Cypriane Gardin : "Je veux faire voyager les gens."
- Samuel Massilia

- il y a 6 heures
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Il y a des rencontres qui laissent une impression simple et lumineuse. Celle avec Cypriane Gardin en fait partie. Au fil de la conversation apparaît une jeune actrice pétillante, solaire, profondément attachée à son métier et à celles et ceux qui la suivent. Cypriane parle avec le cœur, sans détour, et avec cette générosité tranquille qui dit beaucoup de son rapport au jeu : un espace de partage avant tout. Rencontre.

« Cypriane, on te retrouve demain soir sur France 2 dans le téléfilm Elles deux, réalisé par Renaud Bertrand avec Sylvie Testud et Meriem Serbah. Quelle présentation ferais-tu de Vanessa, ton personnage ?
Elle est partie dans quelque chose d’extrême et c’était un personnage assez dur à vivre. Pour moi, cette fille est perdue. Elle a un manque affectif qu’elle essaye de compenser et elle est assez défaitiste avec son fils, Hicham. Dans sa tête, elle veut aller au bout de quelque chose, elle a un peu les mêmes gènes que sa mère dans le caractère. Je ne m’attendais pas à ce qu’un jour, dans ma carrière, on puisse me donner l’opportunité de jouer une jeune femme voilée et maman, ça a ajouté une puissance que j’avais envie de connaître dans le jeu.
Comment as-tu abordé ce rôle ?
Je suis aussi allé à la rencontre de beaucoup de personnes pour discuter de leur foi et ça m’a troublé de voir qu’elle était proche de la foi chrétienne, qu’il y avait des similitudes. Et puis, j’ai regardé beaucoup de documentaires. À mes yeux, ces femmes se battent dans le mauvais sens car la religion n’a jamais voulu qu’on tue des gens.
Quelles images te reviennent du tournage, notamment des scènes avec Sylvie Testud, ta maman dans le film ?
Nos deux scènes à l’hôpital ont été intenses, je m’en souviens encore ! (Rires) Il faisait chaud dans cette pièce. Cette grosse session de tournage a nourri notre jeu. Et puis, il y a la vidéo - très courte - que j’envoie à ma mère au début du film. Sylvie n’était pas présente ce jour-là, alors je l’ai tourné avec ma meilleure amie Camille Humber, comédienne également, qui m’a donné la réplique. Ça a bien marché ! (Rires)
Comment est née ta passion pour la comédie ?
J’aime cette question (rires). Toute petite, je voulais être magicienne. À dix ans, j’ai découvert Charmed, la série avec les sorcières ; j’étais à fond dedans avant de me rendre compte, au bout d’un an, que c’était du cinéma. J’ai trouvé ça magique qu’elles puissent me faire rire, pleurer, me mettre en colère à travers un écran. C’était incroyable tout ce qu’elles me faisaient vivre alors que j’étais toute seule dans ma chambre, sur mon lit. De là, je me suis dit : « Moi aussi, je veux faire voyager les gens. » Les films ne sont pas seulement intéressants parce qu’ils sont divertissants, ils permettent aussi de poser des questions, de se faire une culture sur certains sujets.
Gérald Izing était ton professeur de théâtre et il t’a conseillé d’en faire ton métier. Qu’as-tu appris à ses côtés ?
Il a joué un grand rôle dans mon parcours. Lors de ma première année de théâtre, j’ai joué Le Petit Prince et je me souviens qu'il m'avait dit une phrase ressemblant à celle-ci : « S’il te plaît, devient comédienne. On a besoin de gens comme toi dans notre métier. » Je m’en souviendrai toujours ! Avec lui, j’ai appris à rajouter de la matière et de la vie à un texte, sans virgules et points posés. Ça m’a ensuite aidé pour le jeu face à la caméra. Sa façon de former n’était pas propre au théâtre, il cherchait le jeu et je l’ai suivi dans plusieurs cours, jusqu’au jour où il m’a dit : « Je n’ai plus rien à t’apprendre. » Même si je crois que ce n’est pas vrai (rires).
En septembre 2025, tu as déclaré sur Instagram avoir perdu ton statut d’intermittente du spectacle en 2023, faute d’heures. Malgré le fait d’être au casting d'une série à succès, la vie, le quotidien d’un acteur est aussi fait de ces moments-là...
J’ai la chance d’avoir une communauté exceptionnelle. Instagram est maintenant un vrai outil pour échanger avec ces gens incroyables et bienveillants que j’aime de tout mon cœur. Il ne faut pas oublier qu’on est rien sans eux. Je partageais beaucoup de moments de tournage, puis je me suis dit qu’il fallait aussi partager la vérité car ça fait partie de ma vie d’actrice d’avoir des galères financières. Ça me semblait normal d’en parler et j’avais aussi besoin de leur soutien pour faire peser ma voix, sinon France Travail ne m’écoutait pas. C’est parfois compliqué, mais on a un super métier.
Le grand public t’a découvert avec le rôle de Théa dans HPI sur TF1. S’il y avait un moment qui définirait ton aventure dans cette série, ce serait lequel ?
Je dirais l’un des derniers épisodes de la saison 5, quand Théa arrive à la fin de son histoire avec son père. Sa fragilité, sa présence d’esprit, son évolution, la voir grandir à travers ce passage-là… J'attendais cette fin depuis longtemps et mon personnage aussi. C’est génial d’avoir un projet régulier, de pouvoir créer des liens, se faire des potes. C’est une petite sécurité, aussi. Je pourrais te raconter plein d’autres anecdotes !
Pour conclure cet entretien, aurais-tu une citation fétiche à me délivrer ?
Entraîne-toi comme si tu étais le pire et joue comme si tu étais le meilleur. »



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