Jade Pradin, l'école de la vie !

En même temps que sa découverte du monde, Jade Pradin se révélait aux yeux des caméras. Son jeu naturel et spontané séduit, et ce qui était un loisir est devenu une passion, un métier. Qu'elle soit sur les plateaux de tournages ou les salles de sport, sa détermination et son talent l'amèneront à tutoyer les sommets. Rencontre avec Jade Pradin, l'école de la vie !


© Carlotta Forsberg

« Comment vis-tu cette période qui nous prive d'accès à la culture ?

C’est assez compliqué à encaisser. Je trouve que les mesures prises ne sont pas assez cohérentes. L’exemple typique ce sont les transports où on peut passer quatre heures assis à côté d’un inconnu. Alors que si on va au théâtre ou au cinéma, on est généralement avec des personnes que l’on connaît et en plus il y a un siège d’écart. Personnellement, je ne suis pas touchée, je n’avais pas de pièces en cours, même si les tournages continuent. Ma maman est comédienne et chanteuse, elle a une pièce de théâtre qui a dû s'arrêter.


Tu fais partie de ces acteurs qui ont grandi devant la caméra avec un premier rôle dans le téléfilm Retour de Flamme à l'âge de 2 ans...

Je n’ai pas vraiment de souvenirs (rires). Ce n’était pas exactement mon tout premier projet artistique. À l’âge d’un an et demi, j’avais déjà fait des photos pour un catalogue. Dans Retour de Flamme, j’ai été prise pour un petit rôle. Je suis pratiquement née dedans et grâce à ça, je n’ai jamais été stressée ou mal à l’aise sur un plateau. Je me sens bien, c’est devenu une habitude.


Ton aventure se poursuit, tu donnes la réplique à Francis Huster dans la série Le Grand Patron...

J’avais quatre ans, j’étais très jeune (rires). Mes parents m’avaient pas mal préparé pour ce film-là. C’était dans le domaine médical, tourné dans un hôpital, et forcément quand on est une petite fille c’est un peu terrorisant (rires). J’ai de très vagues souvenirs mais je me rappelle qu’ils m’avaient montré des extraits du Dîner de cons avec Francis Huster pour voir à quoi il ressemblait.


Le tournage s’est super bien passé même si j’étais peut-être un peu angoissée par rapport à l’hôpital. Ma mère m’accompagnait sur le tournage et me racontait que Dominique Ladoge, le réalisateur, disait à son équipe que la petite était une perle (rires). J’ai gardé contact avec lui, et en 2010 il m’a fait tourner dans un autre de ses films La loi de mon pays. On était parti tourner au Maroc, c’était une bonne expérience.


À ce moment-là, les tournages étaient plus un loisir ?

Oui, avant Clem je voyais ça presque comme une activité extrascolaire. La série Clem prenait de plus en plus d’ampleur et dans ma tête je réfléchissais de plus en plus à vouloir faire ce métier toute ma vie. Avant Clem, j’avais fait pas mal d’autres choses aussi. Il y a toujours une raison à tout, il n’y a pas de hasard.


© Angélique Magnan

Le grand public te connaît pour avoir incarné Salomé dans cette série à succès de TF1. Un personnage qui a accompagné ton adolescence…

À la base, Clem était un téléfilm. L’épisode zéro avait fait 9 millions de téléspectateurs, c’était énorme. Suite à ce succès, ils ont décidé d’en faire une série. Ça a été une aventure extraordinaire, tous les ans je retrouvais une seconde famille, que ce soit dans l’équipe artistique ou technique. En année scolaire, j’ai tourné dans Clem du CM2 à la Seconde. C’est l’âge où on change le plus. J’ai complètement grandi avec le personnage. J’ai évolué en même temps que Salomé. Je pense que même pour le public, c’était attachant à leurs yeux.


Entre l'intensité du tournage et ta vie de lycéenne, tu arrivais à gérer la notoriété ?

Je rattrapais les cours comme s’il y avait eu une absence normale. Je n’étais pas privilégiée par rapport à ça. La notoriété, je ne l’ai pas mal vécue. Au collège, c’est le début de l’adolescence, il y a souvent eu des conflits avec des pseudos amis. Ça a été un peu compliqué. Après, quand les gens me reconnaissaient dans la rue, qu’ils me demandaient de faire des photos, des autographes, c’était toujours très bienveillant. Je n’ai jamais eu de soucis avec ça.


© Christophe Violland

Tu reflètes l'image d'une femme ambitieuse qui ne lâche rien...

J’ai un parcours un petit peu particulier. Je n’ai jamais eu de vraie formation. Enfant, on me demandait un jeu naturel et spontané, ce que j’avais la chance d’avoir. Cette année, je suis rentré au Studio Muller, une école de formation d’acteur. Plus je grandis, plus on va me demander des choses techniques et profondes.


Avant ça, dès que j’ai eu mon bac, j’ai fait une fac de sport pour avoir une licence STAPS dans le domaine de l’entraînement. Le sport est ma seconde passion. Comme je connais la complexité du milieu artistique, je voulais avoir une deuxième corde à mon arc. J’ai envie de vivre de ces deux passions.


Le sport m’a toujours permis de m’évader. En tant que gymnaste, j’ai toujours adoré la compétition. Maintenant que je suis entraîneur dans mon club, j’aime beaucoup transmettre un savoir. Personnellement, je trouve que le sport véhicule des valeurs très importantes. Le sport, c’est l’école de la vie.


Quels sont tes prochains projets ?

En novembre, j’ai tourné dans un épisode de la série Commissaire Magellan sur France 3. J’attends la diffusion, elle devrait arriver soit au printemps ou en fin d’année. Pendant les répétitions, on devait porter un masque, on les enlevait uniquement quand on tournait. C’était bien encadré, mais ça faisait bizarre (rires). Ensuite, j’ai un projet de court-métrage cet été et un deuxième qui devrait se faire l’été 2022.


Une citation fétiche à me délivrer ?

« Soit je gagne, soit j’apprends » de Nelson Mandela. C’est mon proverbe à moi. L’erreur est humaine, on est jamais en échec, la vie continue et il faut se remettre en question pour ne pas retomber dans le même piège la prochaine fois.


Je fais ce métier pour ne pas être dans la routine. J’aime énormément mon métier et peu importe le projet, long-métrage ou court-métrage, tant que je peux jouer et incarner un personnage et me faire plaisir, je fonce. Tout rôle se discute, ça dépend aussi de l’interprétation.


Il faut s’accrocher à ses rêves. Ce milieu est compliqué, surtout en cette période. J’ai déjà eu des remises en questions, des petits coups de mou, mais je me suis toujours accrochée. Il faut essayer de positiver.


Pour conclure, quelles sont les personnes qui t'inspirent le plus dans ton quotidien ?

Ma maman, c’est un peu mon modèle dans l’interview (rires). Elle m’a mis le pied à l’étrier et a commencé par la radio avant de faire beaucoup de comédies musicales. Elle me montre qu’elle n’a jamais rien lâcher. Ma mère est un très bon exemple. Après, mes héros du quotidien sont les militaires, les gendarmes, les pompiers, toutes ces personnes qui aident les autres. J’ai énormément de respect pour ces personnes-là. »

1 commentaire