de me donner en spectacle. La scène a toujours été quelque chose d'angoissant pour moi. Je prends de plus en plus goût à la scène au fur et à mesure de mon expérience et de ma vie d'artiste. Mais ça reste encore effrayant pour moi. Une fois que j’ai mes premiers rires, mes premiers applaudissements, il y a une connexion qui se crée et ça devient un plaisir.



Et pourtant tu as fait des premières parties dans des zéniths complets partout en France. Tu devrais être plus en confiance, non ?

Quand je suis revenu de la tournée avec Kev, c'était à base de 4 000 personnes, trois fois par semaine, pendant deux mois. En revenant de cette expérience, je pensais être en confiance pour jouer dans des plus petites salles, des caves à Paris devant 50 personnes. Et pas du tout, à chaque fois que je monte sur scène, peu importe le nombre de gens, il y a la peur de ne pas faire rire.


J'ai été propulsé dans ce métier donc quelque part il y a une partie de moi qui me dit que je ne suis pas humoriste, que j’ai fait tous ça pour faire plaisir à Gad Elmaleh (rires). Pour rien au monde j'arrêterai l'humour, c'est ce que je veux faire dans ma vie. Mais il y a aussi ce sentiment d'imposteur que beaucoup d'artistes ont. Quand tu montes sur scène, que tu as tous les regards portés sur toi, tu te demandes si tu mérites tout ça.



Tu mélanges la musique et l'humour en proposant un sketch sur les chansons Disney. C'est hilarant du début à la fin, comment t'es venue l'idée de ce thème ?

Le principe de ce sketch est de dire que j'aimerais vivre comme dans les Disney où il chante ce qu'ils ont à dire, et je trouve qu'en chanson tout passe mieux. Je le dis dans le sketch, je trouve ça dommage qu'on n'utilise pas la chanson dans la vie de tous les jours pour communiquer ce qu'on n'ose pas dire. De ce sketch est né un concept, celui de reprendre les chansons Disney. Ce sont aussi des parodies que je chante sur Fun Radio, dans l'émission de Kev, chaque mois.


Une émission à écouter chaque mois sur Fun Radio avec Kev Adams et la team du Fridge Comedy Club.

C'est une émission qui met en valeur les artistes qui vont jouer au Fridge Comedy Club. Il y a moins de stress dans la radio, on est une bande d'amis autour d'un micro. Fun Radio est une radio sympa, hyper équipée, on peut faire ce qu'on veut, c'est super cool. Et j'aime tellement la radio que sur mon compte Instagram je fais Radio Nocturne, un rendez-vous que je donne à mes abonnés, en story, où je réponds à leurs questions, tous les dimanches à 21h30.



J'imagine que tu as une forte envie de retrouver la scène et le public...

J'aimerais pouvoir jouer mon spectacle dans un climat qui ne soit pas anxiogène, même si la santé c'est le plus important. Le problème de ce virus, c'est qu'il aime bien les lieux où tout le monde se réunit. Il faut vraiment porter le masque, se discipliner jusqu'à l'arrivée du vaccin. Ce n'est pas parce qu'on a un masque qu'on doit rester chez soi. Je pense que les personnes âgées, qui ont le plus de risques, doivent rester chez elles pour croiser le moins de monde possible. J'ai envie que les gens continuent de vivre avec le respect des gestes barrières.


Tu as des appréhensions sur le retour des spectateurs dans les salles de théâtre ?

On fera les spectacles devant un public avec des masques. Je serai là en bonne santé sur scène. Ceux qui veulent venir voir le spectacle sont les bienvenues et ceux qui ont un peu peur, il faut qu'ils sachent que le Fridge Comedy Club va appliquer les gestes barrières, la santé sera vraiment mise en avant. Son ouverture est prévue pour septembre.



Quels sont tes futurs projets ?

Mon prochain spectacle est mon gros projet. J'aurai la chance de le jouer tous les jeudis à 19h au Fridge, et j'invite le public à venir en grand nombre. On va ouvrir la billetterie en août pour que les spectateurs puissent prendre leur place.


Aurais-tu une citation fétiche à me délivrer ?

« Qui ne tente rien n'a rien ». C'est ce qui fait la différence entre ceux qui réussissent et ceux qui n'y arrivent pas. Il faut tenter, faire des choses. Tous les projets que j’ai réfléchis pendant des semaines n'ont jamais vu le jour. Il ne faut pas se poser de questions, si vous avez envie de faire quelque chose et que vous avez un doute, et bien faite le.


Tous mes buzz, je ne pensais pas qu'ils marcheraient autant. Il faut surtout être soi-même et ne pas penser qu'on ne va pas y arriver sinon ça ne sert à rien de le faire. Dans ce milieu-là, il y a les superstars et ceux qui vivent de leur art sans être connu. L'important est d’arriver de vivre de ce qu'on aime.


Que peut-on te souhaiter pour le futur ?

Que la société reprenne un peu son cours et qu'on puisse continuer à rire ensemble, à être nombreux dans des salles. »

© 2018 par Samuel Massilia.