Anne Fontaine, une réalisatrice qui brise les barrières !

Avec une filmographie impressionnante et une carrière de réalisatrice dirigée d'une main de maître, Anne Fontaine réunit un trio phare composé d'Omar Sy, Virginie Efira et Grégory Gadebois dans son prochain film « Police ». Rencontre avec Anne Fontaine, une réalisatrice qui brise les barrières !


© Samuel Massilia

« Police » est l’adaptation du roman d’Hugo Boris, paru en août 2016. Comment avez-vous pris connaissance de ce livre ?

C’est un livre qui m’a été donné par Jean-Louis Livi qui est un grand producteur de cinéma. Il m’a fait découvrir ce sujet et j’ai été assez bouleversé en découvrant l’histoire de ces trois policiers qui vont raccompagner un homme Tadjik à la frontière. Ils ne sont pas du tout habitués à ce genre de mission.


Le personnage de Tohirov est incarné par Paymaan Moaadi, un acteur iranien à la très longue filmographie.

C’est un acteur célèbre en Iran qui a notamment joué dans « Une séparation » un merveilleux film qui a connu une très grande carrière à l’étranger. Je l’ai choisi parce qu’il a un don extrêmement important pour le film qui est de s’exprimer sans parler puisqu’il ne parle ni l’anglais ni le français. Il a cette façon assez animale d’incarner cet homme qui va être livré à nouveau dans son pays d’origine.


Vous avez fourni un vrai travail de documentation en rencontrant un réfugié à Vincennes. Qu’est-ce qu’il vous a partagé ?

Il m’a raconté sa vie. Il était un peu dans la même situation que mon personnage. Il allait devoir être reconduit à la frontière et quand je l’ai rencontré j’ai été assez bouleversé par son récit. Il y avait des policiers qui écoutaient cette conversation et qui ont essayé d’intervenir pour me dire qu’il ne fallait absolument pas croire à ce qu’il me disait. Un peu comme le personnage d’Omar Sy dans le film qui disait que c’est une histoire qui coutait trente-cinq euros à Barbès.



Est-ce que des policiers et policières ont pu vous faire des retours sur le film ?

Plusieurs policiers et policières ont vu le film. Ils sont vraiment touchés par le sujet car ça parle d’eux et en même temps c’est une histoire et non un documentaire sur la police. Surtout, ils sont sensibles au fait que leur métier est montré d’une manière véridique.


Ce film a un côté « Bergman chez les flics ». C’était une volonté de votre part ?

Je pensais que c’était intéressant de travailler sur ce qui se passe sur les visages, l’intensité de ce qu’ils ressentent et les questions qu’ils se posent.


Quels sont vos projets pour les prochains mois ?

J’ai déjà l’envie que ce film soit vu par le maximum de personnes et j’ai aussi un film que j’espère faire bientôt. »

© 2018 par Samuel Massilia.