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Benjamin Egner : "Le théâtre, un lieu sacré."

Son premier émoi théâtral, à l'âge de dix ans, devant la pièce Cyrano de Bergerac à Mogador, résonne encore comme un moment fondateur pour Benjamin Egner. Sa passion dévorante pour le théâtre, Benjamin l'entretien en jouant dans de nombreuses pièces de théâtre. Pour lui, les planches sont bien plus qu'un lieu d'un travail ; c'est un espace où l'art vivant et la connexion directe avec le public prennent vie de manière irremplaçable. Rencontre.


© Cédric Vasnier

« Benjamin, on vous retrouve ce soir dans un épisode inédit de l’Art du Crime sur France 2. Quelle présentation feriez-vous du Commandant Pardo, votre personnage ?

C’est un homme intègre, avec beaucoup de valeurs et de principes. Il a une grande fidélité, un côté grand-frère envers son ami Antoine Verley (Nicolas Gob). Le Commandant Pardo a de l’amour pour son métier, il est féru d’art, c’est un passionné. C’est la première fois que je porte un personnage sur sept saisons, bientôt huit. On s’attache et on se construit au fil des années une histoire, un passé, un futur possible. J’ai le souvenir, lors de la première saison, d’un commandant propre sur lui, bien habillé et assez protecteur. J’ai essayé d’y mettre de l’humour. Les ressorts comiques me plaisent beaucoup. La force de cette série, c’est d’allier une vraie enquête policière avec des personnages drôles et haut en couleurs.


Benjamin, le grand public a pu vous découvrir avec plusieurs séries télé, mais aussi au théâtre où vous avez joué de grands classiques tels que Shakespeare, Ionesco ou encore Pirandello. D’où vient cette fibre artistique ?

Je ne viens pas d’un milieu artistique. Ma mère aimait beaucoup le théâtre et le cinéma. J’ai été bercé par les films de Jean-Paul Belmondo, Yves Montand, Lino Ventura, Gérard Depardieu, Patrick Dewaere et Louis De Funès, évidemment ! Puis les acteurs américains comme Al Pacino, Robert de Niro, Dustin Hoffman ou Jack Nicholson. J’étais le dernier d’une fratrie de trois frères et j’étais un peu le trublion qui faisait rire les parents et les frangins. Puis à l’âge de quinze ans, quand ma mère m’a demandé si j’aimerais faire du théâtre, j’ai répondu oui. Mais ça restait un rêve pour moi. Mon père, plutôt terre-à-terre, pensait que ce n’était pas possible. J’ai fait des études et parallèlement à la fac, j’ai suivi des cours de théâtre, dont Florent. J’ai continué et très vite, après l’école, j’ai eu la chance d’être pris avec le metteur en scène Emmanuel Demarcy-Mota, également directeur du théâtre de la ville de Paris. On a travaillé sept ans ensemble et vécu des aventures extraordinaires.


© Cédric Vasnier

À l’âge de dix ans, vous vivez votre premier choc théâtral avec Cyrano de Bergerac à Mogador...

C’était un carton absolu ! Jacques Weber n’avait plus de voix. Je ne sais pas s’il existe un rôle plus épuisant que Cyrano dans l’histoire du théâtre. J’ai été totalement bouleversé par son interprétation. J’avais l’impression qu’il allait mourir sur scène ! Il donnait tout, c’était sublime.


Quel rapport entretenez-vous avec les planches ?

Dès que je rentre dans un théâtre, je suis à la maison. Cet endroit me correspond. L’art vivant et le contact direct avec le public est irremplaçable, même si j’adore tourner pour le cinéma et la télévision. Pour moi, le théâtre reste le lieu sacré d’un acteur pour exercer son art. Je joue actuellement dans la pièce Le repas des fauves, au théâtre Hébertot à Paris. Un huis clos pendant la Seconde Guerre Mondiale, tragi-comique avec des rires et des silences. C’est indescriptible. J’ai eu la chance de jouer avec Michel Bouquet, il était mon Yoda et moi son Jedi qui apprenait chaque mot sortant de sa bouche. J’aime perpétuer la culture et la langue française au théâtre. J’aime aussi le contemporain, nous avons de nouveaux auteurs très intéressants. Le théâtre, c’est du domaine de la magie.


Quels sont vos prochains projets ?

La pièce Le repas des fauves est prolongée jusqu’en février. Il y aura également une comédie musicale, La voix d’or, au théâtre Rive Gauche. Ensuite, nous allons tourner en avril la saison huit de l’Art du Crime. Enfin, j’ai terminé le tournage de la série La Recrue pour TF1 et dont la sortie devrait être pour la rentrée 2024.


Pour conclure cet entretien, auriez-vous une citation fétiche à me délivrer ?

Mon professeur Claude Mathieu me disait souvent : « Si tu ne sais pas où tu vas, souviens-toi d’où tu viens. »

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