Laurie Cholewa, Madame Ciné !

Reçues par une cinéphile bienveillante et généreuse en sympathie, les personnalités du cinéma français se livrent sur leur art avec décontraction, plaisir et honnêteté. Tchi Tcha est le rendez-vous pour tous les amoureux du grand écran, de près ou de loin. Laurie Cholewa aime les salles obscures, les acteurs, les films et leurs musiques, une passion qu'elle partage avec son ami Laurent Weil depuis ses débuts sur Ciné Cinéma. Rencontre avec Laurie Cholewa, Madame Ciné !


© Jeff Lanet

« Mardi prochain, à 20h, sur Canal +, vous serez en compagnie de Laurent Weil à la présentation de la 26e cérémonie des Lumières de la presse internationale. Comment vous préparez-vous à célébrer le cinéma français pendant une heure ?

On est très heureux qu’elle puisse avoir lieu pour pouvoir célébrer le cinéma. Aujourd’hui, la culture souffre et c’est important de rappeler que c’est primordial. Comme je rentre d’un congé maternité, je revois tous les films qui ont été sélectionnés pour la cérémonie. On dit que ce sont des précurseurs des César mais en même temps il y a des divergences de sensibilité entre la presse internationale et la presse française.


Une belle soirée en perspective avec Laurent Weil que vous connaissez très bien, avec qui vous travaillez depuis de nombreuses années… Le cinéma est le fil de votre amitié ?

J’ai rencontré Laurent à mes tout débuts télé sur Ciné Cinéma. Nos chemins se sont ensuite séparés même si on s’est toujours très bien entendus. Depuis que j’ai réintégré le groupe Canal, on fait tous les événements ensemble (César, Festival de Cannes). Laurent est dans le partage, très bienveillant, on n’a jamais eu de problèmes, on a la même mentalité. Tout se fait de façon naturelle, on travaille vraiment en équipe.


Quelle résonance a le cinéma pour Madame Ciné de Canal + ?

Cette passion me vient de mon frère, un vrai cinéphile, passionné de films de genre, de science-fiction, d’horreur. Le cinéma français est venu après, en présentant des émissions, je me suis passionnée pour notre cinéma et ai beaucoup élargi mes goûts et mes choix. Dans mes premiers souvenirs j’ai du Stephen King, Quentin Tarantino. Et puis des films familiaux comme Les Goonies, E.T, le cinéma des années 80 que je pouvais regarder avec mon frère (Van Damme, Rocky, Rambo). Avec ma mère, c’était plus Autant en emporte le vent, Le Docteur Jivago et mon père les Belmondo, Lino Ventura, ces grandes icônes.


© Maxime Bruno

Dans votre parcours médiatique, vous avez été amenée à animer plusieurs émissions musicales. Sur le grand écran, quelle est la musique qui vous fait ressentir le plus d’émotions ?

Par mes origines, la musique de La Liste de Schindler est une des musiques qui me bouleverse le plus, toute la fin du film est déchirante. C’est magique la musique au cinéma. Les musiques de Vladimir Cosma c’est mon enfance, Rabbi Jacob, Rocky aussi qui m’accompagne depuis des années quand je fais mon sport, c’était toujours l’Oeil du tigre. Pulp Fiction fait aussi partie de mes BO cultes. Un film que j’aime beaucoup, Into the Wild, je trouve la bande-son inspirante et relaxante.


Dans les salles obscures, quelles sont vos habitudes ?

J’ai vraiment du plaisir à être dans une salle de cinéma pour le partage. Si je peux éviter de voir un film en projo presse et le voir avec quelqu’un que j’aime, je préfère. En famille on allait voir le film du dimanche soir, c’était le rituel. Je suis contre le pop-corn, ça fait un bruit infernal (rires). Mais j’aime bien m’acheter ma petite sucrerie à manger pendant le film. Ado, je mangeais mon McDo au fond de la salle (rires). L’époque avec les ouvreuses me manque, c’était le ciné du samedi après-midi.


Aujourd’hui, notre consommation de films et de séries s’est transformée avec les plateformes en ligne. Pensez-vous qu’à la réouverture des salles, les spectateurs seront nombreux ?

Je pense qu’il y a un vrai manque et une vraie demande même si c’est super de vivre avec son temps et de consommer sur les plateformes, ce que je fais aussi. D’ailleurs, Canal+ est devenue une magnifique plateforme de cinéma et de séries. Mais il n’y a rien de mieux que la sortie au cinéma, de voir le film en immersion avec un grand écran. Par exemple, un James Bond, je ne peux pas envisager de ne pas le voir une première fois au cinéma. Il y a des films bouleversants, à grand spectacle qu’il faut aller voir en salles. Le cinéma reste une sortie familiale, on se fait un déj puis on va au ciné avec les enfants. Il y a plusieurs façons de consommer le cinéma, et je pense que dès la réouverture les gens vont y retourner en masse.


© Maxime Bruno

On ressent votre amour pour le cinéma dans Tchi Tcha, émission dans laquelle vous recevez différentes personnalités du cinéma français. C’était un objectif de votre part de proposer un magazine ciné accessible à tous ?

Il fallait proposer une émission différente du Cercle (destinée au cinéphile) et des Rencontres de Laurent Weil. J’aime le cinéma et en parler de façon positive. Je voulais que ce soit accessible à tous avec les sorties de films et des interviews détendues avec les équipes de films.


Parlez-moi de vos pastilles OFF de Tchi Tcha...

C’est mon concept que je produis avec ma boîte de prod. Je m’amuse beaucoup à le faire, ça me montre dans un autre registre puisque c’est un peu de la comédie, on s’amuse avec les acteurs, on n’est pas dans l’exercice purement promotionnel. On s’amuse (rit) de l’éventuelle hypocrisie du métier. C’est ma petite fierté, Canal+ m’a fait confiance pour cette pastille, j’espère qu’on va l’amener loin.


Est-ce qu’il vous est arrivé d’être mise mal à l’aise par un invité juste avant de faire une interview ?

Franchement non. Quand on demande à un invité de venir pour quelque chose comme ça, ils sont généralement contents de le faire. C'est un investissement, une mise en danger puisqu’on joue la comédie. Mais je n’ai jamais eu de gêne. En amont on se pose une thématique de jeu. Il y a aussi de belles surprises avec des artistes qui nous donnent au-delà de ce qu’on pouvait imaginer. Nicolas Maury, Arnaud Ducret ont de la proposition en plus. Elie Semoun et Michaël Youn m’ont fait confiance au début et sont venus par amitié alors que le programme n’existait pas.



Pendant le confinement, vous avez entretenu le lien avec des personnalités du 7e art avec des interviews live sur Instagram. Une autre approche de votre métier…

Il y avait l’idée de faire vivre le cinéma, de montrer les artistes autrement. On vit tous la même chose en étant chez soi, pas maquillés, débordés par le ménage, les courses, la logistique, les enfants, le stress du lendemain et pour des gens passionnés l’angoisse de ne pas faire son boulot. Je trouvais ça sympa de se retrouver autour d’un live même s’il faut trouver le bon dosage pour ne pas trop en faire. Je le fais aussi sur le compte de Canal + quand il y a des films que j’ai envie de défendre, des coups de cœur diffusés sur la chaîne.


Quels sont vos prochains projets ?

J’ai des projets avec le groupe dont je ne peux pas encore parler.


Une citation fétiche à me délivrer ?<