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Jonas Bloquet : "Jeune, j'étais assez froussard."

Il se déguisait en Michael Jackson et recopier les pas de danse du roi de la pop. Jonas Bloquet a grandi avec un père professeur de tennis et se souvient d'avoir beaucoup regardé La Nouvelle Star et la Star Academy avec sa maman, « j'aurais aimé faire plus de danse et de chant. » Peut-être le jouera-t-il un jour ? En attendant, le jeune élève libre a parcouru du chemin depuis le court de tennis et son cœur ne cesse de battre pour son métier. Rencontre.


© Guillaume Plas

« Jonas, on te retrouve demain dans La Nonne 2 : la malédiction de Sainte-Lucie. Quelle présentation ferais-tu de Maurice, « Frenchie », ton personnage ?

C’est un vagabond qui a voyagé partout en Europe. Dans le premier film, il rencontre Soeur Irène et le père Burke qu’il guide jusqu’à l’abbaye de St Carta en Roumanie. Il a lié une belle amitié avec Soeur Irène, mais à la fin de La Nonne 1, il se fait posséder par le démon Valak, qui se retrouve maintenant en France à Aix-en-Provence. Mon personnage travaille en tant qu’homme de maintenance dans un internat pour jeunes filles, sans savoir qu’il est possédé.


Quels souvenirs gardes-tu du tournage dans le sud de la France ?

C’était génial, d’autant plus avec une équipe française. Ils ont réussi à trouver un décor exceptionnel en plein centre-ville et où la moitié du film a été tourné. Après une journée de tournage, on pouvait se boire une bière assez facilement ! Ensuite, on a été deux, trois semaines dans les studios de Martigues où des décors ont été reconstitués, surtout pour la fin du film. C’était moins austère que le château d'Hunedoara en Transylvanie.


Quelle a été ta première impression à la lecture du scénario ?

Je l’ai trouvé plus proche de l’univers Conjuring. La Nonne 1 est très gothique et je l’ai adoré. Dans le deuxième, il y a quelque chose de plus intime et plus proche dans l’émotion des personnages. Maurice était décrit comme rigolo et charmant. Cinq ans plus tard, il a grandi, est devenu plus mature, donc j’ai voulu lui apporter plus de profondeur et de nuances.



À l’âge de onze ans, ta mère t’emmène voir La Momie au théâtre et tu quittes la salle en pleurs. Désormais, quel est ton rapport avec ce genre cinématographique ?

Ah oui ! Mais comment tu sais ça ? Fort ! Je m’en souviens, il y avait des scènes assez flippantes avec des scarabées qui entraient dans le corps de cette momie qui devenait de plus en plus humaine. Jeune, j’étais assez froussard. Maintenant, j’adore les films d’horreur et dès qu’il en sort un, on va direct au cinoche avec ma chérie.


Quelques années plus tard, c’est toi qui foule les planches avec des expériences scolaires…

C’était la période où tu mises tout sur une audition, où à la moindre représentation tu y mets tout ton corps, ton esprit, ton âme, parce que ça peut déboucher sur une carrière. C’était énormément de pression, de stress, mais aussi beaucoup de bonheur. J’ai beaucoup appris pendant ses trois années d’école. La scène et le jeu face à un public où tu n’as pas le droit à l’erreur me manquent. J'aime cette adrénaline qui monte avant de monter sur les planches, où je me demande pourquoi j’ai décidé de faire ça, et qui se dissipe une fois sur scène.


© Guillaume Plas

Tu as étudié l’art dramatique et la mise en scène au cours d’Eva Saint-Paul, puis la réalisation à l’Ecole de la Cité. Qu'est-ce que le jeu au théâtre a apporté à ton jeu devant une caméra ?

J’ai commencé par le cinéma, donc c’était plus le théâtre que je découvrais. À des castings, on me disait de moins porter ma voix. Cela me vient de mes années au théâtre. Je reconnais que, parfois, je m’éclate plus et me sens plus libre au théâtre qu’au cinéma où il ne faut pas sortir du cadre et manger trop d’amorces. C’est le problème que j’ai en ayant fait une école de réalisation où j’ai travaillé la technique, j’ai maintenant l’impression d’être un peu trop concentré sur les axes caméra, elle est un peu trop présente dans ma tête et j’ai du mal à l’oublier.


As-tu le souvenir d’un conseil retenu, d’une leçon donnée ?

Bonne question. Je dirai qu’il faut mettre en valeur la scène et le film, avant de se mettre en valeur soi-même.


Comment as-tu vécu ta nomination au Magritte du meilleur espoir masculin pour ton premier rôle, principal, dans le film Elève libre de Joachim Lafosse ?

J’ai adoré ce tournage, j’y ai trouvé ma place et le goût du jeu. J’avais quinze ans et m’étais dit qu’en faisant ce film, j’allais rater deux mois d’école, ça va être génial ! Ensuite, quand le film sort, j’ai vu ma tête dans tous les bus, mes potes me le faisaient savoir et à cet âge-là, t’as un coup de fierté, forcément. Tu vas à Cannes avec un costard Dior, c’est un peu n’importe quoi (rires). Mais tout de suite, mes potes et mes parents m’ont dit de ne pas prendre la grosse tête. Je ne l’ai jamais prise. Ça m’a donné envie de continuer après le bac, car mes parents voulaient que je le termine, ce qui est plutôt intelligent.


© Guillaume Plas

Dans le cadre de ton apprentissage, tu as réalisé trois courts-métrages : Max, Le comble du bourreau et Conte sur moi. Quelle est ta motivation à raconter des histoires derrière une caméra ?

À ma troisième année de cours de théâtre, j’en avais un peu marre d’être la marionnette des directeurs de casting, producteurs et réalisateurs. Je suis alors allé à une école de réalisation pour apprendre à mettre sur papier et en images des histoires que j’ai envie de partager. Dans cette école, j’ai rencontré beaucoup d’amis, des réalisateurs qui font des commandes, des pubs et des courts-métrages écrits par d’autres scénaristes. Je ne crois pas être ce genre de réalisateur là. Je suis fier de mes trois courts-métrages, mais j’y ai laissé beaucoup de plumes. Pour moi, c’est un métier où il faut pouvoir laisser de côté sa vie pendant un an, voire plus, pour réaliser un long-métrage ou une série. Je viens d’être papa et je ne me vois pas plonger dans une aventure, certes incroyable, mais très dure physiquement. Si je le fais, ce sera pour des histoires qui viennent de moi et me tiennent à cœur.


Comme celle que tu vas réaliser prochainement...

Oui, à la Toussaint. J’ai cette histoire en tête depuis 2019, je l’ai écrite assez rapidement et j’ai eu beaucoup de mal à trouver une production. On s’est battu pour avoir des financements publics qu’on n’a pas eus, avant de réussir à avoir quelques financements privés. Ensuite, l’année prochaine sortira le premier long-métrage de Michiel Blanchart La nuit se traîne et je pense que ça va être une petite bombe. Enfin, je vais tourner dans la prochaine série de David Hourregue, une science-fiction aquatique, une sorte de Moby Dick contemporain.


Pour conclure cet entretien, aurais-tu une citation fétiche à me délivrer ?

On a qu'une vie. »

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