Monsieur Fraize, un personnage anti-héros !

Alors qu'il travaillait dans l'hôtellerie de luxe, Monsieur Fraize détache la cravate pour une tenue plus légère et a donné naissance à un personnage hilarant et loufoque que le public parisien a déjà adopté. Aussi présent au cinéma, il est devenu une réelle référence humoristique souvent comparée à Andy Kauffman ou encore Coluche. Rencontre avec Monsieur Fraize, un personnage anti-héros !



« Vous jouez actuellement votre one-man-show au théâtre « L'Européen » à Paris. Pouvez-vous nous en parler plus en détail ?

C'est un spectacle qui a déjà trois ans et qui marche très bien à Paris dans une très belle salle intimiste. Il est mise en scène par Papy qui a découvert Jamel Debbouze quand il avait douze ans. J'ai eu un coup de cœur pour cette personne-là et on a décidé de rendre le personnage de Monsieur Fraize un peu plus clownesque.


Jusqu'à quand jouez-vous ce spectacle ?

Il se termine le 29 juin à Paris avant de partir en tournée dans toute la France à la rentrée.


On vous compare à Mister Bean, Coluche ou encore Andy Kauffman. Ils vous ont beaucoup inspiré ?

Absolument. Coluche en premier car je l'ai regardé quand j'étais gamin. Andy Kauffman a été une belle découverte car je me sentais un peu petit peu seul dans le milieu des anti-héros. C'est comme si j'avais découvert un cousin à l'époque (rires).


Vous avez longtemps travaillé dans l'hôtellerie de luxe. Quel a été le déclic pour se diriger vers une carrière d'humoriste ?

Dans l'hôtellerie comme dans beaucoup de métier, il faut mettre une cravate et je n'avais pas l'intention de vivre le cou serré toute ma vie. J'ai conservé le col attaché jusqu'au bout mais j'ai enlevé la cravate pour tronquer mon costume dans l'hôtellerie pour un costume beaucoup plus léger. Je ne suis pas non plus très horaires de travail. Je n'aime pas me lever trop tôt le matin. Et j'avais aussi lu une biographie concernant Coluche qui parlait beaucoup de baiser le système et pour moi c'était juste choisir ce que l'on veut faire dans la vie.


Sur votre chaîne Youtube, vous avez proposé des tutos assez décalés. Comment vous est venue cette idée ?

C'est une histoire très simple. Je m'étais blessé à la jambe et je ne pouvais plus trop être sur scène. J'habite la campagne et on s'y emmerde royalement. J'ai donc mise en scène ce personnage de Monsieur Fraize qui s'ennuie et qui va en profiter pour apprendre aux gens deux, trois astuces qu'il connaît. C'est très solitaire et correspondait bien à mon personnage un petit peu cloitré chez lui. J'en ai fait une dizaine pour m'amuser, pour passer le temps (rires).



C'est dans le long-métrage « Problemos » que vous démarrez dans le cinéma français. Comment s'est passée votre rencontre avec Eric Judor ?

Il est tombé raid dingue de mon personnage qu'il avait découvert chez Ruquier. Et puis, comme beaucoup de réalisateurs, il a attendu que Monsieur Fraize soit en vitrine à Paris pour aller le voir en salle. Il a dû facilement venir cinq fois à mon spectacle. Il me fait une publicité extraordinaire et m'a engagé sur son film. Le cinéma, c'est du bonus pour moi. Je n'ai pas besoin de ça pour vivre.


Avec ce personnage totalement délirant, ne cassez-vous pas les codes du one-man-show ordinaire ?

Ce qui est essentiel pour moi, c'est que les gens présents dans la salle soient surpris. Il y a quinze ans, dans le paysage humoristique, je voyais bien que la mode n'étais pas à l'anti-héros. J'avais envie de faire un personnage qui se retrouve sur scène par accident.


Monsieur Fraize dans le film « Au poste » de Quentin Dupieux © Diaphana Distribution

Avez-vous d'autres projets pour la rentrée ?

J'ai pleins de projets. Beaucoup trop car je ne sais pas dire non. Je vais encore tourner dans quelques films prochainement. Mais le gros projet est que je suis en train de faire peau neuve en écrivant un prochain spectacle qui s'appellera « Madame Fraize » et qui me tient très à coeur car mon premier amour c'est la scène. À la rentrée, je pars en tournée avec Monsieur Fraize pour clore ce spectacle et faire profiter à ceux qui ne sont pas à Paris. Je passerai à Marseille les 17, 18 et 19 décembre.


Que peut-on vous souhaiter pour le futur ?

De ne pas mourir car ce ne serait pas le moment (rires). J'ai beaucoup de chance de faire ce métier et j'ai envie d'en profiter encore longtemps. J'ai toujours parié sur la longueur plutôt que sur le coup de buzz. »

© 2018 par Samuel Massilia.