Jean-Baptiste Shelmerdine, un ticket pour le rire !

Il est le bon copain à avoir, Alex dans Nos Chers Voisins, un touche-à-tout artistique, ambitieux et tranquille à la fois, Jean-Baptiste Shelmerdine nous mets le smile dans chacun de ses projets. Et c'est juste avant de faire craquer les planches qu'il donne envie de venir l'applaudir pour La famille et le potager, sans oublier un tour d'horizon de ses prochaines aventures. Rencontre avec Jean-Baptiste Shelmerdine, un ticket pour le rire !


© Matthieu Dortomb

« On te retrouve actuellement au théâtre des Variétés dans la pièce La famille et le potager. Que peux-tu me dire sur cette comédie de Bob Martet ?

C’est une famille très à l’aise financièrement mais dont les parents et le fils ont un héritage moral lourd à porter. Le père est peintre depuis des années mais ne vend pas et ce n’est pas grave puisque la famille vit entièrement sur l’argent de la mère, dont les aïeuls étaient d’importants hommes d’affaires sans scrupule.


Mon personnage est un bon garçon, un peu en retard. Il ne vit pas chez ses parents mais vraiment pas loin non plus, n’est pas émancipé et passe sa vie à faire des stages pour trouver sa voie. Il a une fiancée qui n’est pas très sympa avec lui et qui là sort de prison. Les parents se rendent compte que leur fils n’est pas une lumière mais ça, c’est jusqu’au milieu de l’acte 1 où je fais une grosse bêtise qui va créer un événement très fort dans la famille et réveiller la solidarité entre ses membres.


La pièce est à découvrir jusqu'au mois de janvier et le public est déjà au rendez-vous...

C’est pour tout public. Il y en a pour tous les goûts, plein d’enfants viennent et ils en sortent ravis ce qui m'étonne un peu parce que c’est plutôt acéré comme humour. Le ton est très particulier, c’est une pièce construite avec les codes du boulevard, mais ce n’est pas classique. C’est mi-burlesque, mi-comédie noire. Certains parlent d’une comédie à l’anglaise, mais je ne sais pas trop ce que ça veut dire (Rires).


On m’a dit : « Fais gaffe, une pièce peut mettre un mois à démarrer, à faire rire ». On a la chance que ça cartonne déjà. Je ne sais pas si ça se dit, mais je vais le dire, on ne s’est pas foutu de la gueule du monde. C’est une vraie pièce originale, avec de vrais super acteurs - je ne parle pas de moi - on a de très beaux décors et de la super musique. C’est un vrai beau spectacle de comédie.


Avec un très joli casting...

Pour moi, c’est très enrichissant de voir travailler Marie-Anne Chazel et Régis Laspalès, ils ont beaucoup de métier. On s’entend très bien et on se fait rire les uns et les autres. En toute humilité, on forme sur scène trois univers différents de comédie dans la même famille. Je me retrouve avec deux monstres du Rire dans un des plus grands théâtres de Paris et avec trois autres partenaires féminines géniales, Juliette Allain, Emma Gamet et Caroline Maillard, c’est parfait. J’avais une petite appréhension. On me connaît par Nos Chers Voisins et j’en suis très heureux, mais j’étais un peu inquiet parce que je n’ai pas fait beaucoup de théâtre. Grâce à cette super troupe, tout se passe très bien.


On enregistre cet entretien deux heures avant le lever de rideau, comment tu te sens ?

Je suis fatigué (Rires). Avant de monter sur scène, je fais toujours mes vingt minutes de chant et là, j’ai fait mon Italienne, c’est-à-dire que j’ai revu tout le texte en entier. Ensuite, je pars au théâtre et là-bas, je me mets en costume et c’est parti !


Régis Laspalès, Marie-Anne Chazel et Jean-Baptiste Shelmerdine dans "La famille et le potager"

Ta dernière expérience sur les planches remonte à 2019 avec la pièce La Moustache de Sacha Judaszko et Fabrice Donnio. Le théâtre, c'est un autre métier pour toi ?

Oui, surtout en termes techniques. Il faut porter la voix et ne pas oublier que le public est loin pour nous voir. Sur scène, tu peux bouger de dix centimètres. Sur un plateau, tu ne peux pas car la lumière est réglée par exemple. Mais ce que j'ai ressenti depuis que je joue La famille et le potager c'est que, sans le vouloir, l'humeur de la journée teinte un peu sur le personnage. Quand je commence la pièce, je sais que j’en ai pour une heure et demie sans pause possible. Il y a des changements de décor, de costumes, tout ça il faut le faire très vite. En vrai, quand je monte sur scène pour cette pièce, je pars à la guerre.


Est-ce que d'avoir incarné Alex dans Nos Chers Voisins t'a permis d'être plus à l'aise pour le théâtre, justement ?

Intérieurement, je me sens tellement loin d’Alex… déjà parce que ça fait cinq ans que c’est fini. J’adorais le jouer parce qu’il était loin de moi, tout comme le personnage que je joue en ce moment. Je peux me vautrer dedans. Avec Nos Chers Voisins, j’ai été capable d’apprendre des textes très rapidement. On en avait beaucoup à apprendre et il fallait être bon à chaque fois. Donc oui certainement ça m’a servi pour la mémoire, et aussi le côté un peu schizophrène d’Alex est un peu ressorti pour la comédie, que j’utilise aussi pour le Tom de La famille et le potager.


Pour Alex, déja, même si j’ai eu du mal à décrocher ce personnage de moi professionnellement, j’assume absolument d’avoir été « le petit voisin relou » pour toute la France. Mais au bout de cinq ans, ce qui m’a un peu gêné c’est l’absence de passé et d’avenir dans les sketchs. Ça commençait à me lasser. Mais j’ai adoré ce personnage, on m’en parle tout le temps. Nos Chers Voisins est un peu entré dans l’inconscient collectif français et c’est marrant comme phénomène à vivre. T’es comme un personnage de BD…


Jean-Baptiste, je te propose un tour d'horizon de tes prochains projets. Tu as coécrit et mis en scène le one-woman-show de Mélodie Fontaine...

Mélodie est hyper drôle ! On avait des amis communs et un jour on s’est vraiment rencontré, il y a trois ans. On a pris quelques pots ensemble et un jour, à force de rire aux éclats de ses histoires, je lui ai dit qu’il fallait absolument retourner sur scène avec un spectacle où elle raconterait ses histoires de vie, en lui proposant de l’aider. Je n’avais jamais proposé à quelqu’un de l’aider au point de tout co-écrire et sur sa demande, de la mettre en scène. Elle joue en ce moment à La Petite Loge et les gens pleurent de rire. C’est un coup de cœur total. Allez la voir, vous ne le regretterez pas, je n’ai pas vu une personne sortir de la salle sans le sourire aux lèvres et l’air heureux.


Tu as aussi coécrit un scénario de comédie...

On espère trouver des producteurs. On attend des réponses. C’est si long.


Et ton idée d'album ?

Le mec essaye tout (Rires). Normalement, j’enregistre un EP, entre trois et cinq titres, en janvier, quand la pièce se finit, sauf si j’ai du travail en tant que comédien. J’ai un titre sur I-tunes mais là ce sera de l'éléctro chantée un peu dans la veine de Christine and the Queens ou Stromae… Et puis, il y aura peut-être un livre, je suis en relecture mais pareil, il faut que je l’envoie à des maisons d’édition.


Au cinéma, tu as passé une journée sur le tournage du deuxième film de Franck Dubosc Rumba La Vie...

Ah oui ! C'est un petit truc, j'ai une scène avec Franck Dubosc. Tu sais, quand j'ai commencé en tant que comédien, j'ai fait les Talents Cannes Adami et j'ai tourné dans le court-métrage Mon prince charmant du réalisateur Jean-Paul Civeyrac, un grand auteur de cinéma indépendant, on n'était pas sur de la gaudriole (Rires). C’est drôle les carrières… pour revenir à Franck, c’est un super réal et partenaire pour le peu que j’en ai vu. Tres précis, perfectionniste et gentil. »