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Joséphine Jobert : "Ça a commencé avec un rêve."

Elle incarne une femme résiliente dans le poignant thriller Meurtres dans le Cantal. Joséphine Jobert met en avant la force de l'intrigue personnelle, égalant l'intensité de l'enquête policière. Joséphine a exploré son personnage dans ses profondeurs émotionnelles, ce qui souligne son engagement envers des rôles complexes. Avec son charme naturel et sa sincérité, cette jeune femme entreprenante et passionnée se livre derrière ses rôles et les projets qui continuent de sculpter son parcours artistique. Rencontre.


© Thierry Panthère

« Joséphine, on te retrouve ce soir dans Meurtres dans le Cantal sur France 3. Quelle présentation ferais-tu de la capitaine Sarah Waro, ton personnage ?

C’est une femme assez forte. Elle va retrouver son mari Fred dans le Cantal. Leur couple traverse une période compliquée après avoir perdu leur fils dans un tragique accident il y a quelques années. Là où certaines personnes pourraient s’effondrer et tout lâcher, Sarah va tout faire pour sauver son couple malgré une douleur incontestable.


A la lecture du scénario de Marie-Luce David et Pierre-Yves Lebert, quelle a été ta première impression ?

J’aime les femmes de caractère. Je n’ai pas besoin d’être une maman pour savoir que la disparition de son enfant est le pire événement au monde. Ce que j’ai aimé, c’est de voir l’intrigue personnelle aussi forte que l’intrigue policière.


Quelle réalisatrice est Sandrine Cohen ?

Elle est beaucoup dans l’émotion. Sandrine est passionnée et pense à son film avant, pendant et après. J’ai adoré travailler avec elle. C’est une réalisatrice présente et très ouverte à des changements de texte, à des idées de mise en scène, mais sans jamais prendre le dessus sur son travail. Ça a été une belle rencontre.


Quel partenaire de jeu a été Alexandre Varga ?

On s’était rencontré il y a plus de dix ans. Quand j’ai su qu’il jouerait ce rôle, j’étais ravie de le retrouver. Alexandre est impliqué dans tout ce qu’il fait, du texte à la mise en scène. On s’est bien entendu, on a bien rigolé. Ce qui était important puisqu’on a longtemps tourné dans le froid. 



Tu as dû ressentir une différence avec la série Meurtres au paradis tournée en Guadeloupe…

Mes amis m’ont charrié en me disant : « toi qui es tout le temps au soleil, prends-toi une bonne dose de Cantal en hiver ! » (Rire) Je ne pensais pas que ça allait être dur à ce point-là. Sur certaines scènes, le froid prenait tellement le dessus qu’on n’arrivait plus à articuler, le corps était en pause. Parfois, le matin, au maquillage, le bâtiment avait une coupure d'électricité. On se chauffait avec les plaids ou les sèche-cheveux. Mais heureusement, l’équipe était exceptionnelle.



Le grand public a pu te découvrir avec les séries Foudre et Nos années pension. La comédie est une histoire de famille chez toi...

Je ne le regardais pas comme un travail. Comme je suis née dedans, pour moi la vie c’est ça. Quand on voit nos parents s’épanouir de façon très naturelle et fluide dans un environnement, on suit ce chemin-là. Voir l’envers du décor m’a permis d’avoir du recul sur ce métier. C’est aussi ce qui m’aide à garder les pieds sur terre. Ce qu’on fait est super, mais on ne sauve pas des vies non plus.


As-tu le souvenir d’une première grande émotion cinématographique ?

J’en ai deux. Petite, ma première claque a été Jurassic Park. Je l’ai vue au Grand Rex à Paris, assise au premier rang en balcon. C’était un grand choc émotionnel pour l’enfant que j’étais de voir les dinosaures apparaître sur l’écran, ce qui était à l’époque une grosse avancée technologique. Ensuite, en tant qu’adolescente, c’était au Québec - où j’ai vécu pendant huit ans - avec le film Kill Bill de Quentin Tarantino. Un ami m’avait emmené le voir et je suis restée scotchée, au point de garder ma respiration pendant trois heures et de souffler au générique de fin. Ça m’a donné envie de faire des films d’action quand je serai plus grande !


© Jennie Scott

Tu as été pendant huit ans à l’école de musique Coda. Quelles images te reviennent de cette période-là ?

J’étais jeune et insouciante (rire). A l’époque, la chanson était juste un plaisir. J’ai appris à travailler ma voix. Si on donne beaucoup de nous dans un rôle, on se cache derrière un personnage. Quand on chante sur scène, c’est nous, à nu, devant un public. C’était très formateur.


Et puis il y a eu les ateliers de Stéphane Belugou…

On était parti vivre avec ma mère et mon beau-père au Québec où il y avait ma tante et son mari Stéphane Belugou. Il avait ouvert cette école de chant et de théâtre. J’avais des cours gratuits (rire). J’en ai beaucoup pris avec maman qui y était professeur. Elle m’a formée sur le travail du corps, de l’espace, sur l’interprétation d’un texte. Sur un plateau de tournage, il y a tout l’aspect technique à découvrir ensuite, avec les caméras, les raccords, les marquages au sol, la lumière. Et puis j’ai appris en faisant des courts-métrages. Quand on me demande aujourd’hui comment faire ce métier, je réponds qu’il faut s’entourer de bons professeurs. Ne pas en avoir des bons peut être aussi destructeur.


Quelle est ton approche avec le jeu en anglais ?

Ça a toujours été un rêve. J’ai grandi avec le cinéma américain, les grosses productions internationales. A l’adolescence, j’avais dans mes CD des petits pamphlets avec les paroles des disques de Britney Spears, Christina Aguilera ou Linkin Park. Dès qu’il y avait un mot que je ne comprenais pas, j’ouvrais le dictionnaire. Ça m’a permis de me construire un vocabulaire. Et puis le déclic est venu avec le stage Acting In English il y a quelques années à Paris. Le professeur, Peter Chase, était tellement extraordinaire ! J’ai compris l’anglais avec lui. Comme ce n’est pas ma langue d’origine, il y a moins d'affect avec les mots. L’anglais est aussi beaucoup plus chantant, quelque chose dans le corps se libère.


© Jennie Scott

Quels sont tes prochains projets ?

Il y a la série Concordia, tournée en anglais l’année dernière à Rome et produite par Frank Doelger (Game of Thrones). Et puis j'écris en ce moment un long-métrage avec ma mère. Cette nouvelle passion me procure beaucoup de bonheur.


Pour conclure cet entretien, aurais-tu une citation fétiche à me délivrer ?

« Ça a commencé avec un rêve. »

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