Ecoprod : Quand les tournages passent au vert.
- Samuel Massilia

- il y a 24 minutes
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À Cannes, entre les flashs, les tapis rouges et les récits qui cherchent encore à bouleverser le monde, une autre histoire se joue désormais en coulisses : celle d’un cinéma qui tente de réinventer sa manière de produire. Pour sa cinquième édition, le Prix Ecoprod s’impose cette année encore comme l’un des signaux les plus sensibles et les plus nécessaires du Festival.

Créé pour distinguer les films qui conjuguent ambition artistique et démarche environnementale concrète, le Prix Ecoprod récompense non pas un discours, mais une manière de faire : réduire l’empreinte carbone d’un tournage, repenser les déplacements, limiter les déchets, imaginer des décors durables, replacer l’humain et le collectif au centre du plateau.
Cette année, treize films présentés à Cannes — toutes sélections confondues — ont été retenus, parmi lesquels Garance de Jeanne Herry, Histoires parallèles d’Asghar Farhadi, Soudain de Ryūsuke Hamaguchi ou encore La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet. Derrière ces œuvres, il y a des équipes qui ont accepté de transformer leurs habitudes sans renoncer à leurs exigences de cinéma.
Le jury 2026, présidé par Aure Atika, incarne parfaitement cette rencontre entre création et conscience écologique. L’actrice et écrivaine résume d’ailleurs avec justesse ce que ces tournages changent profondément : « Moins de déchets, plus de lien. Peut-être même que cela se voit à l’écran ? » À ses côtés, le photographe et cinéaste Vincent Munier, le fondateur d’Impact Story Mamadou Dembele, ou encore des professionnels engagés de l’éco-production et du WWF France composent un jury pensé comme un dialogue entre art et responsabilité.

Symbole fort cette année : la remise du prix aura lieu à bord du Blue Panda, le voilier du WWF France amarré dans le port de Cannes. Un lieu flottant, ouvert sur la mer, presque à contre-courant de l’agitation du Festival, où le cinéma viendra rappeler qu’il peut aussi être un espace d’engagement et de réparation.
Depuis plusieurs années, Ecoprod accompagne cette transition discrète mais profonde du secteur audiovisuel. Et à Cannes, au milieu des rêves projetés sur grand écran, cette initiative rappelle une chose essentielle : la manière dont on fabrique les films raconte déjà le monde que l’on veut laisser derrière nous.



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