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Nicolas Dozol : "Le cinéma rassemble tous les arts en un seul."

  • Photo du rédacteur: Samuel Massilia
    Samuel Massilia
  • il y a 9 minutes
  • 3 min de lecture

Il appartient à cette génération d’auteurs pour qui l’image n’est jamais figée. Avec Dernière soirée, Nicolas Dozol propose une expérience presque organique, où l’espace se resserre pour mieux révéler les fractures intimes et sociales. Le film repose sur une tension simple mais efficace : faire coexister des trajectoires différentes, et observer ce qui en émerge. Sans chercher l’effet spectaculaire, Nicolas Dozol s’inscrit dans une démarche attentive au présent, aux rapports humains et aux déséquilibres qui traversent une génération. Rencontre.


Silvere Koulouris
Silvere Koulouris

« Nicolas, ton premier long-métrage Dernière soirée est actuellement en salles. Quelle a été l’étincelle de départ ?

Quand j’étais en stage à la RTS, je travaillais pour l’émission T.T.C (Toutes Taxes Comprises) sur la vulgarisation économique et, pour un reportage, j’ai travaillé sur les enfants issus de milieux favorisés mettant en avant leur richesse sur les réseaux sociaux et leur impact sur des personnes issues de classes sociales plus modestes. De là, j’ai commencé les prémices du scénario : que se passerait-il si quatre personnages de classes sociales diverses se trouvaient enfermés dans une seule pièce ?

Comment as-tu géré la réalisation, l’écriture et la production de ce film ? 

J’ai eu une super équipe et de bons collaborateurs ! (Rires) Mon parcours d’assistant-réalisateur m’a permis de toucher à tout sur un plateau de tournage, et donc de mettre les bonnes personnes en relation pour créer une belle unité sur ce film. Chaque personne a partagé son point de vue et son expérience pour donner une œuvre cinématographique. C’est aussi la raison pour laquelle je fais ce métier ; il rassemble tous les arts en un seul.


Dans ton film, il y a 28 faux plans-séquences. C’est-à-dire ?

Au départ, je voulais réaliser le film en un seul plan séquence, mais on me l’a déconseillé d’un point de vue technique et de jeu. On est alors parti sur de faux plans-séquences et, pour donner l’illusion de vrais plans-séquences, on a fait des cuts peu visibles, voire invisibles au montage. Pendant deux jours, j’ai été sur le décor avec Aurel Gantz, le chef opérateur et steadicamer, pour tester le découpage avec une actrice silhouette qui nous a aidés en faisant tous les déplacements. Puis on a pré-monté le film et au visionnage, certains éléments ne marchaient pas, alors on a retravaillé la mise en scène ensemble. J’aime la danse et il était important pour moi de chorégraphier les déplacements des comédiens et de la caméra pour créer une osmose et, je l’espère, procurer des émotions aux spectateurs.

Dans combien de salles Dernière soirée sera présent ?

Pour l’instant, on a une douzaine de salles en sortie nationale et on espère, avec le distributeur, en avoir d’autres en différé. Actuellement, le marché est sursaturé et cette semaine, il y a 25 films à sortir, donc c’est difficile de se placer. Pour moi, c’est un plaisir d’avoir des séances pour échanger avec le public et ouvrir le débat sur la jeunesse actuelle en souffrance. Plus tard, le film pourrait rencontrer son public avec les plateformes.


Tu as étudié la danse au Conservatoire de Lyon, puis à l’école-atelier Rudra Béjart, à Lausanne. Qu’est-ce qui t’a amené à commencer la danse à l’âge de trois ans ?

Mes parents ne sont pas dans le domaine artistique, mais j’ai eu la chance de recevoir leur sensibilité culturelle. Ils étaient ouverts à m’accompagner sur ces découvertes artistiques et ça m’est resté, malgré la difficulté de vivre de ces métiers. Leur ouverture d’esprit m’a permis aujourd’hui de proposer une œuvre collaborative telle qu’un film.

La danse m’a énormément apporté pour me connaître, pour me positionner sur la scène, pour me mettre à nu devant un public, pour interpréter des personnages et transmettre des émotions. Puis quand je suis arrivé en école supérieure de danse, ça a été brutal et en même temps, ça m’a permis une certaine évolution. Si aujourd’hui, je peux gérer un plateau de 50 personnes, c’est parce que je suis monté sur scène devant plus de 5 000 personnes.  

© Silvere Koulouris
© Silvere Koulouris

Quels sont tes prochains projets ?

Mon deuxième long-métrage est terminé et on va prochainement l’envoyer à plusieurs festivals. C’est un film expérimental, surréaliste, intégralement tourné en anglais et à Paris avec l’actrice américaine Jiselle Henderkott. Ce film est un voyage éveillé entre rêve et réalité.

Pour conclure cet entretien, aurais-tu une citation fétiche à me délivrer ? 

Oui, elle est de David Lynch : « Les gens n’acceptent pas qu’un film n’ait pas de sens, mais ils acceptent complètement que leur vie n’ait aucun sens. »

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© 2021 par Samuel Massilia.

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