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Alexandra Holzhammer : "Je suis une femme de nature."

Dernière mise à jour : 9 mars

Elle a reçu le prix de la meilleure actrice au Festival international du film indépendant SMR13 pour son rôle de Claire dans le film Mise au vert. « C'était la grande surprise. J'ai eu plus d'émotions en le recevant que pour mon diplôme de Sciences-Po » commente Alexandra Holzhammer avec beaucoup d'humilité. Et contrairement à son personnage dans le premier long-métrage de Yohann Charrin qui a renoncé à toutes ses aspirations, Alexandra a suivi son instinct vers la comédie et n'oublie pas de savourer chaque instant de la vie, « le temps passe plus lentement quand on en profite » affirme la comédienne, prête à prendre son sac à dos pour aller à l'autre bout du monde sans rien prévoir. Et de voyage, il est question pour le film Mise au vert, vendu en Amérique du Sud et prochainement disponible en espagnol et en portugais. Rencontre.


© Celine Nieszawer

« Alexandra, vous êtes à l’affiche du film Mise au Vert de Yohann Charrin actuellement en salles. Quelle présentation feriez-vous de Claire, votre personnage ?

C’est une citadine un peu grise dans tous les sens du terme. Elle prend son oxygène auprès de son prof de Pilates. Elle n’est pas très joyeuse au départ, donc pour elle des vacances forcées en pleine forêt, c’est un peu un cauchemar. Finalement, à sa grande surprise, cette mise au vert va lui permettre de découvrir une facette de sa personnalité qu’elle ne connaissait pas, notamment en se liant d’amitié avec les décroissants (Stéphane Roux, Alexandre Picot et Sarah-Laure Estragnat). Claire va jouer une espèce de tampon entre deux mondes qui s’entrechoquent. Ce personnage a aussi son petit caractère, une palette de couleurs très variée, elle passe d’un état à l’autre rapidement. J’ai beaucoup aimé son évolution.


Mise au vert est une aventure familiale aux multiples facettes, entre comédie et moments plus intimes. Quelle a été votre première impression à la lecture du scénario ?

Je me suis tout de suite attachée à Claire. J’ai aimé l’opposition entre son mari et elle, Régis (Frédérick Guillaud) est vraiment chiant et psychorigide à mort ! (Rires) Et comme vous le dites, ça mélange un peu tous les genres, il y a du romantisme et du drame. Nous avons tourné ce film en pleine verdure, au fin fond du Vercors, peu de temps après le confinement total, après avoir été asphyxiés et enfermés dans nos appartements. Ça a été rafraîchissant, un bol d’air incroyable.



Quel réalisateur est Yohann Charrin ?

Il est très attachant et exigeant au niveau de l’image. Yohann est à l’origine un chef-opérateur, j’ai fait une première pub avec lui et les liens s'étaient tissés. Il m’a recontactée pour une autre pub qu’il réalisait cette fois et il m’a parlé de la préparation de son premier long-métrage. On dit parfois que dans ce milieu, c'est la superficialité mais j’ai tout de suite vu que Yohann était vrai, il a voulu filmer sa région avec beaucoup de sincérité. Il a rassemblé des gens qui lui ressemblent et cette aventure a été une incroyable colonie de vacances. Sur le plateau, Yohann sait ce qu’il veut et il aime qu'on respecte son texte.


Le personnage de J-C, interprété par Stéphane Roux, parle de limiter nos besoins au maximum dans une société capitaliste qui crée des besoins artificiels. Quel est votre point de vue par rapport à ça ?

Je suis complètement d’accord. Je suis un loup solitaire, j’ai un petit côté sauvage contrairement à Claire. Je ne suis pas militante mais comment ne pas être sensible au réchauffement climatique aujourd’hui ? J’aimerais qu’on revienne au jardinage, aux produits locaux et qu’on arrête d’inscrire « bio » sur les boîtes, parce que le bio c’est ce qu’on mangeait avant, finalement. Il n’y avait pas de nom pour ça. Et pour tout vous avouer, j’aurais préféré vivre à une autre époque (rires). Je n’aime pas le téléphone, je vais sur les réseaux à titre professionnel mais je suis vintage, une vieille commode qui a du mal à comprendre le monde connecté d’aujourd’hui. Il m’arrive, parfois, le week-end, de laisser mon portable de côté et de le mettre en mode avion, et ça fait un bien fou ! Il n’y a rien de mieux que des conversations en famille, autour d’un feu, devant la mer ou un arbre.


La mise au vert a été aussi sur le tournage avec une équipe réduite. Quels souvenirs gardez-vous du Vercors, ce formidable terrain de jeu naturel ?

Je suis une femme de nature. Nous étions tous ensemble dans le même gîte et alors que les effluves du covid étaient encore-là, on n’avait pas conscience de ce qu’il se passait à l’extérieur. On était au milieu de rien, le bonheur total et le dimanche, c'était barbecue ! Ça a été une mise au vert aussi dans la réalité. Cette cohésion de groupe nous a rapprochés, on voulait donner le meilleur de nous-mêmes.


© KapFilms

Alexandra, en regardant votre parcours, je vois du cinéma, de la télévision, du théâtre, du court-métrage, de la publicité, de la voix off. D’où vient cette fibre artistique ?

On en a jusqu’à demain (rires). Dans sa jeunesse, ma mère était dans une troupe de théâtre en Lorraine (la région où j’ai grandi). Elle a même eu l’occasion de faire une tournée dans la région. Elle m’a sans doute transmis le virus. Mon père, lui, dessinait un peu. Il m’a sans doute transmis l’amour de l’art et du dessin puisque j’ai étudié les arts plastiques. Je comptais même faire les Beaux-arts. Mais on m’en a dissuadée. Après Hypokhâgne, Khâgne, je suis allée à Science Po Grenoble et c'est là que j’ai découvert le théâtre. C’était comme un challenge. Plus jeune, ma façade montrait une fille en confiance et joyeuse, mais intérieurement j’étais très timide et solitaire, ce que je suis toujours, d’ailleurs. J’ai eu un coup de cœur pour le théâtre et ce métier en jouant une Blanche Neige nymphomane dans la pièce Elle voit des nains partout. Mais je me suis éloignée de cette idée en partant à l’étranger. C’est il y à une dizaine d’années que j’ai eu une révélation avec l’émission On n’est pas des pigeons. Un mélange de journalisme et de comédie où je me mettais en scène avec un personnage que j'ai créé un peu malgré moi. Je me suis délectée, je me sentais à ma place jusqu’au premier arrêt de l’émission, et je me suis posé cette question : qu’est-ce que je préfère faire dans la vie ? J’ai tenté ma chance à un âge où beaucoup de femmes arrêtent (rires). Le film de Yohann a été la confirmation.


Pour conclure cet entretien, auriez-vous une citation fétiche à me délivrer ?

« Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous » de Paul Eluard.

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