Elisa Bachir Bey, la réussite d'une passionnée !

Mis à jour : 18 janv 2019

Après avoir suivi les cours de Béatrice Brout à Paris, Elisa Bachir Bey décroche son premier rôle au cinéma dans le film « Babysitting 2 » avec la bande de Philippe Lacheau. On la retrouve ensuite dans le film Bollywoodien « Befikre » où elle partage l'affiche aux côtés de Ranveer Singh et Vaani Kapoor. Très vite, elle retrouve le cinéma français sous la houlette de Cédric Anger dans « L'amour est une fête » avec Gilles Lellouche et Guillaume Canet. L'année prochaine, cette jeune comédienne de 25 ans sera sur le tournage du long-métrage « Déjà loin » dans lequel elle détient le premier rôle. Rencontre avec Elisa Bachir Bey, la réussite d'une passionnée !


« Vous avez intégré l'école de théâtre et de cinéma Béatrice Brout à Paris. Que vous a-t-on enseigné ? Qu'avez-vous appris ?

Effectivement, j'ai intégré cette école il y a six ans. Béatrice utilise beaucoup la méthode actor studio pour ses comédiens. J'ai choisi cette école car je souhaitais une classe réduite. Ce qui m'intéressait, ce n'était pas d'entrer dans une machine de guerre du cinéma, mais avoir un cours pour pouvoir travailler plus, être sur scène constamment pour m'exercer. Avec Béatrice, nous faisions beaucoup d'exercices tels que le travail des mémoires émotionnelles ou sensorielles, le travail face caméra, des exercices de chant, de respiration ou encore d'improvisation. J'ai aussi travaillé l'improvisation avec Philippe Lelièvre. Ensuite, nous avions des après-midi entières dédiées aux scènes de théâtre et cinéma. J'ai pris goût au théâtre en allant étudier.


Vous rappelez-vous de votre première journée dans cette école ?

Je me rappelle que le premier jour, on a travaillé sur l'improvisation et j'étais terrifié. Ce jour-là, j'ai joué face à la classe entière et je me suis dit que c'est ce métier qu'il faut que je fasse. C'était la confirmation. Même si vous n'allez pas gagner d'argent au début et que ça va être difficile, vous donnez tout car c'est votre passion.

© Bruno Perroud

Le théâtre vous a permis de vous rapprocher du cinéma ?

Oui, bien sûr. Elle me disait que le théâtre m'aiderait beaucoup pour le cinéma. J'ai fait quinze ans de danse classique et je compare beaucoup cette discipline au théâtre. Il y a une telle rigueur dans ces deux domaines qu'une fois que l'on passe du théâtre au cinéma, tout semble plus facile. Le théâtre nous apprend à articuler, à respirer ou encore à être dans son corps.


Aujourd'hui, pensez-vous que c'est une obligation de passer dans une école pour devenir acteur ?

Je ne pense pas que ce soit une obligation. Mais il est quand même nécessaire de suivre quelques cours pour acquérir des techniques simples pour ne pas se retrouver perdu sur un plateau le jour J. Personnellement, je pense que c'était nécessaire pour moi. Mais comme le disait ma coach : je ne crée pas des acteurs, vous en êtes déjà, je vous donne des techniques supplémentaires pour être meilleur.

Quelles études avez-vous suivi avant les cours de théâtre et de cinéma ?

Initialement je souhaitais être danseuse classique. La vie à fait que j'ai dû arrêter ces cours et quand on stoppe ça, c'est compliqué de s'y remettre de façon professionnelle car c'est un sport qui nécessite de l'entraînement constant. Entre-temps, j'ai fait des études de business aux Etats-Unis. Et j'ai tourné avec le chanteur Damien Saez, il y a plusieurs années maintenant. Il est venu me voir pour travailler avec lui sur son dernier album et il avait pour projet de faire un court-métrage pour chaque morceau. On a donc bossé ensemble pendant plusieurs mois et c'est lui qui m'a poussé à faire une école de cinéma.

Comment sont nés vos premiers pas dans le cinéma ?

Durant mes études de cinéma, j'ai souvent entendu qu'il fallait attendre d'être prêt pour passer des castings. Mais moi, j'avais cette espèce d'impatience de commencer dans le cinéma. J'avais la gnaque. Pour acquérir de l'expérience, j'ai tourné dans plusieurs courts-métrages, j'ai également fait un grand nombre de silhouettes et figurations pour des films. Ensuite, je suis montée sur scène pour jouer au théâtre dans des pièces telles que Cyrano de Bergerac ou encore (ma favorite) « On passe dans 8 jours » de Sacha Guitry, auteur que j'affectionne tout particulièrement. En 2014, une directrice de casting m'a contactée pour le second rôle d'une comédie à succès. C'était pour « Babysitting 2 ». J'ai passé le casting et j'ai eu la chance de le décrocher.

Quels souvenirs avez-vous gardé de ce tournage au Brésil avec la bande à Fifi ?

C'était un tournage exceptionnel. Quand c'est votre premier tournage, que vous avez bossé dur pour l'avoir, il y a une joie intense. Il faut savoir que Philippe, Tarek et toute la bande à Fifi sont des personnes d'une simplicité et d'une gentillesse incroyable. J'ai eu beaucoup de chance car j'étais une novice et ils m'ont très bien accueillie. On était ensemble du matin au soir et je peux vous dire qu'il y avait une sacré ambiance. Durant le tournage nous avions allié scènes écrites et improvisation, et je pense que la bonne humeur générale se ressent au sein du film.

L'année d'après, c'est dans le film « Befikre » que l'on vous retrouve dans le rôle de Nathalie auprès de l'acteur indien Ranveer Singh. Quelles sont les méthodes de travail Bollywoodiennes ? Avez-vous réussi à vous adapter rapidement ?

C'est différend mais on s'adapte rapidement. Je suis bilingue et c'était mon premier film en anglais. Ce qui a été vraiment particulier, c'est la direction d'acteurs. La manière dont joue les indiens peut être parfois surjouée. C'est assez curieux au début parce que nous français, prônons la sincérité et le naturel. Et puis il y a des chorégraphies de danse boollywoodienne, ce qui est je dois dire assez fun à faire !

Elisa Bachir Bey avec Ranveer Singh et Djinda Kane

Comment avez-vous vécu le tournage en Inde ?

C'était génial. J'adore voyager, découvrir d'autres cultures. Ils m'ont de nouveau invité en Inde. Ce qui est drôle chez eux, c'est leur manière d'aduler les acteurs. En France, le métier d'acteur est plutôt normal. Là-bas, avec la disparité des richesses, j'ai comme la sensation que les acteurs sont considérés comme des dieux. Ils ont leurs propres toilettes, leur propre loge, leur propre cantine. Ils ont également des assistants qui les suivent de partout avec tout ce dont ils ont besoin. Mais ça n'enlève rien au fait que les acteurs indiens avec lesquels j'ai pu travailler étaient très gentils, doux, bienveillants. J'en garde un très bon souvenir.


Le mois dernier, on vous a retrouvé aux côtés de Guillaume Canet et Gilles Lellouche dans « L'amour est une fête ». Comment vous êtes-vous préparé à incarner la vie de Mélissa dans un film traitant le cinéma pornographique dans les années 80 ?

Quand j'ai reçu le scénario, je me suis demandé si le film serait vulgaire. Il y a une différence entre le nu artistique et le nu vulgaire, que je ne veux pas faire. Faire du nu quand il y a quelque chose à défendre oui, mais sinon ce n'est pas envisageable. J'ai beaucoup discuté avec le réalisateur Cédric Anger qui nous a toutes rassurées en nous disant que ce serait très artistique et que les plans ne seraient pas crus. J'ai vu certains de ses films, je connais son travail donc je lui ai évidemment fait confiance. Ce rôle était un challenge que j'avais envie de relever. Mélissa est un personnage fort qui reflète les femmes libres des années 80. J'aime le fait qu'elle soit vraie et qu'elle assume ce qu'elle fait. De manière générale dans ce métier, il peut y avoir des scènes plus difficiles que d'autres, mais il faut prendre sur soi, ne pas penser au regard des autres et se concentrer sur son personnage.

Elisa Bachir Bey et toute l'équipe du film « L'amour est une fête »


Le 6 février 2019 sortira en salle le film « Nicky Larson et le parfum de Cupidon ». Quel est votre rôle ?

Je fais une toute petite apparition. Philippe adore placer tous ses potes au sein de ses films. Le film est vraiment super. D'ailleurs, la bande-annonce est en ligne.

Vous avez tourné sous la houlette de Philippe Lacheau, Yvan Attal, Aditya Chopra ou encore Cédric Anger. Lequel de ces réalisateurs a été le plus exigeant avec vous ?

Honnêtement, j'ai eu la chance de travailler avec des réalisateurs très faciles. Yvan Attal était exceptionnel. Il sait trouver les mots pour nous donner les bonnes intentions pour une scène. J'ai été bluffée par lui. Cédric Anger a été d'une patience incroyable. Il est toujours très calme et sait nous donner le petit plus qui va nous donner la scène. Philippe Lacheau me connaît le plus en tant que comédienne et donc il connaît mes qualités et mes défauts et sait comment faire sortir le meilleur de moi-même. J'adore ce mec.


L'année prochaine, vous serez sur le tournage du film « Déjà loin ». Pouvez-vous nous en parler plus brièvement ?

On va tourner ce film courant 2019. C'est un drame social et c'est très différend des films dans lesquelles on a pu me voir auparavant. Ça parle d'un jeune garçon sérieux qui est un espoir dans le milieu de la boxe, qui se retrouve à devoir dealer de la drogue pour rembourser les dettes de son frères en prison, au risque de perdre tout ce qu'il a construit dans le sport. Il y a un an, le producteur m'a envoyé le scénario pour me proposer un rôle. J'ai lu et j'ai eu un coup de cœur pour ce script. J'ai rappelé le producteur en lui disant que je voulais absolument passer le casting pour le rôle de Nora. J'ai rencontré le réalisateur Yvan Soudril qui m'a finalement confié ce jolie rôle. J'avais envie de faire partie de ce film, de cette aventure et de travailler avec quelqu'un de passionné comme Yvan.


On peut voir sur vos réseaux sociaux que vous êtes une addicte des voyages. Quels pays vous a le plus marqué ?

Récemment, j'ai été au Vietnam. C'est le pays qui m'a le plus marqué par sa richesse culturelle incroyable. J'ai voyagé du nord au sud en passant par plusieurs villes. J'ai visité les temples et les gens m'ont super bien accueillie chez eux à maintes reprises. Je me levais à cinq heures du matin, je prenais mon sac à dos et j'allais visiter tout ce que je pouvais. J'ai vu des choses complètement différentes. Quand vous allez prêt d'Hanoï, il y a la baie d'Along qui est exceptionnelle. Il y a des grottes incroyables à découvrir. À Hué, il y a la cité impériale et tout les restes de la monarchie. Culturellement, il y a beaucoup à voir.

© Elisa Bachir Bey

Quels projets préparez-vous actuellement ?

Cet hiver, on pourra me retrouver dans l'épisode 15 de la série « Access » avec Ahmed Sylla dans lequel je joue le rôle de Juliette. J'ai aussi tourné dans la série « Mike » avec Max Boublil très prochainement sur OCS.


Que peut-on vous souhaiter pour le futur ?

Encore plus de films et de voyages !. »

Un grand merci à Elisa Bachir Bey pour sa disponibilité et sympathie

© 2018 par Samuel Massilia.