Medi Sadoun, le bon camarade !

Il a la comédie dans la peau. Dans Addict, la nouvelle série de TF1, Medi Sadoun montre une nouvelle palette de son jeu artistique en incarnant un père de famille dont le quotidien va être perturbé par un voisin aux méthodes oppressantes. Dans ce thriller psychologique de haut vol, la tension monte à chaque épisode et une réelle empathie se dessine pour tous les personnages. À la vie comme à l’écran, Medi Sadoun est l’ami qui existe et qu’on aimerait tous avoir. Un sourire dans la voix, une ferveur dans les mots, Medi marche à l’instinct, fait confiance à l’instant présent et aime partager son goût des autres. Et si l’harmonie était le cœur des Hommes ? Rencontre avec Medi Sadoun, le bon camarade !


© KOV

« Medi, on vous retrouve dès demain dans la série Addict sur TF1. Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?

Quand je lis un scénario, c’est comme un jeu de société, je me demande : est-ce que ce jeu me plaît ? Si ça vibre, j’y vais ! La décision du cœur est toujours la meilleure. Il n’y a pas de choix de registre de comédie ou de drame. Quand je suis absorbé par un personnage, j’ai tout simplement envie de le jouer. Ensuite, si j’arrive à avoir des partenaires de jeu exceptionnels comme ce fut le cas sur cette série, alors l’aventure va être merveilleuse.


En effet, c’est un casting cinq étoiles qui se réunit autour du trio que vous formez avec Cécile Bois et Sagamore Stévenin…

Pour ma première série télé, j’ai eu beaucoup de chance d’avoir des partenaires de jeu aussi confirmés. Cécile et Sagamore m’ont tiré vers le haut. On était sur le même bateau pour se rendre à la même destination. Sagamore est une personne touchante et sensible, il m’a donné envie de le découvrir dans ce qu’il avait fait auparavant, je l’ai admiré dans Falco ! Cécile est une femme solaire, elle pense au bien-être des autres avant de penser à elle. Cécile m’a fait oublier la starification qu’on peut parfois rencontrer dans ce métier. C’est une amoureuse de la vie. J’ai regardé Candice Renoir la veille du premier jour de tournage et je me suis dit : « Je vais tourner avec elle ! » Je me suis toujours senti un peu illégitime de jouer avec ces grands noms. Quand on voit la fan base qui l’accompagne ainsi que tout ce qu’elle a porté depuis dix ans, ça ne m’étonne pas de voir une personne aussi douce et tendre. Cécile est un ange, elle vous fait un sourire et vous êtes tout de suite réconforté. J’ai besoin de ressentir la simplicité des gens. C’est le rapport du cœur, tout simplement.


© GROUPE TF1

Quel metteur en scène est Didier Le Pêcheur ?

J’ai découvert son travail avec la série Rebecca et je me suis dit : « Mais qui est ce réalisateur qui fait des plans-séquences dans tous les sens ? » Quand mon amie Anne Marivin a su que j’allais tourner avec Didier Le Pêcheur, elle m’a dit de prendre un coach. Je n’en ai pas pris. J’ai eu envie de me faire confiance, de me mettre au charbon. Didier était très concentré sur le tournage, il avait tous les plans en tête. La puissance de Didier, c’est de ne pas nous autoriser à faire des répétitions ou d’italienne. Je me souviens d’une séquence avec Cécile sur le balcon. Son personnage est de dos, j’arrive vers elle et je m’attends à ce qu’elle me réponde énervée mais là, Cécile joue la femme éméchée. Elle casse le rythme, prend son temps et là, je suis perdu. Cette perdition, je ne l’aurais pas eue si elle m’avait prévenu qu’elle jouerait comme ça.


Votre personnage Yvan est vendeur de piscines, il traverse une impasse professionnelle et doit faire avec un collègue de travail à l'égo surdimensionné…

J’ai rencontré Yvan Naubron (interprète de Sami) sur l’unitaire L’ami qui n’existe pas. Il a un comique naturel, une énergie incroyable et une sensibilité extrême. Ce n’est pas vous qui jouez bien, c’est la personne en face qui vous fait bien jouer. Si on vous renvoie la réplique de manière technique, lue et apprise, vous ne pourrez pas être dedans. On avait chacun l’impression de ne pas lire le jeu chez l’autre. C’était tellement bien écrit qu’il n’y avait rien à toucher.


Mon personnage se contente de ce qu’il a. Il déménage avec sa famille en espérant que l’avenir sera meilleur. Il croit en son socle familial jusqu’à cette histoire avec le voisin. Et puis il passe par des moments de doute à cause de son travail. Yvan est un looser et me rappelle un peu moi quand j’étais commercial dans de nombreuses boîtes dans les années 90, c’était une catastrophe ! J’essayais de faire des claquettes pour vendre mais ça ne fonctionnait pas (rires).


© GROUPE TF1

Avant de passer devant la caméra, vous aimez chanter, faire des blagues, mettre l’ambiance. Ça a été le cas sur Addict ?

Sur un tournage, on doute toujours de soi. Chaque film ou série est une nouvelle aventure avec de nouvelles personnes et de nouvelles émotions. Ma soupape d’oxygène, c’est la déconne. J’aime aller vers les gens, leur chanter des chansons et voir des sourires sur les visages. J’aime bien fédérer et être l’ambassadeur de bonnes vibrations, ça me rassure aussi.


Medi, êtes-vous addict à votre métier ?

Je suis addict à transmettre des émotions aux gens. On ne peut pas mentir au public. Le public ressent tout de suite l’impalpable et si deux personnes qui ne se connaissent pas à l’écran s’aiment ou font semblant. Quand on a fait la tournée de Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ?, une question revenait à chaque débat : est-ce que vous vous entendez autant que dans le film ? Ça transpirait à l’écran et ils voulaient avoir la confirmation de cette camaraderie. Depuis Les Kaïra, j’ai eu des enfants et des décès dans la famille. Les émotions de la vie réelle peuvent rendre service à des séquences qu’on tourne. Tant que le personnage ne sera pas un biopic, j’apporterais toujours mon naturel. Je n’ai pas eu un parcours conventionnel donc, pour ne pas me tromper, je suis obligé d’adapter le personnage à ma personnalité.


Pour conclure cet entretien, auriez-vous une citation fétiche à me délivrer ?

L’angoisse des jours qui ne sont pas arrivés nuit à l’instant présent. Comme on a aucune notion du futur, pourquoi aller du côté de l’angoisse plutôt que de l’optimisme ? Ce n’est pas une citation, désolé Samuel (rires). »