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Marine Quéméré : "L'enfance est mon refuge."

Son dernier single Les Vagues est un rayon de soleil dans cet hiver grisonnant. Sur le ton des années 70, Marine Quéméré nous emporte avec son spleen, léger, aérien, à l'image des nappes rêveuses qui enveloppent sa voix suave. Se livrant avec autodérision sur ses maladresses, ses idylles trop rapides, Marine garde un côté espiègle et son sens du jeu de mots. Rencontre.



© Thomas Cheinei

« Marine, ton dernier single Les Vagues est disponible sur toutes les plateformes de streaming. Comment est né ce titre ?

J’avais enregistré une première bande démo sur le GarageBand de mon iPad. Je conseille cette application à tous les musiciens et musiciennes souhaitant commencer à s’enregistrer. Il y a beaucoup de possibilités, synthétiques notamment, c’est ludique et facile à utiliser. Cette chanson parle des personnes rêveuses et qui ont tendance à avoir des projets un peu vagues...


Le clip est réalisé par Martin Schrepel. Quelles étaient vos intentions artistiques ?

Je voulais éviter de faire un playback classique sur la plage. L’idée de me promener dans Paris avec une planche de surf est partie d’une blague. Ce clip a eu plusieurs étapes. Comme je suis artiste indépendant, j’ai regardé le prix des planches de surf années 70, et en voyant que ça coutait assez chère, c’est mon père qui l’a construite. J’ai été impressionnée par sa créativité. Ensuite, j’ai découvert le travail de Martin Schrepel avec des clips qu’il a réalisés. J’aime beaucoup son côté vintage, il tourne tout le temps en pellicule avec une caméra 16mm. L’idée était de mélanger nos univers et je suis contente du résultat.



Tu es auteure, compositrice et productrice de musique. Cette fibre est une histoire de famille…

Exactement. Mon père est musicien, arrangeur et compositeur pour le cinéma et d’autres artistes. J’ai grandi dans une maison avec des instruments dans toutes les pièces. Quand j’ai commencé le piano, la guitare et la basse, mon père m’a appris à faire de la musique avec une approche ludique. J’étais réticente à toute forme d’enseignement à l’école. J’avais essayé le solfège et ça a été une catastrophe (rire). En 2015, on a fait un EP ensemble, Splash. Mais si c’est très agréable de travailler en famille, ça peut être aussi étouffant. Il m’a fallu prendre mon envol.


Ton prochain EP a été enregistré dans ton studio dans le Vexin…

Oui, dans la maison dans laquelle j’ai grandi et où il y a mon studio... J’y ai fait tous mes enregistrements, mes voix, les cordes, les claviers et les guitares. Cette maison est très isolée, il n’y a pas beaucoup de bruit. C’est un endroit paisible et inspirant. L’enfance me renvoie à un cocon, c’est mon refuge. J’adore aussi le côté énergique et festif de Paris. J’aime avoir les deux.


Tu as chanté au Café de la danse (première partie de Julien Voulzy), à la Carène à Brest ou encore Les Trois Baudets à Paris. Quel est ton rapport avec la scène ?

Au début, ça me terrorisait. Je suis une personne assez réservée, presque agoraphobe. Et puis au fil des années, c’est devenu un moment très doux. J’avais peur de me dévoiler en tant que Marine timide, sans costume ou personnage. D’avoir suivi Lilly Wood & The Prick en tournée m’a permis d’enchaîner les dates et de pouvoir me procurer du plaisir. C’était intéressant de connaître leurs sons qui sont plus généreux et dansants. L’année prochaine, en février, je vais partir en tournée internationale avec le groupe Nouvelle Vague. J’ai hâte de découvrir les scènes d’Espagne, du Portugal, d’Allemagne, des Etats-Unis et de l’Amérique du Sud avec une centaine de dates.


© Eric Quéméré

Quels sont tes prochains projets ?

Un nouveau titre sort le 29 novembre prochain. Il parle de la maison d’enfance qu’on évoquait, accompagné d’un petit clip fait maison avec un mélange d’archives d’enfance et de vidéos actuelles. Cette chanson me tient particulièrement à cœur, elle est sans doute la plus personnelle de mon prochain EP qui s’appellera Bande-Annonce.


Pour conclure cet entretien, aurais-tu une citation fétiche à me délivrer ?

« Il faut savoir jusqu'où on peut aller trop loin » de Jean Cocteau.

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