Alix Bourgeron, une actrice à suivre !

Toujours en quête d'aller le plus loin possible, Alix Bourgeron est une actrice qui a grandi dans le bain de l'art. Après avoir suivi plusieurs formations pour devenir une comédienne plus aguerrie, le public la découvre sur le net avec sa web-série « Alice » mais également à la télévision dans « Camping Paradis » et au théâtre avec la pièce « Bienvenue dans la coloc ». Rencontre avec Alix Bourgeron, une actrice à suivre !


© Lisa Lesourd

« Comment se passe ton confinement ? Plutôt bien, j’ai la chance d’être bien entourée dans une maison à la campagne. C’est un vrai luxe en cette période d’être dans la nature, j’y suis de plus en plus sensible. Ce confinement nous permet de revenir à l’essentiel, à des choses plus simples, moins superficielles, de penser plus collectifs, moins individuel et de réfléchir aussi à notre manière de consommer. Tu as suivi plusieurs formations comme l’ESRA, le Laboratoire de l’Acteur ou encore un stage Ciné Masterclass. Qu’est-ce qui t’a donné envie d’apprendre ce métier ?  J’ai envie d’être comédienne depuis que j’ai six ou sept ans. Déjà à l’époque je me déguisais beaucoup et je faisais pas mal de spectacles avec mon frère (enfin plutôt je forçais mon frère à me suivre dans mes envies artistiques), je me souviens on avait reproduit une scène du film « Grease », moi avec des boucles blondes, une veste en cuir et une fausse cigarette, ma sœur avait construit une voiture dans du carton, on mettait la musique à fond, on invitait nos parents dans le salon et on faisait notre petit show. Ça nous occupait des après-midi entières. Ma grande tante Béatrice Agenin est comédienne, ainsi que ma marraine Caroline Brésard.


© Cléa Grandpierre

Ce sont des femmes qui m’ont fait découvrir le monde du spectacle, du divertissement et du théâtre dès l’enfance. J’étais fascinée par leur mode de vie, leur courage à monter sur scène devant tant de gens, et surtout à faire ce qu’elles aimaient. J’ai décidé de faire une école de cinéma pour d’abord apprendre la technique et découvrir un univers mais je savais dès la première année que j’enchainerais sur une école de théâtre. J’ai passé une audition pour le Laboratoire de l’acteur et j’ai été formé pendant deux ans là-bas, c’était très riche, et pour la première fois de ma vie je me sentais enfin à ma place, avec des gens qui partagent la même passion que moi. Ça permet de monter des projets et de se créer une petite famille artistique.

Quelles sont tes ambitions cinématographiques ?  J’aimerais beaucoup faire du cinéma, et surtout de la comédie. Mais aujourd’hui les plateformes telles que Netflix ou Amazon produisent des contenus de qualité et la perspective de participer à un projet de série est tout autant excitant que le cinéma. Comment gères-tu ton trac avant de passer un casting ?  Je me fais un petit mètre de shots ! Non, je fais beaucoup de sport pour évacuer les tensions, je respire, parce qu’on a tendance à être en apnée quand on stresse, et surtout je relativise. J’avais tendance à me mettre une pression monstre au départ et à avoir envie de bien faire. De trop bien faire. En suivant le texte au millimètre, quelque chose d’un peu scolaire. J’arrive avec le temps à être plus détendue, plus moi-même, et faire moins de projection. Parce que c’est ça qui nous fout la pression en casting : les projections.


© Lisa Lesourd

Il y a une peur de l'échec ?

Au-delà de la peur de l’échec, ou la peur du ridicule, c’est la peur du rejet et donc de ne pas être aimé. On me prendra aussi pour ce que je suis, au-delà du jeu ou d’une technique, alors autant montrer tout de suite ce qu’on est. On est déjà une proposition, avec notre diction, notre souffle, notre façon de marcher ou de se tenir. Je ne sais plus qui a dit qu’il voyait les castings comme un entraînement, un coaching gratuit. J’essaye de penser à ça quand je m’y rends, ça me fait prendre du recul. Et savoir aussi qu’il y a une volonté de trouver la bonne personne de l’autre côté de la caméra, donc une pression aussi, et que c’est dans l’intérêt du directeur de casting de bien diriger son comédien et de tirer le meilleur de lui-même.


Est-ce que chaque rôle te nourrit et t’apprend des nouvelles choses sur toi ? Au-delà du rôle, parce que pour l’instant je n'ai pas assez tourné pour me sentir nourri par des rôles, c’est surtout des expériences de jeu : tourner pour une série TF1 ou jouer au théâtre n’apporte pas la même sensation, ce n'est pas la même façon de travailler, de gérer la pression. Les retours sont différents aussi. Au théâtre, c’est en direct, en live, tu sens tout de suite quand la salle est avec toi. Sur ta chaîne Youtube, tu proposes des petites vidéos intitulées « Alice la série ». Peux-tu nous en parler plus en détail ?  Ha oui c’est un chouette souvenir Alice ! C’est une petite web série que j’ai écrite avec mon amie Marion Peyret (qui est directrice de casting) parce que j’avais bien conscience qu’en tant que jeune comédienne j’allais devoir monter mon projet pour tourner. C’est l’histoire d’une fille qui veut devenir actrice et qui est persuadée que personne n’a encore su voir en elle le potentiel d’une star. Son rapport à ses autres copines comédiennes, son envie de bien faire mais toujours de façon too much, son colocataire un peu paumé dans tout ça mais qui veut l’aider. C’est un personnage que j’aime beaucoup, elle est de mauvaise foi, un peu excessive et arriviste, mais elle est drôle et attachante. C’est surtout un format court qui est là pour divertir, c’est léger.



J’ai eu de la chance d’être suivie par une boîte de production, mes copains comédiens sont venus tourner et ça a été réalisé par Arnaud Mizzon, qui a déjà fait pas mal de formats courts. C’était une belle aventure, bien que longue et parfois difficile, j’en suis assez fière, mais j’ai bien conscience que ce n'est pas assez abouti. Le confinement me donne d’ailleurs envie d’y retourner, de monter un projet similaire. Il faut créer le désir, se mettre en scène. Grâce aux réseaux sociaux et au web de manière plus générale on a la chance de pouvoir s’exprimer. Alors même s'il y a du monde sur la toile, avec un Iphone et deux trois copains débrouillards on peut déjà faire des choses. Te considères-tu comme une comédienne perfectionniste et exigeante ?  En tout cas j’ai toujours envie de voir ce que font les autres, je regarde beaucoup de court-métrage, de série Youtube, je vais voir des spectacles et des films au cinéma toutes les semaines. On peut toujours s’améliorer, se nourrir, se perfectionner, se former, faire des stages. À quel moment on peut considérer qu’on est allé au maximum ? Jamais je crois. Et c’est ce qui nous pousse toujours plus loin. Es-tu sensible à l’art, en dehors du cinéma ? Je me suis mise à écrire et à lire beaucoup. Par contre faut me trainer un peu pour aller dans un musée… Mais je m’y mets avec le temps. J’apprends à aimer surtout.


Quels sont les réalisateurs/réalisatrices avec qui tu aimerais travailler ?  J’adorerais travailler avec Maïwenn, Eric Toledano et Olivier Nakache, Noémie Saglio, Franck Gastambide, Eloise Lang, Emmanuelle Bercot… Il y en a beaucoup. On a un cinéma assez riche en France. Aurais-tu une citation fétiche à nous délivrer ?  « La seule vérité elle est ici et maintenant ». Ça permet de profiter du moment présent. As-tu des projets en tête ?  Je me forme au doublage à la sortie du confinement et je suis en train d’écrire un spectacle de one-man-show, qui j’espère verra le jour en 2021 ! C’est mon plus gros challenge, j’ai peur, c’est long, c’est dur, mais j’en crève d’envie. Que peut-on te souhaiter pour le futur ? En toute humilité, de remplir l’Olympia (rires). »

© 2018 par Samuel Massilia.